La BAD accorde 205 M€ au Maroc pour la LGV Kénitra-Marrakech
La Banque africaine de développement finance l'extension du corridor ferroviaire à grande vitesse, clé de la stratégie logistique marocaine
Le Conseil d'administration de la Banque africaine de développement a approuvé le 8 juillet 2026 un financement de 205 millions d'euros pour le Maroc. L'argent doit soutenir l'extension de la ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech, dont la mise en service est attendue fin 2029.
L’essentiel
- Fait 1 : la BAD a accordé 205 millions d’euros au Maroc, approuvés le 8 juillet 2026 à Abidjan par le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement
- Fait 2 : ce financement s’inscrit dans le Projet d’appui au développement des infrastructures ferroviaires (PADIF) et vise l’extension de la LGV Kénitra-Marrakech
- Fait 3 : la ligne, longue de 430 km, doit relier Kénitra à Marrakech, avec une mise en service commerciale prévue fin 2029
- Fait 4 : le coût total du projet LGV Kénitra-Marrakech est estimé à 53 milliards de dirhams, environ 4,8 milliards d’euros, dans un programme ferroviaire national de 96 milliards de dirhams
- Fait 5 : les travaux de la ligne ont été lancés par le roi Mohammed VI le 24 avril 2025
Ce qui a été décidé à Abidjan
C’est à Abidjan, siège du Groupe de la Banque africaine de développement, que la décision a été prise. Réuni mercredi, le Conseil d’administration de l’institution a validé un financement de 205 millions d’euros en faveur du Maroc, selon Yabiladi, Le Matin et Médias24. Cette enveloppe doit servir au Projet d’appui au développement des infrastructures ferroviaires, désigné par l’acronyme PADIF dans les documents de la BAD.
Concrètement, l’argent doit financer l’extension de la ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech et la remise à niveau du corridor ferroviaire existant sur cet axe, rapportent H24info et Industrie du Maroc. Le financement couvrira notamment l’acquisition de rails neufs et d’appareils de voie, destinés aussi bien aux lignes conventionnelles qu’à la LGV, avec un effort particulier autour du hub ferroviaire de Casablanca, précisent La Vie éco et Médias24.
Un corridor qui concentre l’essentiel du trafic marocain
Le tronçon Kénitra-Marrakech n’est pas un chantier anodin. Il prolonge la LGV Tanger-Kénitra, déjà en service, et doit s’étendre sur 430 kilomètres pour rejoindre à terme le projet plus large reliant Tanger à Agadir. C’est l’un des axes qui concentrent une part importante des flux de voyageurs et de marchandises du pays, a souligné 2M sur X en commentant l’annonce de la BAD.
Les travaux de cette extension ont été officiellement lancés par le roi Mohammed VI le 24 avril 2025, comme l’avaient rapporté LesEco.ma et Le360 à l’époque. La mise en service commerciale de la ligne est attendue fin 2029, selon Barlamane et Lebrief.ma. Le coût total du projet est évalué à 53 milliards de dirhams, environ 4,8 milliards d’euros, une somme qui s’inscrit dans un programme ferroviaire national plus vaste, chiffré à 96 milliards de dirhams.
Pourquoi la BAD s’engage sur ce dossier
Achraf Tarsim, responsable du bureau pays du Groupe de la BAD au Maroc, a justifié cet appui par des enjeux de compétitivité. Selon lui, cité par H24info, APAnews et La Vie éco, cette opération doit renforcer la capacité opérationnelle du réseau et consolider le rôle du Maroc comme hub logistique entre l’Europe et l’Afrique. Le projet est présenté comme s’inscrivant dans les priorités du plan national « Rail 2040 » et du « Nouveau modèle de développement » marocain.
Pour un lecteur français, ce financement illustre la place que prend le Maroc dans les circuits de financement multilatéraux africains, à un moment où le royaume multiplie les grands chantiers d’infrastructure avant l’échéance de la Coupe du monde 2030, coorganisée avec l’Espagne et le Portugal. La BAD, institution basée à Abidjan et dont plusieurs pays européens sont actionnaires non régionaux, finance régulièrement des projets structurants sur le continent.
Contexte au Maroc
Le réseau ferroviaire marocain, géré par l’Office national des chemins de fer, s’est bâti autour de l’axe atlantique Tanger-Casablanca-Marrakech-Agadir, qui concentre la majorité de la population et de l’activité économique du pays. La LGV Tanger-Kénitra, mise en service en 2018, avait été le premier tronçon à grande vitesse du continent africain. Son extension vers Marrakech doit doubler la portée du réseau rapide marocain et irriguer un axe où circulent aussi bien voyageurs que marchandises destinées aux ports de Tanger Med et de Casablanca.
Prochaine étape
La mise en service commerciale de la LGV Kénitra-Marrakech reste programmée pour fin 2029. D’ici là, les travaux d’infrastructure et les livraisons d’équipements financées par la BAD devraient se poursuivre sur l’ensemble du corridor.