Avoine-Beaumont Gymnastique : les entraîneurs blanchis par la préfecture après la deuxième enquête
Le courrier officiel du 5 mai 2026 signé par le préfet d'Indre-et-Loire écarte toute mesure d'interdiction contre Marc et Gina Chirilcenco et Carole Boin.
Les entraîneurs du club Avoine-Beaumont Gymnastique ont été blanchis à l'issue d'une deuxième enquête administrative. Le SDJES et la préfecture d'Indre-et-Loire n'ont prononcé aucune sanction. L'enquête judiciaire conduite par la gendarmerie de Chinon reste en cours.
Les entraîneurs Marc Chirilcenco, Gina Chirilcenco et Carole Boin du club Avoine-Beaumont Gymnastique (Indre-et-Loire) ne feront l’objet d’aucune mesure administrative. C’est le sens du courrier officiel daté du 5 mai 2026, signé par le préfet d’Indre-et-Loire au nom du Service départemental à la Jeunesse, à l’Engagement et aux Sports (SDJES). Une décision qui clôt la deuxième enquête administrative ouverte contre eux.
L’essentiel
- Courrier du 5 mai 2026 : le préfet d’Indre-et-Loire conclut qu’aucune mesure d’interdiction ou de restriction d’exercice n’est justifiée contre les trois entraîneurs.
- Verdict du CDJSVA le 28 avril 2026 : le Conseil départemental de la jeunesse, des sports et de la vie associative avait déjà rendu son avis avant la confirmation préfectorale.
- Environ 50 auditions : la deuxième enquête, ouverte en juillet 2025, a comporté une cinquantaine d’auditions et une visite inopinée du club.
- Première enquête blanchissante : une première procédure administrative avait déjà abouti au même résultat en décembre 2023.
- Enquête judiciaire en cours : la gendarmerie de Chinon poursuit une procédure pénale indépendante, toujours en cours à ce stade.
La formulation exacte du courrier préfectoral
Le document, consulté par France TV Sport et relayé par La Nouvelle République et Franceinfo, est sans ambiguïté. Le préfet y indique que « les éléments du dossier ne permettaient pas de caractériser, de manière suffisamment certaine, un danger justifiant la prise à votre encontre d’une mesure d’interdiction ou de restriction d’exercice ».
Cette formulation est celle du droit administratif sportif : pour prononcer une suspension ou une interdiction temporaire d’exercice, l’autorité doit établir un danger avéré pour les pratiquants. Le CDJSVA avait rendu son avis le 28 avril 2026. Le courrier préfectoral du 5 mai en constitue la confirmation officielle.
Une deuxième enquête ouverte après le livre de Kaylia Nemour
La procédure avait été lancée en juillet 2025, sur la base de trois signalements « pour des faits susceptibles de porter atteinte à leur santé physique ou à leur sécurité morale dans le cadre de la pratique sportive », selon Franceinfo. Elle faisait suite à la publication, fin 2025, du livre L’Ombre de l’or de Kaylia Nemour, ancienne gymnaste formée au club, dans lequel elle dénonce des faits d’emprise de ses ex-entraîneurs.
Les enquêteurs ont conduit une cinquantaine d’auditions et effectué une visite inopinée du club, selon les informations de ICI (ex-France Bleu Centre). Le verdict du CDJSVA, rendu le 28 avril, n’a donc pas suivi les signalements initiaux.
Des recommandations malgré le blanchiment
L’absence de sanction ne signifie pas une absence de recommandations. Selon La Nouvelle République et Franceinfo, le CDJSVA a formulé plusieurs préconisations à l’adresse du club : renforcement de la formation des encadrants sur les violences psychologiques, suivi psychologique des gymnastes, et mise en place d’un référent tiers indépendant lors des entraînements.
Le club a annoncé qu’il instaurerait la présence d’un référant à chaque séance d’entraînement. Les modalités précises de cette mesure n’ont pas été détaillées publiquement à ce stade.
Contexte dans l’Indre-et-Loire
Avoine-Beaumont Gymnastique est l’un des clubs de haut niveau les plus titrés de la région Centre-Val de Loire. Fondé en 1990 sur la commune d’Avoine, en bord de Loire, il est devenu indépendant en 2011 et bénéficie d’une salle de 1 400 m² aux normes FIG, mise à disposition par la Communauté de communes du Véron, selon Wikipedia et la Fédération française de gymnastique.
Gina Chirilcenco y est arrivée comme premier entraîneur professionnel en 1994. Le club a remporté en 2026 son cinquième titre de champion de France Top 12, en finale face à Mérignac, selon La Nouvelle République. Ce palmarès national fait d’Avoine-Beaumont une structure atypique pour une commune de cette taille en Indre-et-Loire.
Cette affaire suit d’autres faits-divers suivis de près dans le département. Sur le plan sportif local, les clubs de haut niveau restent rares hors Tours métropole, ce qui donne au dossier Avoine un retentissement particulier dans le tissu associatif régional.
La première enquête et la procédure judiciaire parallèle
Ce n’est pas la première fois que les entraîneurs du club sortent blanchis d’une procédure administrative. Une première enquête avait déjà abouti au même résultat en décembre 2023, selon La Nouvelle République.
Mais cette décision administrative reste distincte de la procédure pénale. La gendarmerie de Chinon conduit une enquête judiciaire toujours en cours. Les deux procédures sont indépendantes : l’une relève du droit administratif sportif, l’autre du droit pénal. Un blanchiment administratif ne préjuge pas de l’issue judiciaire.
La décision de la gendarmerie de Chinon et du parquet compétent déterminera la suite du volet pénal. Aucune date n’a été communiquée à ce stade.
Sources
- La Nouvelle République : Gymnastique : Marc et Gina Chirilcenco encore blanchis au terme de la seconde enquête administrative
- La Nouvelle République : L'État a tranché : aucune sanction à l'encontre des entraîneurs d'Avoine-Beaumont Gymnastique
- ICI (France Bleu / France 3) : Gymnastique : les entraîneurs du club d'Avoine-Beaumont blanchis par la deuxième enquête administrative
- Franceinfo : Une enquête administrative blanchit les entraîneurs du club de gymnastique d'Avoine-Beaumont