Bagnères-de-Bigorre : le musée Massey plonge dans deux millénaires de thermalisme
Une exposition temporaire retrace l'histoire thermale de Bagnères, des bains romains aux enjeux économiques actuels.
Le musée Massey de Bagnères-de-Bigorre accueille depuis le 22 avril une exposition temporaire consacrée au thermalisme local. De l'Antiquité romaine au XIXe siècle, elle rappelle comment les cures ont façonné la ville et son économie.
Bagnères-de-Bigorre n’a pas attendu les Romains pour soigner ses habitants dans ses eaux. Mais c’est en 28 av. J.-C., sur ordre de l’empereur Auguste, qu’est fondé le Vicus Aquensis, premier établissement thermal organisé sur le site. Selon Le Berceau de la Source, le nom même de la ville dérive de l’occitan banhera, « le bain ». L’exposition temporaire du musée Massey fait de cette filiation le fil directeur de son parcours.
Des bains romains aux grands thermes du XIXe siècle
Les vestiges de bains romains sont toujours recensés sur le site, classé au titre de l’inventaire du patrimoine de la Région Occitanie. L’immeuble principal de l’établissement thermal remonte à la seconde moitié du XVIIIe siècle. En 1824, selon la mairie de Bagnères, les grands thermes sont entièrement reconstruits, marquant le tournant du thermalisme industriel. La ville se structure autour de cette activité : hôtels, promenades, architecture de villégiature. Le thermalisme, note le carnet de recherche ITEM, forme « une partie fondamentale de l’identité patrimoniale » de Bagnères.
L’exposition du musée Massey articule cet héritage historique avec ses prolongements contemporains. Visiteurs et curistes peuvent y mesurer comment une ressource naturelle a dessiné l’urbanisme, l’économie et la culture locale sur vingt siècles.
Un secteur qui résiste, des chiffres en hausse
Le contexte économique donne du relief au propos. La saison thermale 2025 à Bagnères s’est achevée sur des résultats supérieurs aux prévisions : 137 curistes accueillis pour un chiffre d’affaires de 423 000 euros, contre 80 curistes et 250 000 euros initialement attendus, selon La Dépêche. La fréquentation progresse de plus de 2 % par rapport à 2024, malgré les incertitudes liées au possible déremboursement des cures.
À l’échelle régionale, l’Occitanie reste la première région thermale de France avec 28 stations, 2,7 millions de nuitées générées en 2024 et environ 2 000 emplois directs, pour plus de 120 millions d’euros de retombées annuelles dans les Pyrénées, selon La Dépêche. Nationalement, la Fédération du thermalisme chiffre le secteur à 4,8 milliards d’euros de richesse produite et 25 000 emplois à temps plein en 2024.
En 2019, Bagnères comptait 8 930 curistes, classée parmi les moyennes stations avec 3 761 lits disponibles. La dynamique post-Covid a depuis relancé la fréquentation. L’exposition du musée Massey s’inscrit dans ce regain d’intérêt pour un patrimoine qui reste, aujourd’hui encore, un levier économique concret pour le territoire.