Bayonne : 2489 victimes de VIF en 2025 dans le 64, hausse de 10,7 %
Le comité local d'aide aux victimes réuni le 4 juin à Bayonne dresse un bilan préoccupant et détaille les dispositifs déployés dans les Pyrénées-Atlantiques.
La sous-préfète des Pyrénées-Atlantiques, la procureure adjointe de Bayonne Stéphanie Veyssière et le vice-procureur de Pau ont présidé le 4 juin 2026 le comité local d'aide aux victimes sur les violences intrafamiliales. En 2025, le département a enregistré 2489 victimes, soit une hausse de 10,7 % sur un an.
L’essentiel
- 2489 victimes : nombre de victimes de violences intrafamiliales recensées dans les Pyrénées-Atlantiques en 2025, en hausse de +10,7 % par rapport à 2024 (2228 victimes).
- 116 places d’hébergement : capacité financée par l’État pour accueillir les victimes dans le département, contre 103 en 2024.
- 237 personnes sensibilisées : via le plan Angela, déployé dans plusieurs communes du 64 dont Bayonne, Pau, Hendaye et Saint-Jean-de-Luz.
- 4 juin 2026 : date de réunion du CLAV VIF à Bayonne, présidé par la sous-préfète (directrice de cabinet du préfet), Stéphanie Veyssière et le vice-procureur de Pau.
Un comité trimestriel aux mains des parquets et de la préfecture
Le comité local d’aide aux victimes sur les violences intrafamiliales (CLAV VIF) s’est réuni mercredi 4 juin 2026 à Bayonne. Trois représentants de l’autorité judiciaire et préfectorale y ont pris place : la sous-préfète, directrice de cabinet du préfet des Pyrénées-Atlantiques, la procureure adjointe du tribunal judiciaire de Bayonne Stéphanie Veyssière - nommée par décret du 23 juillet 2025 selon le Journal officiel - et le vice-procureur de Pau.
Le CLAV VIF est une instance de concertation qui réunit les acteurs du territoire - services de l’État, associations, forces de l’ordre, professionnels de santé - pour coordonner prévention, accompagnement des victimes et répression des auteurs. Des réunions similaires ont déjà été documentées dans le département en 2025 et années précédentes, selon La République des Pyrénées.
2489 victimes en 2025 : la hausse se confirme
Le bilan 2025 est net. Le département a comptabilisé 2489 victimes de violences intrafamiliales, contre 2228 en 2024, selon le compte officiel de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques. La progression atteint 10,7 % sur un an.
Ces chiffres sont cohérents avec les données relayées par Sud Ouest et ICI (Radio France) en début d’année 2026, qui faisaient déjà état d’une hausse des violences intrafamiliales et sexuelles dans le département. La République des Pyrénées avait par ailleurs relevé une disparité géographique : les violences progressaient davantage en zone rurale qu’en milieu urbain lors des précédents bilans.
Pour Stéphanie Veyssière, la question des violences en milieu sensible fait partie de ses priorités affichées. La procureure adjointe s’était déjà exprimée sur la nécessité de ne pas laisser la violence s’installer dans certains quartiers bayonnais, selon ICI Pays Basque.
Les dispositifs concrets déployés dans le 64
Le comité a fait le point sur trois axes opérationnels, tous confirmés par la préfecture :
L’hébergement d’urgence. Le département dispose désormais de 116 places financées par l’État pour accueillir les victimes de violences intrafamiliales. C’est 13 places de plus qu’en 2024, où le parc atteignait 103 places.
Le plan Angela. Ce dispositif, qui permet à toute personne se sentant en danger dans l’espace public de se réfugier dans un commerce ou établissement partenaire, a permis de sensibiliser 237 personnes dans le département. Selon Presselib, le plan Angela est déployé dans le 64 depuis au moins 2022, avec la participation de Bayonne, Pau, Hendaye et Saint-Jean-de-Luz.
La prise en charge formée. Au commissariat, en gendarmerie et à l’hôpital, des professionnels spécifiquement formés assurent l’accueil des victimes. Ce maillage institutionnel vise à éviter les ruptures de prise en charge entre le dépôt de plainte et l’orientation vers les structures d’hébergement ou d’accompagnement.
Contexte dans les Pyrénées-Atlantiques
Les Pyrénées-Atlantiques comptent environ 685 000 habitants répartis sur deux territoires distincts : le Pays Basque et le Béarn. Le département conjugue des zones urbaines denses (Bayonne-Anglet-Biarritz, Pau) et un arrière-pays rural étendu, ce qui complique la couverture des dispositifs de protection.
La hausse des VIF dans le 64 s’inscrit dans une tendance nationale. À l’échelle locale, Sud Ouest notait début 2026 que si les vols et les accidents mortels de la route avaient reculé dans le département en 2025, les violences - intrafamiliales en tête - constituaient la principale dégradation du bilan sécuritaire annuel.
Le CLAV VIF répond à une exigence de pilotage territorial : croiser les données judiciaires, policières et sociales pour adapter les réponses. La présence simultanée des deux parquets territoriaux (Bayonne et Pau) lors de la séance du 4 juin traduit une volonté de cohérence sur l’ensemble du département. Cette dynamique inter-institutionnelle rappelle d’autres démarches de coordination locale, comme les rencontres préfet-acteurs locaux observées dans d’autres départements sur des sujets de terrain.
Prochaine étape
La préfecture n’a pas précisé la date du prochain CLAV VIF. Le bilan 2026 sera un indicateur clé pour mesurer l’impact des 116 places d’hébergement et du déploiement étendu du plan Angela sur la trajectoire des chiffres départementaux.
Sources
- Préfecture des Pyrénées-Atlantiques (@Prefet64) : Tweet officiel CLAV VIF 4 juin 2026 – bilan et dispositifs
- Sud Ouest : Pays basque et Béarn : moins de morts sur les routes, moins de vols, plus de violences en 2025
- ICI / Radio France : Les violences intrafamiliales et sexuelles sont en hausse dans les Pyrénées-Atlantiques
- La République des Pyrénées : Violences intrafamiliales, sexistes et sexuelles en hausse dans les Pyrénées-Atlantiques