Bastia : la CAB déploie sa « Pulizza Verde » contre les dépôts sauvages de déchets
Face à la multiplication des incivilités, la Communauté d'agglomération de Bastia a créé une brigade intercommunale de deux agents assermentés habilités à verbaliser.
La Communauté d'agglomération de Bastia (CAB) a acté la création d'une brigade intercommunale baptisée « Pulizza Verde » (Police Verte). Composée de deux agents assermentés, elle est chargée de lutter contre les dépôts sauvages et les incivilités liées aux déchets sur les cinq communes du territoire.
L’essentiel
- Création le 29 juin 2026 : Le conseil communautaire de la CAB a adopté la création de la brigade intercommunale « Pulizza Verde ».
- Deux agents assermentés : La brigade est composée de deux agents formés, habilités à dresser des procès-verbaux.
- Territoire concerné : Les cinq communes de l’agglomération : Bastia, Furiani, Ville-di-Pietrabugno, San-Martino-di-Lota et Santa-Maria-di-Lota.
Une réponse aux incivilités du quotidien
Depuis plusieurs mois, les habitants de l’agglomération bastiaise dénoncent régulièrement sur les réseaux sociaux la multiplication des dépôts sauvages d’encombrants, des sacs-poubelle abandonnés hors des points de collecte et du non-respect des consignes de tri. Face à cette situation, la Communauté d’agglomération de Bastia (CAB) a décidé de passer à l’action.
Lors de son conseil communautaire du lundi 29 juin 2026, la CAB a officialisé la création d’une brigade intercommunale de police environnementale, baptisée « Pulizza Verde » (Police Verte en corse). Selon la collectivité, cette unité a pour mission « d’accompagner, de sensibiliser et d’agir auprès des particuliers et des professionnels ».
Deux agents habilités à verbaliser
La Pulizza Verde est initialement constituée de deux agents spécialement formés et assermentés. Conformément à l’article L. 541-44-1 du code de l’environnement et au décret national n° 2026-433 du 2 juin 2026, ces agents disposent du pouvoir de relever les infractions environnementales et de dresser des procès-verbaux.
Les incivilités ciblées concernent principalement les sacs d’ordures abandonnés au sol, le non-respect des consignes de tri et les dépôts sauvages d’encombrants. La brigade pourra ainsi verbaliser directement sans passer par la police municipale ou nationale.
Un dispositif à l’échelle intercommunale
Contrairement à la Brigade verte municipale que la ville de Bastia avait mise en place le 1er mars 2019, ce nouveau service dépend directement de la CAB et intervient sur l’ensemble des cinq communes membres : Bastia, Furiani, Ville-di-Pietrabugno, San-Martino-di-Lota et Santa-Maria-di-Lota.
« L’idée est d’harmoniser les pratiques et de couvrir l’ensemble du territoire de l’agglomération », explique-t-on à la CAB. Les agents de la Pulizza Verde travailleront en lien avec les services de collecte des déchets et les polices municipales.
Contexte en Haute-Corse
La Haute-Corse est confrontée à une pression touristique croissante et à des flux de population saisonniers qui accentuent les difficultés de gestion des déchets. Selon l’Observatoire régional des déchets, le taux de valorisation matière dans le département stagne autour de 35 %, en deçà des objectifs nationaux. L’agglomération bastiaise, qui concentre l’essentiel de la population et des activités, est particulièrement concernée par les dépôts sauvages.
Plusieurs communes de l’île ont déjà mis en place des brigades vertes municipales, mais la Pulizza Verde est la première à l’échelle intercommunale en Haute-Corse. Ce dispositif s’inscrit dans un mouvement plus large de renforcement des polices de l’environnement, encouragé par le décret de juin 2026.
Des agents sur le terrain dès l’été
Les deux agents de la Pulizza Verde devraient être opérationnels dans les prochaines semaines. Leurs missions débuteront par une phase de sensibilisation avant d’entamer les verbalisations proprement dites. La CAB n’a pas encore communiqué le budget alloué ni le calendrier précis de déploiement.
Prochaine étape : la présentation officielle des agents aux maires des cinq communes et la mise en place d’un numéro de signalement dédié.