Bastia : un sexagénaire mis en examen pour corruption de mineur après piège sur TikTok
Interpellé le 9 juin, un homme domicilié à Montesoro a été placé en détention provisoire le 11 juin après avoir été piégé par des utilisateurs bastiais du réseau social.
Un sexagénaire domicilié à Bastia a été mis en examen le 11 juin 2026 pour corruption de mineur et placé en détention provisoire. Il avait été piégé sur TikTok par des utilisateurs locaux via un faux profil de fillette. Le procureur Jean-Philippe Navarre a confirmé les faits.
L’essentiel
- 9 juin 2026 : interpellation et placement en garde à vue au commissariat de Bastia par la DIPN de Haute-Corse.
- 11 juin 2026 : mise en examen pour corruption de mineur, propositions sexuelles à un mineur de quinze ans par voie électronique, et sollicitation d’images à caractère pédopornographique ; placement en détention provisoire.
- Faux profil : les utilisateurs de TikTok avaient créé un compte se présentant comme une jeune fille d’environ 10 ans pour piéger le suspect.
- Saisies : smartphone et ordinateur confiés à la DIPN de Haute-Corse pour analyse.
- Aucun antécédent judiciaire n’a été signalé à ce stade, selon le procureur de la République de Bastia.
Un faux profil de fillette sur TikTok
L’affaire débute sur TikTok. Des utilisateurs bastiais créent un faux compte se présentant comme une jeune fille d’environ 10 ans. Un homme domicilié à Montesoro, quartier sud de Bastia, entre en contact avec ce profil. Les échanges deviennent rapidement à caractère sexuel. Selon Corse-Matin, le suspect envoie une photographie de ses parties génitales.
Les auteurs du piège conservent les captures d’écran et les transmettent directement au commissariat de Bastia. Cette démarche citoyenne déclenche l’intervention des forces de l’ordre.
Interpellation le 9 juin, garde à vue immédiate
Le 9 juin 2026, la Direction interrégionale de la police nationale de Haute-Corse (DIPN) interpelle le suspect. Il est placé en garde à vue au commissariat de Bastia. Son smartphone et son ordinateur sont saisis pour analyse numérique, selon les informations d’ICI.fr et de Corse-Matin.
L’enquête est confiée à la DIPN de Haute-Corse. Aucune information sur d’éventuelles autres victimes n’a été communiquée à ce stade.
Mise en examen et détention provisoire le 11 juin
Deux jours plus tard, le 11 juin 2026 en début de soirée, le suspect est déféré au parquet. Il est mis en examen pour trois chefs : corruption de mineur, propositions sexuelles à un mineur de quinze ans par moyen de communication électronique, et sollicitation d’images à caractère pédopornographique. Le juge d’instruction ordonne son placement en détention provisoire, selon Corse-Matin et France 3 Corse.
Le procureur de la République de Bastia, Jean-Philippe Navarre, a confirmé les faits à l’AFP et aux médias locaux. Il a précisé que l’homme ne présente a priori pas d’antécédents judiciaires. L’affaire a été relayée par Le Parisien, TF1 Info et 20 Minutes, dépassant le cadre régional.
France 3 Corse a réagi à l’issue de la mise en examen :
La vigilance citoyenne, un mode opératoire qui se répand
L’opération menée par ces utilisateurs bastiais s’inscrit dans une pratique documentée en France ces derniers mois. Des internautes, souvent organisés en groupes informels, créent des faux profils de mineurs sur les réseaux sociaux pour identifier des adultes aux intentions délictueuses, puis signalent les échanges aux autorités. TF1 Info et 20 Minutes ont rappelé plusieurs interpellations similaires sur le territoire national en 2025-2026.
Cette forme de vigilance citoyenne soulève des questions juridiques sur la recevabilité des preuves ainsi collectées. Dans ce dossier, la transmission au commissariat et l’enquête conduite par la DIPN ont visiblement permis de valider les éléments recueillis, puisqu’ils ont abouti à une mise en examen. À Montpellier, une tentative d’enlèvement d’un enfant de 3 ans dans un parc avait également conduit à une interpellation rapide grâce à des témoignages de riverains.
Contexte en Haute-Corse
Bastia est la principale ville de Haute-Corse, avec environ 46 867 habitants selon les données INSEE 2023. Elle concentre les services judiciaires et de police du département, dont le commissariat central et le parquet de première instance.
La DIPN de Haute-Corse est l’unité territoriale compétente pour ce type d’enquête à caractère numérique. Aucune statistique récente spécifique sur la pédocriminalité en ligne dans le département n’a été communiquée par les autorités locales à ce stade.
L’affaire intervient dans un contexte national de renforcement de la lutte contre les violences sexuelles faites aux mineurs en ligne. Le parquet de Bastia suit plusieurs dossiers liés aux réseaux sociaux, sans que des chiffres précis aient été rendus publics. La Haute-Corse est par ailleurs confrontée à d’autres enjeux de mobilisation citoyenne, notamment autour des réserves de sang.
Ce que disent les textes
Les trois infractions retenues sont prévues par le code pénal français. La corruption de mineur (article 227-22) est punie de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Les propositions sexuelles en ligne à un mineur de quinze ans (article 227-22-1) sont passibles de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, peines portées à cinq ans et 75 000 euros lorsque les faits sont commis via un réseau de communication électronique. La sollicitation d’images à caractère pédopornographique relève de l’article 227-28-3.
Le suspect, mis en examen, bénéficie de la présomption d’innocence. Aucune date d’audience n’a été fixée à ce stade.
La procédure suit désormais son cours devant le juge d’instruction du tribunal judiciaire de Bastia. L’analyse des appareils numériques saisis pourrait faire émerger de nouveaux éléments dans les semaines à venir.
Sources
- Corse-Matin : Bastia : piégé par des utilisateurs de TikTok, un homme soupçonné d'échanges à caractère pédopornographique placé en garde à vue
- France 3 Corse : Un homme mis en examen pour corruption de mineur à Bastia
- ICI.fr : Piégé sur le réseau social TikTok, un sexagénaire interpellé pour des soupçons d'échanges à caractère pédopornographique
- Le Parisien : Corse : un sexagénaire piégé sur Tik Tok, mis en examen pour corruption de mineur
