Baume-les-Messieurs : l’abbaye au cœur d’un débat sur patrimoine et urbanisation

Le label Grand Site de France et un investissement de 2,8 M€ relancent la question de l'équilibre entre préservation et développement.

Baume-les-Messieurs : l'abbaye au cœur d'un débat sur patrimoine et urbanisation
Illustration Anne Perrin / info.fr

À Baume-les-Messieurs, l'abbaye Saint-Pierre concentre les attentions. Travaux achevés, nouveau label national, dossier UNESCO : les enjeux autour du site mobilisent élus et habitants.

C’est un village du Jura de quelques centaines d’habitants, mais son abbaye pèse lourd. Fondée au IXe siècle - première mention écrite en 869 - , l’abbaye Saint-Pierre de Baume-les-Messieurs est à l’origine de la fondation de Cluny en 909 par l’abbé Bernon et six moines, selon Wikipédia. Classée Monument Historique depuis 1862 pour son église, elle a été inscrite en totalité en 2023. La commune en est propriétaire depuis le rachat au conseil départemental du Jura en 2016.

2,8 millions d’euros en cinq ans

Pour entretenir ce patrimoine, Baume-les-Messieurs a engagé 2,8 millions d’euros sur cinq ans, selon Hebdo 39. Les travaux ont porté sur les toitures et les voûtes de l’église romane et du logis abbatial. Ils ont bénéficié du soutien de la Mission Bern et du mécénat d’AXA. L’inauguration des toitures restaurées a eu lieu en septembre 2025, rapporte Le Progrès. Une étape concrète, mais la question reste posée : comment financer la suite tout en gérant l’afflux touristique croissant ?

La réponse viendra peut-être du label Grand Site de France. Le 17 janvier 2026, le projet « Vignobles et Reculées du Jura » - incluant Baume-les-Messieurs, Château-Chalon et dix autres communes - a été validé par la commission au ministère de la Transition écologique, toujours selon Le Progrès. Dix ans de préparation par les communautés de communes Bresse Haute Seille et Ecla, avec le préfet et l’État. L’objectif affiché : préserver les paysages et le patrimoine culturel, tout en encadrant l’urbanisation dans les reculées jurassiennes.

Un dossier UNESCO en attente, une mobilisation citoyenne réelle

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La municipalité n’en est pas à son premier effort de reconnaissance. En février 2023, un dossier d’inscription au Patrimoine Mondial de l’UNESCO a été remis, avec l’appui d’un groupe de travail citoyen, selon RCF. Le classement éventuel reste à confirmer par les instances internationales.

En attendant, la saison 2026 a ouvert en avril avec des visites guidées quotidiennes et des événements culturels - les Saisons Baroques du Jura - dans l’église abbatiale et les grottes. Le débat local, lui, ne se clôt pas avec l’ouverture des grilles. Entre riverains attachés à la tranquillité du site et acteurs économiques favorables à son développement touristique, la tension reste perceptible. Le label Grand Site devra en tenir compte dans ses orientations concrètes.

Prochaine étape : la mise en œuvre opérationnelle du label Grand Site de France pour les Vignobles et Reculées du Jura devra préciser les règles d’urbanisation et de gestion du flux touristique applicables à Baume-les-Messieurs. Les modalités n’ont pas encore été rendues publiques.

Sources

Anne Perrin

Anne Perrin

Basée à Lons-le-Saunier, elle traite l'industrie du jouet, les tensions sur les forêts, l'agriculture comtoise et les débats sur les services publics ruraux. Formée à l'ESJ Lille, elle a commencé en agence. Ligne éditoriale : interroger les artisans, les forestiers, les élus, croiser les rapports de l'ONF avant de publier.

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