Bastia : Gilles Simeoni juge « satisfaisante » la reconnaissance d’une « communauté insulaire » après les amendements à l’Assemblée
Le maire de Bastia et conseiller exécutif a réagi ce jeudi 18 juin aux amendements votés la veille, saluant la notion de « communauté insulaire » tout en appelant à poursuivre le chemin vers l'autonomie.
L'Assemblée nationale a adopté mercredi 17 juin un amendement gouvernemental définissant la Corse comme une « communauté insulaire, historique, linguistique, culturelle ». Gilles Simeoni, maire de Bastia, a jugé cette formulation « satisfaisante ». Il reste néanmoins attentif à la suite des débats sur le projet de loi constitutionnelle.
L’essentiel
- Fait 1 : Le 17 juin 2026, l’Assemblée nationale a adopté un amendement du gouvernement définissant la Corse comme « une communauté insulaire, historique, linguistique, culturelle ».
- Fait 2 : Gilles Simeoni, maire de Bastia et conseiller exécutif, a qualifié cette notion de « satisfaisante ».
- Fait 3 : Des amendements de suppression et contre-projets, dont ceux du RN, ont été rejetés lors des débats des 16 et 17 juin.
- Fait 4 : Le projet de loi constitutionnelle prévoit un pouvoir d’adaptation des normes pour la Corse dans les transports, le développement territorial et la langue corse.
Un amendement gouvernemental adopté mercredi
Le 17 juin 2026, deuxième jour des débats à l’Assemblée nationale sur le projet de loi constitutionnelle relatif à l’autonomie de la Corse, un amendement du gouvernement a été adopté. Il réécrit la formulation relative à la Corse pour y inclure la notion de « communauté insulaire, historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à la terre corse », selon France 3 Corse ViaStella. Cette nouvelle rédaction remplace la précédente mention qui ne faisait pas référence à une communauté spécifique.
Gilles Simeoni : une réaction mesurée
Gilles Simeoni, maire de Bastia et conseiller exécutif en charge de l’autonomie, a réagi ce jeudi 18 juin depuis Paris. Interrogé par nos confrères de Corse Matin, il a jugé la notion de « communauté insulaire » « satisfaisante ». « C’est une reconnaissance de la réalité historique, linguistique et culturelle de la Corse, aux antipodes d’une logique communautariste », a-t-il déclaré. Il a toutefois nuancé : « Le chemin reste long. Nous respectons la ligne fixée, mais nous restons vigilants sur la suite des discussions. »
Le projet d’autonomie en détail
Le texte examiné depuis le 16 juin à l’Assemblée nationale prévoit que la collectivité de Corse puisse être habilitée à fixer des normes adaptées à l’île dans plusieurs domaines. Selon France Inter, il s’agit notamment des transports, du développement du territoire et de la langue corse. Gilles Simeoni avait expliqué, avant l’ouverture des débats, que l’autonomie doit inclure « un pouvoir législatif sur habilitation du Parlement, en dehors des compétences régaliennes ». Il s’était dit confiant mais avait prévenu, sur BFMTV, qu’un rejet du texte serait « lourd de conséquences ».
Une notion « aux antipodes du communautarisme »
Dans un entretien à La Tribune Dimanche, Gilles Simeoni avait déjà insisté sur le sens de cette reconnaissance : « L’aspiration à la reconnaissance du peuple corse est aux antipodes d’une reconnaissance communautariste ». Pour lui, la formulation adoptée mercredi va dans le bon sens, mais la bataille politique n’est pas terminée. Il a rappelé que l’autonomie corse doit rester dans le cadre républicain et ne pas être assimilée à un séparatisme.
Contexte en Haute-Corse
Bastia, préfecture de la Haute-Corse, est la deuxième ville de l’île. Gilles Simeoni, figure historique du nationalisme corse et ancien président du conseil exécutif, en est le maire depuis 2014. Il incarne la ligne autonomiste modérée qui porte ce projet de loi constitutionnelle. Le débat sur l’autonomie mobilise largement la classe politique locale. Récemment, des militants de Nazione ont occupé un cabinet de commissaire de justice à Bastia (lire notre article sur cette occupation). Par ailleurs, la ville organise des événements locaux comme un Café IA gratuit pour artisans et commerçants le 25 juin (lire notre article sur ce Café IA).
Des oppositions rejetées
Lors des débats des 16 et 17 juin, plusieurs amendements ont été repoussés. Des amendements de suppression du texte ainsi que des contre-projets, notamment ceux présentés par le Rassemblement national, ont été rejetés, selon France 3 Corse ViaStella. Le gouvernement a ainsi obtenu une première victoire dans l’examen de ce texte sensible, qui devrait se poursuivre jusqu’à la fin du mois de juin.
Les discussions à l’Assemblée nationale se poursuivent cette semaine. L’examen du projet de loi constitutionnelle devrait se prolonger jusqu’à la fin du mois de juin.
Sources
- France 3 Corse ViaStella : DIRECT. Vidéo. Autonomie de la Corse : suivre le débat à l'Assemblée nationale ce mercredi 17 juin
- Corse Matin : VIDEO. Autonomie et communauté insulaire : « C'est satisfaisant » : la réaction de Gilles Simeoni
- France 3 Corse ViaStella (Twitter) : Tweet de @FTViaStella
- France Inter : L'invité de 6h20 du mardi 16 juin 2026
- BFMTV : "Lourd de conséquences" : Gilles Simeoni s'inquiète d'un échec du projet d'autonomie de la Corse à l'Assemblée nationale
- La Tribune Dimanche : Gilles Simeoni, maire autonomiste de Bastia : « L'aspiration à la reconnaissance du peuple corse est aux antipodes d'une reconnaissance communautariste »

