Bastia : l’opposition conteste le bilan de la régulation des meublés touristiques
Au conseil municipal du 16 juillet, la majorité a présenté 233 logements remis sur le marché locatif. L'opposition dénonce une méthodologie interne et une autosatisfaction.
Le conseil municipal de Bastia a vécu un débat tendu mercredi autour du bilan de la régulation des meublés touristiques. La majorité affirme avoir remis 233 logements sur le marché locatif en deux ans. L'opposition conteste ces chiffres et la méthode employée.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- La mairie de Bastia affirme avoir remis 233 logements sur le marché locatif en deux ans grâce à sa régulation des meublés touristiques.
- L'opposition a contesté ces chiffres lors du conseil municipal du 16 juillet 2026, dénonçant une méthodologie interne.
- Selon la ville, 191 meublés de tourisme ont cessé leur activité et les prix au m² dans la Citadelle ont baissé de 10 %.
- Le périmètre de régulation couvre 70 % des 500 à 700 annonces Airbnb de Bastia, de Toga à Saint-Joseph.
Le conseil municipal de Bastia, réuni le 16 juillet 2026, a été le théâtre d’un vif débat autour du bilan de la politique de régulation des meublés touristiques. La majorité municipale, emmenée par le maire Gilles Simeoni, a présenté un rapport affirmant avoir remis 233 logements sur le marché de la location annuelle en deux ans, entre 2024 et 2026. L’opposition a immédiatement contesté ces chiffres, dénonçant une méthodologie interne et une forme d’autosatisfaction.
233 logements remis sur le marché selon la mairie
Le bilan présenté par la municipalité le 10 juillet dernier, notamment place Guasco dans la Citadelle, fait état de 233 logements réintégrés dans le circuit locatif classique. Selon la mairie, 191 meublés de tourisme ont cessé leur activité durant cette période. L’offre locative annuelle moyenne est passée de 72 à 115 biens disponibles, selon les données communiquées par la ville.
Gilles Simeoni a également mis en avant une baisse de 10 % des prix au m² dans le quartier de la Citadelle. La politique de régulation mise en place repose sur plusieurs piliers : enregistrement obligatoire des meublés, autorisation préalable de changement d’usage et mécanisme de compensation dans les zones sous pression immobilière.
L’opposition dénonce une « autosatisfaction »
Face à ces annonces, l’opposition municipale a rapidement réagi. Julien Morganti, élu d’opposition, a contesté la méthode employée pour établir ce bilan. Il a qualifié le rapport d’« autosatisfaction » et remis en cause la baisse affichée du nombre de meublés touristiques. Selon lui, le « dispositif usine à gaz » mis en place pourrait inciter certains propriétaires à ne pas déclarer leur activité, faussant ainsi les statistiques.
L’opposition estime que la méthodologie interne utilisée par la municipalité ne permet pas de garantir la fiabilité des chiffres avancés. Le débat a occupé une large partie de la séance du conseil municipal.
Une politique de régulation étendue
Le périmètre d’application de cette politique s’étend du quartier de Toga jusqu’à Saint-Joseph, couvrant environ 70 % des 500 à 700 annonces Airbnb disponibles à Bastia. La municipalité présente cette régulation comme un équilibre entre attractivité touristique et droit au logement, dans un contexte de forte pression immobilière.
La ville a mis en place un système d’enregistrement obligatoire et impose une autorisation préalable pour tout changement d’usage d’un logement en meublé touristique. Dans les zones identifiées comme sous tension, un mécanisme de compensation oblige les propriétaires à proposer un logement équivalent en location classique.
Contexte dans la Haute-Corse
Bastia, principale ville de Haute-Corse, concentre une part importante de l’activité économique du département. La question du logement y est particulièrement sensible, notamment dans les quartiers historiques comme la Citadelle. La pression touristique estivale, couplée à une offre locative limitée, a conduit la municipalité à encadrer les meublés de tourisme dès 2024.
D’autres communes corses ont observé avec attention cette expérimentation bastiacce, certaines envisageant des dispositifs similaires face à la multiplication des locations saisonnières sur leurs territoires.
Un débat qui se poursuit
Le débat autour de l’efficacité de cette régulation devrait se poursuivre dans les prochains mois. L’opposition a d’ores et déjà annoncé qu’elle resterait vigilante sur l’évolution réelle du marché locatif et demandera des bilans réguliers avec des données vérifiables par des organismes indépendants.
La municipalité, de son côté, entend poursuivre cette politique et affiner les outils de suivi pour répondre aux critiques formulées.
