Bayonne : trois cocktails Molotov sur la sous-préfecture, le préfet Girier condamne fermement
Dans la nuit du 3 au 4 juin 2026, trois engins incendiaires ont visé le bâtiment avenue des Allées Marines. Enquête confiée au SIPJ, acte non revendiqué.
Trois cocktails Molotov ont été lancés vers 4h du matin contre la façade de la sous-préfecture de Bayonne dans la nuit du 3 au 4 juin 2026. Aucune victime, pas de propagation des flammes. Le préfet Jean-Marie Girier a condamné un « acte d'une gravité inacceptable ». Le parquet de Bayonne a ouvert une enquête.
L’essentiel
- Nuit du 3 au 4 juin 2026, vers 4h : trois cocktails Molotov lancés contre la façade de la sous-préfecture de Bayonne, 4 avenue des Allées Marines.
- Bilan matériel : aucune victime, aucun dégât majeur, pas de propagation des flammes, selon ICI Pays Basque et Sud Ouest.
- Enquête : ouverte par le parquet de Bayonne, confiée au service interdépartemental de la police judiciaire (SIPJ). Acte non revendiqué.
- Réactions officielles : condamnations du préfet Jean-Marie Girier, de la députée Colette Capdevielle et du président du CD64 Jean-Jacques Lasserre.
- Couverture médiatique : au moins six médias locaux et régionaux ont rendu compte des faits dans les 24 heures (Sud Ouest, ICI, actu.fr, La République des Pyrénées, France 3, Mediabask).
Ce qui s’est passé avenue des Allées Marines
Les faits sont établis par plusieurs médias locaux. Vers 4 heures du matin, dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 juin 2026, trois cocktails Molotov ont été projetés contre la façade de la sous-préfecture de Bayonne, bâtiment situé au 4 avenue des Allées Marines. Les engins ont touché l’extérieur du bâtiment sans provoquer d’incendie significatif. Aucune victime n’est à déplorer. Les flammes ne se sont pas propagées, selon ICI Pays Basque et Sud Ouest, qui ont été les premiers à relayer l’information.
La sous-préfecture héberge les services de l’État pour l’arrondissement de Bayonne. Mathieu Duhamel en est le sous-préfet depuis le 30 juin 2025, nommé par décret du 13 juin 2025. Le préfet Jean-Marie Girier a précisé dans son communiqué apporter son soutien au sous-préfet, à sa famille et aux agents « choqués » par l’événement.
L’enquête confiée au SIPJ
Le parquet de Bayonne a ouvert une enquête judiciaire dans les heures suivant les faits. Elle a été confiée au service interdépartemental de la police judiciaire (SIPJ), selon La République des Pyrénées et actu.fr. À ce stade, aucune revendication n’a été formulée. Les investigations portent notamment sur l’identification des auteurs et les motivations de l’acte.
L’absence de revendication complique l’établissement d’un mobile. Les premiers éléments de l’enquête n’avaient pas encore été communiqués publiquement au moment des premières publications médiatiques le 4 juin 2026.
La condamnation du préfet Girier
Jean-Marie Girier, préfet des Pyrénées-Atlantiques depuis le 25 novembre 2024, a publié un communiqué officiel dans la matinée du 4 juin. Il y condamne l’attaque « avec la plus grande fermeté », la qualifiant d’« acte d’une gravité inacceptable » contre « un symbole de l’État et de la République ». Il exprime également son soutien au sous-préfet Mathieu Duhamel, à sa famille et aux agents présents ou informés des faits.
Ce registre - symbole de l’État, gravité inacceptable - est celui habituel des communiqués préfectoraux face à des atteintes aux bâtiments officiels. La formulation retenue par Girier souligne la dimension institutionnelle de la cible, au-delà du bilan matériel limité.
Les réactions des élus locaux
La députée de la 5e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, Colette Capdevielle, a réagi rapidement sur X :
Dans ce message, elle qualifie l’attaque d’« atteinte aux valeurs démocratiques » et apporte son soutien au sous-préfet et aux personnels de la sous-préfecture.
Jean-Jacques Lasserre, président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, a également publié une condamnation, selon La République des Pyrénées. Il estime que « rien ne saurait justifier que la violence s’en prenne aux institutions de la République ». Les tensions entre syndicats agricoles et représentants de l’État dans d’autres départements rappellent que les préfectures et sous-préfectures sont régulièrement au cœur de mobilisations, mais les actes incendiaires de cette nature restent rares.
Contexte dans les Pyrénées-Atlantiques
Les Pyrénées-Atlantiques comptent environ 700 000 habitants répartis entre le Pays Basque et le Béarn. Bayonne, avec près de 52 000 habitants, est la principale ville de l’arrondissement côtier. La sous-préfecture y est un point de contact administratif central pour les démarches liées à l’État.
Les atteintes physiques à des bâtiments de l’État dans le département sont peu fréquentes. Aucun précédent immédiat similaire n’a été identifié dans les sources disponibles pour les Pyrénées-Atlantiques ces dernières années. À l’échelle nationale, des cocktails Molotov avaient visé des commissariats ou des mairies lors de tensions sociales - notamment en 2023 lors des émeutes consécutives à la mort de Nahel - , mais le contexte local de cet acte reste, à ce stade, indéterminé faute de revendication.
La sous-préfecture de Bayonne, implantée avenue des Allées Marines en centre-ville, est un bâtiment accessible au public en journée. Sa localisation dans un secteur animé de Bayonne rend l’acte, commis de nuit, plus visible symboliquement. Les institutions préfectorales jouent un rôle de représentation de l’État dans les territoires qui va au-delà de leur fonction administrative quotidienne.
Un acte sans précédent revendiqué dans le département
L’absence de revendication est, à ce stade, l’un des éléments les plus structurants de l’enquête. Sans mobile déclaré, les enquêteurs du SIPJ travaillent à rebours : identification des auteurs via les caméras de surveillance, analyse des engins utilisés, collecte de témoignages. Le parquet de Bayonne n’avait pas communiqué de premiers résultats au moment de la rédaction de cet article.
La couverture de l’événement par au moins six médias distincts - Sud Ouest, ICI Pays Basque, actu.fr, La République des Pyrénées, France 3 et Mediabask - dans les 24 heures suivant les faits souligne l’impact symbolique de la cible, indépendamment du bilan matériel. Bayonne est habituée à faire parler d’elle pour d’autres motifs, sportifs notamment, mais cet épisode place la ville dans un registre inhabituel.
Les résultats de l’enquête du SIPJ détermineront si l’acte relève d’un acte isolé, d’une revendication politique ou d’un autre mobile. Le parquet de Bayonne est l’autorité compétente pour communiquer sur les suites judiciaires.
Sources
- ICI Pays Basque : La sous-préfecture de Bayonne visée par une attaque aux cocktails Molotov
- La République des Pyrénées : Des cocktails molotov lancés en pleine nuit sur la sous-préfecture de Bayonne
- Sud Ouest : Pays basque : des cocktails Molotov jetés sur la sous-préfecture de Bayonne cette nuit
- actu.fr : Trois cocktails Molotov envoyés sur la sous-préfecture de Bayonne : ce que l'on sait