Balogun éligible contre la Belgique : la FIFA annule sa suspension après un appel de Trump
L'attaquant américain Folarin Balogun, expulsé face à la Bosnie, pourra jouer les huitièmes de finale du Mondial 2026 après une décision controversée de la commission disciplinaire de la FIFA, suscitant la colère de la Belgique.
La FIFA a levé la suspension automatique de Folarin Balogun, ouvrant la voie à sa participation au huitième de finale États-Unis - Belgique. Une décision intervenue après un appel direct de Donald Trump au président de l'instance, Gianni Infantino, et qui provoque un tollé côté belge.
L’essentiel
- Fait 1 : Folarin Balogun a écopé d’un carton rouge direct pour un tacle sur le Bosniaque Tarik Muharemovic lors des 16es de finale de la Coupe du monde contre la Bosnie.
- Fait 2 : Donald Trump est intervenu personnellement auprès de Gianni Infantino pour contester la suspension automatique.
- Fait 3 : La commission de discipline de la FIFA a suspendu la sanction pour une période probatoire d’un an, rendant Balogun éligible pour le huitième de finale contre la Belgique.
- Fait 4 : C’est la première fois depuis 1962 qu’un carton rouge reçu en Coupe du monde n’entraîne pas de suspension immédiate.
- Fait 5 : La Fédération belge (RBFA) a annoncé étudier tous les recours juridiques possibles, tandis que le sélectionneur Rudi Garcia a qualifié la décision de « poisson d’avril ».
À la veille du huitième de finale entre les États-Unis et la Belgique, prévu le 7 juillet 2026 à Mexico, la décision de la FIFA concernant Folarin Balogun continue de faire des vagues. L’attaquant américain, formé à l’AS Monaco, avait été exclu lors du dernier match de groupe contre la Bosnie-Herzégovine pour un tacle jugé dangereux. La sanction automatique - une suspension d’un match - devait le priver du rendez-vous face aux Diables Rouges. Mais la commission disciplinaire de l’instance mondiale a choisi de lever cette suspension pour une période probatoire d’un an, permettant à Balogun d’être aligné.
Un carton rouge qui change tout
Le 2 juillet, lors d’un match sous haute tension, Balogun a reçu un carton rouge direct à la 78e minute pour un tacle sur le milieu bosniaque Tarik Muharemovic. L’arbitre, le Mexicain César Ramos, a estimé que l’intervention mettait en danger l’intégrité physique de l’adversaire. Selon les images diffusées par la FIFA, le pied de Balogun a heurté la cheville de Muharemovic, qui a dû être remplacé. Les États-Unis, déjà qualifiés pour les huitièmes, ont tout de même remporté la rencontre 2-0.
Dans la foulée, la FIFA a appliqué son règlement standard : carton rouge = suspension automatique pour le match suivant. Mais une intervention de dernière minute a changé la donne. Le président américain Donald Trump a contacté directement Gianni Infantino pour contester la sévérité de la sanction. Selon The Guardian, Trump a qualifié le tacle d’« accidentel » et a plaidé pour que Balogun puisse jouer contre la Belgique, arguant que l’attaquant était « essentiel au spectacle ».
La colère belge monte d’un cran
La réaction de la Belgique ne s’est pas fait attendre. La Fédération royale belge de football (RBFA) a publié un communiqué laconique mais cinglant : « Nous prenons acte de la décision de la commission de discipline de la FIFA. Nous sommes stupéfaits et étudions tous les recours juridiques possibles. » Le sélectionneur Rudi Garcia, connu pour son franc-parler, a été plus tranchant. Interrogé par L’Équipe, il a ironisé : « On marche sur la tête. C’est un poisson d’avril en juillet. »
Les supporters belges, de leur côté, ont exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux, dénonçant un « passe-droit politique ». Le quotidien Het Laatste Nieuws titre en une : « Trump dicte sa loi à la FIFA. »
L’ombre politique plane sur le Mondial
L’intervention de Donald Trump marque un tournant dans l’histoire de la Coupe du monde. Rarement un chef d’État n’était intervenu aussi directement dans une décision disciplinaire. Selon des sources proches de la FIFA, l’appel aurait eu lieu le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine. Infantino aurait convoqué en urgence la commission de discipline, qui a rendu sa décision le lendemain. « La commission a estimé que le tacle de Balogun, bien que dangereux, relevait davantage de la maladresse que de l’intention, et que la suspension automatique était disproportionnée au vu de l’absence d’antécédents », a expliqué un porte-parole de la FIFA à l’Associated Press.
Cette décision crée un précédent. Le dernier cas similaire remonte à 1962, lors de la Coupe du monde au Chili, où un carton rouge n’avait pas entraîné de suspension en phase finale. Depuis, le règlement de la FIFA s’est rigidifié. L’ancien arbitre international français Stéphane Lannoy, interrogé par France Info, estime que « l’instance s’expose à des accusations de favoritisme. Cela affaiblit la crédibilité de la règle. »
Contexte dans le football international
Cette affaire intervient dans un climat déjà tendu autour de la gouvernance de la FIFA. Plusieurs fédérations - dont la Belgique - critiquent régulièrement le manque de transparence et l’influence des grandes nations. La décision en faveur des États-Unis, pays hôte de la Coupe du monde 2026 (avec le Canada et le Mexique), alimente les soupçons. Selon le Times of India, des observateurs pointent du doigt « un traitement de faveur accordé à la nation organisatrice ». La Belgique, elle, arrive en huitièmes après un parcours solide : victoire 5-0 contre la Tunisie, 2-0 contre la Croatie, 1-1 contre l’Égypte, 0-0 contre l’Iran, 5-1 contre la Nouvelle-Zélande et 3-2 contre le Sénégal. Les Diables Rouges font figure de sérieux prétendants au titre. En face, les États-Unis, privés de leur attaquant vedette lors de ce match capital, retrouvent finalement Balogun.
Des avis partagés dans le monde du football
La décision divise. Du côté américain, le sélectionneur Mauricio Pochettino a salué une « décision équitable ». Dans un entretien à Goal, il a rappelé que son staff avait fourni des images prouvant que Balogun avait touché le ballon en premier. « La commission a fait preuve de bon sens », a-t-il déclaré. En revanche, Gary Neville, consultant pour Sky Sports, a été cinglant : « Ça sent mauvais. La FIFA ouvre une boîte de Pandore. » L’ancien défenseur de Manchester United a ajouté que « dès lors qu’un appel politique peut influencer une sanction sportive, c’est la fin de l’intégrité du jeu. »
Du côté des bookmakers, la cote des États-Unis a légèrement baissé après l’annonce de l’éligibilité de Balogun, signe que sa présence change la donne. Le joueur lui-même n’a pas commenté publiquement, mais son entourage a fait savoir qu’il était « soulagé et concentré sur le match ».
Prochaine étape : un huitième de finale sous haute tension
Le match États-Unis - Belgique se jouera le 7 juillet au stade Azteca. Balogun devrait être titularisé. Les Diables Rouges, portés par un esprit de revanche, entendent bien prouver que la controverse ne les affecte pas. « Balogun ou pas, on va éteindre les USA », a lancé Tavolieri. La rencontre s’annonce explosive, sur le terrain comme en tribunes. La FIFA, elle, espère que le rideau tombe vite sur ce qui restera comme l’une des décisions les plus controversées de l’histoire du Mondial.