Baie d’Audierne : contrôles renforcés pour protéger le Gravelot à collier interrompu
La préfecture du Finistère rappelle les règles et les sanctions encourues dans la zone de protection forte des étangs de Kergalan et Trunvel.
La préfecture du Finistère a renforcé les contrôles et rappelé la réglementation en Baie d’Audierne pour protéger le Gravelot à collier interrompu, espèce rare et protégée. L’arrêté préfectoral de protection de biotope, en vigueur depuis 2020, interdit notamment l’accès aux enclos de nidification et la présence de chiens du 1er juin au 30 septembre.
L’essentiel
- Contrôles renforcés : La préfecture du Finistère a mis en place des contrôles renforcés suite à la labellisation en « zone de protection forte » du site de reproduction du Gravelot à collier interrompu en Baie d’Audierne.
- Règles strictes : Du 1er mars au 30 septembre, l’accès aux enclos balisés, la pratique du vélo, de l’équitation et le survol à basse altitude sont interdits. Les chiens sont prohibés sur la plage du 1er juin au 30 septembre.
- Sanctions lourdes : Le non-respect de l’arrêté expose à une amende de 750 € pour une personne physique (3 500 € pour une personne morale). La destruction volontaire de nids ou d’œufs est un délit puni de 3 ans de prison et 150 000 € d’amende.
Depuis le début de l’été, les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) et les gardes du littoral multiplient les patrouilles sur la plage de la Baie d’Audierne, entre les étangs de Kergalan et Trunvel. Objectif : faire respecter la réglementation protectrice du Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus), un petit échassier menacé dont l’un des principaux sites de reproduction bretons se trouve ici.
Ce qui change pour le Gravelot à collier interrompu
La préfecture du Finistère a annoncé un renforcement des contrôles après la labellisation du secteur en « zone de protection forte », un dispositif du plan Biodiversité qui vise à mieux préserver les habitats sensibles. « Protégeons le Gravelot à collier interrompu… La baie d’Audierne accueille l’un des principaux sites de reproduction de cet oiseau rare en Bretagne », a rappelé le préfet sur X.
Concrètement, la réglementation ne change pas, mais son application est désormais plus stricte. Un arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB) daté du 24 février 2020 couvre une quarantaine d’hectares sur le littoral des communes de Plovan et Tréogat. Ces mesures sont rappelées chaque année, mais la pression touristique croissante sur ce secteur du Finistère sud a conduit les autorités à intensifier la surveillance.
Les règles en vigueur du 1er mars au 30 septembre
La période de reproduction du Gravelot s’étend de mars à septembre. Durant ces sept mois, plusieurs interdictions sont en vigueur :
- Il est interdit de pénétrer à l’intérieur des enclos balisés installés sur les plages pour protéger les nids au sol.
- La pratique du vélo, de l’équitation et tout survol à basse altitude (drone, ULM) sont strictement prohibés dans le périmètre de l’APPB.
- À compter du 1er juin et jusqu’au 30 septembre, la présence de chiens est formellement interdite sur la plage, même tenus en laisse. Cette mesure vise à éviter le dérangement des oiseaux nicheurs et le piétinement des œufs.
Selon la préfecture, des actions de sensibilisation sont menées par Bretagne Vivante, le Conservatoire d’espaces naturels Bretagne et les gardes du littoral pour informer les promeneurs et les touristes. « La tranquillité de cet oiseau rare est vitale pour sa survie », insiste l’administration.
Des sanctions qui peuvent être très lourdes
Le non-respect de ces interdictions expose à des sanctions financières dissuasives. Une violation de l’arrêté de protection de biotope (trouble au biotope) est passible d’une amende de 750 € pour une personne physique et de 3 500 € pour une personne morale. Mais les peines les plus graves concernent la destruction intentionnelle des nids ou des œufs, ou toute atteinte directe à l’espèce protégée : jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende.
La préfecture précise que ces délits sont constatés par les agents assermentés de l’OFB, les gardes du littoral et les gendarmes. En cas de récidive, les peines peuvent être doublées. L’objectif est de dissuader les comportements à risque, notamment le passage de véhicules motorisés sur les plages ou le lâcher de chiens en liberté.
Dans le même esprit de protection de l’environnement, des opérations de contrôle similaires ont été menées ailleurs, comme récemment à Sainte-Rose avec la saisie de 450 kg de poissons illégaux lors d’une opération interministérielle.
Contexte dans le Finistère : un site majeur pour l’espèce
Avec une population estimée entre 80 et 120 couples reproducteurs en Bretagne, le Gravelot à collier interrompu est classé « vulnérable » sur la liste rouge régionale. La Baie d’Audierne concentre une part significative de ces effectifs, notamment autour des étangs de Kergalan et Trunvel. Ce site naturel dunaire et lagunaire, situé entre Plovan et Tréogat, est également un haut lieu de passage pour les oiseaux migrateurs.
Le Finistère compte plusieurs autres sites protégés pour cette espèce (plages de la presqu’île de Crozon, baie de Goulven), mais la baie d’Audierne est particulièrement vulnérable en raison de la fréquentation estivale. La labellisation en « zone de protection forte » devrait permettre de mieux articuler préservation de la biodiversité et activités humaines.
Le préfet du Finistère avait déjà saisi le tribunal administratif pour faire respecter les arrêtés, comme dans d’autres dossiers locaux (exemple à Biarritz où un élu a saisi le préfet pour encadrer un événement). Sur le terrain, les gardes du littoral restent présents tout l’été pour veiller au respect des règles. En cas de doute, les promeneurs peuvent consulter la signalétique installée aux accès des plages.
Prochaine étape : un bilan des contrôles sera dressé à l’issue de la saison de reproduction, en octobre 2026, pour évaluer l’efficacité du dispositif renforcé.