Avignon : suspension du dispositif Fraich’Cours et mobilisation des parents
La nouvelle municipalité d'Avignon suspend les travaux de végétalisation des cours d'école faute de budget. Parents et enseignants lancent une pétition.
La mairie d’Avignon, confrontée à une dette de 200 millions d’euros, a annoncé la suspension estivale des travaux de végétalisation dans six écoles. Une pétition des parents d’élèves a recueilli plus de 1 500 signatures en quelques jours.
L’essentiel
- Fait 1 : La mairie d’Avignon suspend pour l’été 2026 les travaux de végétalisation de six cours d’école (maternelles La Croisière, Persil, Scheppler, Sixte Isnard ; élémentaires Pouzaraque et Sixte Isnard).
- Fait 2 : Seul le chantier de l’école Louis Gros est maintenu.
- Fait 3 : L’audit financier présenté le 26 juin 2026 révèle une dette municipale de 200 millions d’euros, soit 2 124 € par habitant.
- Fait 4 : Une pétition en ligne lancée le 22 juin 2026 a déjà réuni plus de 1 500 signatures.
Ce qui a été décidé
La nouvelle majorité municipale emmenée par Olivier Galzi (DVD), élu maire d’Avignon le 28 mars 2026, a annoncé la suspension des travaux de végétalisation estivaux du dispositif « Fraich’Cours ». Selon une information publiée par France 3 Provence-Alpes, six écoles sont concernées : les maternelles La Croisière, Persil, Roland Scheppler, Sixte Isnard et les élémentaires Pouzaraque ainsi que Sixte Isnard. Seule l’école élémentaire Louis Gros verra son chantier se dérouler comme prévu cet été.
Le maire justifie cette décision par un audit budgétaire commandé dès son arrivée. Présenté le 26 juin 2026 par le cabinet Michel Klopfer, ce rapport dresse un état des lieux alarmant des finances de la ville.
Les raisons budgétaires : une dette de 200 millions d’euros
Selon les résultats de l’audit diffusés par la mairie, l’encours de la dette d’Avignon atteint 200 millions d’euros sur le budget principal, soit 2 124 € par habitant fin 2025. La moyenne nationale est de 1 318 € par habitant, selon les données de la Direction générale des finances publiques. L’épargne brute de la ville a chuté de 33,6 % en un an, passant de 28 millions d’euros en 2024 à 18,6 millions en 2025.
« Sur les six projets de végétalisation annoncés pour 2026, un seul budget était réellement prévu », a expliqué Olivier Galzi lors de la présentation du rapport, cité par nos confrères d’INFO.FR. Le chantier maintenu à l’école Louis Gros bénéficiait d’une enveloppe déjà votée par l’ancienne majorité.
La mobilisation des parents d’élèves
La décision a suscité une vague de mécontentement parmi les familles. Une pétition en ligne a été lancée le 22 juin 2026 sur la plateforme Change.org. En quelques jours, elle a réuni plus de 1 500 signatures. Les parents d’élèves et les équipes enseignantes demandent la reprise « urgente » des travaux afin de protéger les enfants des fortes chaleurs estivales. « Ces cours végétalisées sont essentielles pour lutter contre les îlots de chaleur en ville et offrir un cadre d’apprentissage sain », peut-on lire dans le texte de la pétition.
Des associations de parents d’élèves ont également interpellé la mairie lors du conseil municipal du 29 juin. Aucune réponse officielle n’a encore été apportée, mais la municipalité a indiqué vouloir « réexaminer l’ensemble des projets à la lumière du plan de redressement en cours d’élaboration ».
Contexte dans le Vaucluse
Avignon, préfecture du Vaucluse, compte environ 89 500 habitants. La ville est confrontée depuis plusieurs années à des difficultés budgétaires récurrentes. En 2024, la chambre régionale des comptes avait déjà pointé un endettement élevé et une capacité de désendettement jugée « préoccupante ». La nouvelle majorité, élue sur un programme de rigueur, multiplie les annonces de restriction des dépenses. Ce dossier intervient dans un département où plusieurs communes rurales peinent également à financer leurs investissements de transition écologique. À titre de comparaison, la ville de Digne-les-Bains a récemment voté des subventions pour ses agents et négocié avec Hermès, tandis que Bonifacio a enregistré un record d’activité portuaire.
Pour l’heure, aucune date n’a été fixée pour une éventuelle reprise des chantiers suspendus. La pétition continue de recueillir des signatures à l’approche des vacances.
Prochaine étape : le dépôt des budgets rectificatifs attendu pour la mi-juillet, qui précisera les arbitrages pour le second semestre 2026.