Belgique : Sophie Straat provoque une polémique aux Fêtes de Gand
La chanteuse néerlandaise a demandé aux hommes blancs de se placer à l'arrière lors de son concert. Unia classe l'affaire sans suite après 200 signalements.
Le 20 juillet, la chanteuse néerlandaise Sophie Straat a suscité une vive controverse lors de son concert au festival Boomtown, intégré aux Fêtes de Gand. Invitant les hommes blancs à se déplacer vers l'arrière pour laisser la place aux femmes, personnes queers et personnes de couleur, elle a déclenché près de 200 signalements auprès d'Unia, l'organisme belge de lutte contre les discriminations. Ce dernier a conclu le 23 juillet qu'aucune infraction n'était caractérisée.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le 20 juillet 2026, Sophie Straat a demandé aux hommes blancs de se placer à l'arrière lors de son concert au festival Boomtown, intégré aux Fêtes de Gand.
- L'organisme belge Unia a reçu près de 200 signalements et ouvert une enquête.
- Le 23 juillet, Unia a classé l'affaire sans suite, estimant qu'aucune exclusion réelle n'avait eu lieu et que les propos relevaient de la liberté artistique.
- Les organisateurs du festival défendent la chanteuse au nom de la liberté d'expression et de l'engagement pour la diversité.
- La polémique a été relayée en France par Le Figaro et Le Parisien les 23 et 24 juillet 2026.
Le 20 juillet 2026, lors de son concert au festival Boomtown pendant les célèbres Fêtes de Gand en Belgique, la chanteuse néerlandaise Sophie Straat a lancé depuis la scène : « Tous les hommes blancs à l’arrière ! C’est l’heure des filles, des queers, des personnes de couleur ». Cette déclaration a immédiatement déclenché une vague de réactions, relayées en Belgique puis en France par Le Figaro et Le Parisien les 23 et 24 juillet.
Près de 200 signalements auprès d’Unia
L’organisme belge de lutte contre les discriminations, Unia, a reçu plus de 200 signalements concernant les propos de l’artiste, selon 21 News. L’affaire a rapidement pris une dimension politique, certains observateurs dénonçant une discrimination fondée sur l’origine ethnique et le sexe. Carole Poncin, porte-parole d’Unia, a confirmé l’ouverture d’une enquête pour analyser le contexte de cette déclaration.
Un classement sans suite
Le 23 juillet, Unia a officiellement annoncé qu’aucune infraction n’était caractérisée au regard de la loi belge. Selon l’organisme, les propos de Sophie Straat s’inscrivent dans une démarche artistique engagée, protégée par la liberté d’expression. « Aucune exclusion physique ou interdiction d’accès n’a été imposée aux hommes blancs lors du festival », précise Unia dans son communiqué. Les enquêteurs ont constaté que la phrase de la chanteuse relevait davantage d’un message symbolique que d’une directive contraignante.
Carole Poncin a souligné que la liberté artistique permet de tels propos dans le cadre d’un concert engagé, où l’artiste exprime une vision politique ou sociale. « Le contexte compte », a-t-elle ajouté, rappelant qu’aucun spectateur n’avait été empêché de rester devant la scène.
Les organisateurs défendent la chanteuse
Les organisateurs du festival Boomtown et des Fêtes de Gand ont pris la défense de Sophie Straat, mettant en avant la liberté artistique et l’engagement de l’artiste en faveur de l’inclusion. Ils ont rappelé que le festival promeut la diversité et les valeurs progressistes, et que les propos de la chanteuse s’inscrivent dans cette ligne éditoriale.
Pour autant, la polémique a divisé. Sur les réseaux sociaux, plusieurs voix ont dénoncé une « double morale », estimant que des propos similaires visant d’autres groupes auraient été sanctionnés. D’autres ont salué le geste de la chanteuse comme un acte de résistance face aux inégalités structurelles.
Contexte en Belgique
Les Fêtes de Gand, qui se déroulent chaque année en juillet, figurent parmi les plus grands festivals populaires de Belgique. Elles attirent plus d’un million de visiteurs sur dix jours, avec une programmation éclectique mêlant musique, théâtre de rue et événements culturels. Le festival Boomtown, l’un des rendez-vous phares de cette édition, accueille des artistes engagés et souvent controversés.
Unia, créé en 1993, est l’institution publique belge chargée de lutter contre les discriminations et de promouvoir l’égalité. Chaque année, l’organisme traite plusieurs milliers de signalements portant sur des discriminations liées à l’origine, au genre, à l’orientation sexuelle ou au handicap. Ses décisions font régulièrement débat, certains lui reprochant une approche trop permissive, d’autres saluant sa défense des libertés fondamentales.
Une polémique qui résonne en France
L’affaire a rapidement franchi la frontière. En France, plusieurs médias ont relayé l’incident, interrogeant la portée juridique et symbolique de tels propos. Le Figaro et Le Parisien ont publié des articles le 23 et le 24 juillet, soulignant les tensions autour des questions de discrimination positive et de liberté d’expression dans l’espace culturel européen.
Pour les défenseurs de Sophie Straat, ses mots visent à rééquilibrer une visibilité jugée inégale dans les espaces festifs. Pour ses détracteurs, la formulation stigmatise un groupe en fonction de critères ethniques et de genre, ce qui contrevient aux principes d’égalité.
L’artiste néerlandaise n’a pas commenté publiquement la décision d’Unia. Aucune suite judiciaire n’est envisagée à ce stade. Le débat, lui, reste ouvert.