Défense : la Belgique mise sur les drones, pas sur les 5% de l’OTAN

A Ankara, Bruxelles annonce prioriser défense antiaérienne et drones tout en admettant qu'elle ratera l'objectif OTAN de 5% du PIB d'ici 2035

Défense : la Belgique mise sur les drones, pas sur les 5% de l'OTAN
Illustration Julie Lambert / info.fr

Réuni au sommet de l'OTAN à Ankara le 8 juillet 2026, le gouvernement belge a annoncé recentrer son effort militaire sur la défense aérienne et les drones. Le vice-Premier ministre Maxime Prévot reconnaît toutefois que l'objectif otanien de 5% du PIB restera hors de portée.

L’essentiel

  • Annonce : le 8 juillet 2026 à Ankara, le vice-Premier ministre belge Maxime Prévot indique que la Belgique priorisera la défense aérienne et les drones pour tenir ses engagements OTAN.
  • Objectif jugé irréaliste : Prévot estime que la Belgique ne pourra pas atteindre les 5% du PIB consacrés à la défense fixés pour 2035 lors du sommet de La Haye en juin 2025.
  • Hausse revendiquée : le Premier ministre Bart De Wever affirme une progression de 60% des dépenses militaires belges en un an, la plus forte de l’Union européenne selon lui.
  • Plan chiffré : un projet de 3,1 milliards d’euros est à l’étude pour reconstituer la défense aérienne terrestre du pays.
  • Echéance interne : la coalition gouvernementale à cinq partis doit boucler un accord budgétaire global d’ici le 21 juillet 2026.

Ce que la Belgique a annoncé à Ankara

C’est en marge du sommet de l’OTAN à Ankara que le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères belge Maxime Prévot a pris la parole, le 8 juillet 2026. Sa déclaration, rapportée par l’agence Anadolu, fixe une nouvelle hiérarchie des priorités militaires belges : la défense aérienne et la lutte anti-drones passent devant. La Belgique maintient par ailleurs ses acquisitions de chasseurs F-35, déjà engagées, et prévoit d’investir dans de nouvelles frégates pour renforcer ses capacités de déminage, toujours selon Anadolu.

Un effort revendiqué, un objectif jugé hors d’atteinte

Le message belge se joue en réalité sur deux registres. D’un côté, le Premier ministre Bart De Wever met en avant une hausse de 60% des dépenses de défense en un an, qu’il présente comme la plus forte progression enregistrée dans l’Union européenne, selon des propos relayés par Ground News. De l’autre, Maxime Prévot tempère : atteindre les 5% du PIB d’ici 2035, objectif acté par les pays alliés lors du sommet de l’OTAN de La Haye en juin 2025, n’est « pas réaliste » pour la Belgique, a-t-il indiqué selon Reuters. En cause, des pressions budgétaires actuelles mais aussi un sous-investissement historique dans l’appareil militaire belge, cumulé sur plusieurs décennies.

Contexte en Belgique, et vu de France

La situation belge n’est pas isolée. Comme la France, la Belgique s’est engagée en 2025 sur la trajectoire des 5% du PIB en dépenses de défense, dont 3,5% pour les capacités militaires pures et 1,5% pour les infrastructures et la résilience au sens large, selon le cadre fixé à La Haye. Mais Bruxelles cumule un handicap propre : le déficit budgétaire le plus élevé de la zone euro, et deux dégradations de sa note de crédit en 2026, par S&P et par Moody’s, selon Reuters. Pour un lecteur français, l’épisode belge illustre une tension que Paris connaît aussi, sous une forme différente : comment concilier la montée en puissance militaire réclamée par l’OTAN avec des marges budgétaires nationales de plus en plus étroites. La Belgique, elle, choisit de dire tout haut ce que d’autres capitales européennes formulent plus discrètement.

Un plan de 3,1 milliards et une nouvelle banque militaire

Sur le plan concret, le gouvernement belge examine actuellement un projet de 3,1 milliards d’euros destiné à reconstituer et renforcer sa défense aérienne terrestre, selon Euractiv. Bruxelles s’est par ailleurs associée à huit autres pays, dont le Canada et la Turquie, pour soutenir la création d’une nouvelle institution financière militaire, la Banque de défense, de sécurité et de résilience (DSRB), basée au Canada, selon Reuters. L’objectif affiché de cette structure est de faciliter le financement des industries de défense des pays membres, dans un contexte où les budgets nationaux sont sous contrainte.

Des négociations budgétaires sous tension

En toile de fond, la coalition gouvernementale belge, formée de cinq partis, mène des négociations budgétaires difficiles, avec l’objectif de finaliser un accord global d’ici le 21 juillet 2026, selon Reuters. Les arbitrages sur la défense s’inscrivent donc dans un exercice budgétaire plus large, où chaque poste de dépense est mis en balance avec un déficit public déjà pointé par les agences de notation. Aucun détail sur la répartition précise des 3,1 milliards annoncés n’a pour l’instant été communiqué.

Prochaine étape : l’issue des négociations budgétaires belges, attendue au plus tard le 21 juillet 2026, dira si les annonces faites à Ankara se traduisent en engagements chiffrés dans la loi de finances.

Julie
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Sources

Julie Lambert

Julie Lambert

Julie Lambert est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondante à Bruxelles. basée sur place, Elle couvre l'actualité de la Belgique pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Elle pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,...

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