Belgique : 7,7 milliards a trouver, les syndicats veulent une taxe sur la fortune
Face a un deficit qui menace d'atteindre 38 milliards d'euros en 2029, les syndicats belges reclament une reforme fiscale juste.
La Belgique doit trouver 7,7 milliards d'euros d'economies par an d'ici 2029 pour respecter les regles budgetaires europeennes. Les syndicats FGTB et CSC reclament une taxe sur la fortune, tandis que les menages font deja face a une hausse du gaz et une nouvelle taxe sur les colis importes.
L’essentiel
- Fait 1 : la Belgique doit trouver 7,7 milliards d’euros d’economies supplementaires d’ici 2029 pour respecter les exigences budgetaires de l’Union europeenne, selon The Brussels Times.
- Fait 2 : sans reforme, le deficit federal belge pourrait atteindre 38,275 milliards d’euros en 2029, selon le Comite de monitoring cite par Le Vif.
- Fait 3 : depuis le 1er juillet 2026, le tarif social du gaz a augmente de 15% pour le troisieme trimestre, selon le regulateur CREG.
- Fait 4 : une taxe europeenne de 3 euros s’applique depuis le 1er juillet 2026 sur les colis de moins de 150 euros importes hors UE.
- Fait 5 : un consommateur belge sur cinq seulement prevoit de reduire ses achats hors UE a cause de cette taxe, selon ING Belgique.
Un trou de 7,7 milliards a combler avant 2029
Le chiffre a fait le tour des redactions bruxelloises cette semaine. Selon The Brussels Times, la Belgique doit degager 7,7 milliards d’euros d’economies supplementaires chaque annee jusqu’en 2029 pour se conformer aux engagements pris auprès de l’Union europeenne en matiere de deficit public. La regle est connue : les pays membres doivent ramener leur deficit sous la barre des 3% du PIB. La Belgique en est loin.
Le Comite de monitoring, l’organe charge d’evaluer la trajectoire des finances publiques belges, a livre un diagnostic sans detour, repris par Le Vif : sans intervention, le deficit du budget federal pourrait grimper jusqu’a 38,275 milliards d’euros a l’horizon 2029. Un chiffre qui a servi de point de depart aux negociations budgetaires engagees par le Premier ministre Bart De Wever et son gouvernement federal, selon News.belgium. Ces discussions s’annoncent tendues, tant les marges de manoeuvre sont etroites entre baisse des depenses et hausse des recettes.
Les syndicats montent au front
Du cote des organisations syndicales, le ton est ferme. La FGTB, syndicat socialiste, qualifie le rapport budgetaire d »alarmant’ et reclame une reforme de l’impot des personnes physiques. La CSC, syndicat chretien, va plus loin en preconisant l’instauration d’un impot sur la fortune, couple a une reduction des taxes sur les revenus du travail. L’idee : faire porter l’effort sur le capital plutot que sur les salaires.
Cette exigence d’une ‘reforme fiscale juste’ met le gouvernement De Wever, une coalition marquee a droite, face a un dilemme classique : trouver les milliards manquants sans raviver les tensions sociales qui couvent depuis plusieurs mois en Belgique. Les arbitrages a venir porteront autant sur les depenses publiques que sur la structure meme de l’impot.
Le porte-monnaie des Belges deja sous pression
En attendant l’issue de ces negociations, les menages belges ressentent deja les effets de la rigueur budgetaire. Depuis le 1er juillet 2026, le regulateur federal de l’energie, la CREG, applique une hausse de 15% du tarif social du gaz naturel pour le troisieme trimestre. Sans le mecanisme de plafonnement des prix mis en place, cette hausse aurait atteint 33%, precise le regulateur. Le tarif social concerne les foyers les plus modestes, ce qui rend la mesure particulierement sensible.
Autre nouveaute entree en vigueur le meme jour : une taxe douaniere europeenne de 3 euros s’applique desormais sur les petits colis de moins de 150 euros importes depuis des pays hors Union europeenne. Une mesure qui vise notamment les plateformes de vente en ligne a bas cout tres prisees des consommateurs belges. Selon une enquete d’ING Belgique, l’effet dissuasif reste toutefois limite : un consommateur sur cinq seulement declare vouloir reduire ses commandes hors UE a cause de cette taxe.
Contexte : une regle qui concerne aussi la France
Vu de France, cette sequence belge n’a rien d’exotique. La regle des 3% de deficit public qui contraint aujourd’hui Bruxelles est la meme qui pese sur Paris, egalement place sous procedure de deficit excessif par la Commission europeenne. Le debat sur un impot sur la fortune porte par la CSC et la FGTB fait echo aux discussions francaises autour d’une taxation renforcee des grands patrimoines, sans que les deux dossiers soient identiques dans leur forme.
Plus concret encore pour le lecteur francais : la taxe de 3 euros sur les petits colis hors UE n’est pas une specificite belge. Il s’agit d’une decision du Conseil de l’Union europeenne qui s’applique dans l’ensemble des Etats membres, donc aussi en France, pour tout achat de moins de 150 euros venu de plateformes basees hors UE. La facture des achats en ligne a bas prix augmente donc de la meme maniere des deux cotes de la frontiere.
Des negociations sans calendrier arrete
Le gouvernement De Wever a entame ses discussions budgetaires, mais aucune date precise n’a ete communiquee a ce stade pour un accord final. Les arbitrages entre reduction des depenses, reforme fiscale et nouvelles taxes devraient continuer d’alimenter le debat public belge dans les prochaines semaines.