Bélon : les ostréiculteurs face au défi du réchauffement climatique

À Riec-sur-Bélon, les producteurs d'huîtres alertent sur des pertes de production atteignant 30 % et cherchent des solutions d'adaptation.

Bélon : les ostréiculteurs face au défi du réchauffement climatique
Illustration Yann Le Goff / info.fr

Les ostréiculteurs de la rivière Bélon tirent la sonnette d'alarme. Maladies, mortalités accrues, algues envahissantes : le changement climatique pèse lourd sur une filière qui a traversé bien des crises. Des pistes d'adaptation sont à l'étude.

La rivière Bélon, dont les huîtres plates sont réputées pour leur goût de noisette, fait figure de symbole pour l’ostréiculture finistérienne. Mais derrière la réputation, les chiffres inquiètent. Selon TF1 Info, la production bretonne recule de 30 % par rapport aux années précédentes. En 2022, la canicule avait déjà provoqué une baisse de 20 % en Bretagne, selon les données du programme MITIC financé par le FEAMPA.

Des eaux plus chaudes, des huîtres plus fragiles

Le réchauffement des eaux favorise le développement de la bonamie, une maladie parasitaire qui frappe l’huître plate Ostrea edulis, espèce emblématique du Bélon. Les épisodes de chaleur extrême provoquent des mortalités massives dans les parcs. Les algues vertes constituent une autre menace. Comme l’a documenté Reporterre dans la baie de Morlaix, ces invasions - liées au réchauffement et aux intrants agricoles - étouffent les huîtres élevées au sol. Un risque jugé similaire pour les rias du Bélon.

Face à ces menaces, le projet MITIC, cofinancé par le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (FEAMPA), expérimente depuis 2022 des solutions d’adaptation : bassins à température contrôlée, nouvelles pratiques d’élevage. L’objectif est de proposer des outils concrets aux conchyliculteurs bretons.

Un patrimoine déjà fragilisé par le passé

Publicité

Ce n’est pas la première fois que l’huître du Bélon frôle la disparition. À la fin du XVIIIe siècle, la surpêche avait quasiment anéanti les populations sauvages, selon Ouest-France. C’est au XIXe siècle, grâce à des efforts de repeuplement, que la production a été relancée. La première huîtrière sur la rivière Bélon remonte à 1864, selon le site de la Huîtrière du Château de Bélon.

Sensibilisation lors de la Semaine des Rias

Pour faire connaître ces enjeux, deux événements sont programmés dans le cadre de la Semaine des Rias. Le 19 avril 2026, une visite des parcs à huîtres est organisée à Riec-sur-Bélon, avec présentation des méthodes d’élevage et des différences entre huîtres plates et creuses, selon le site de Quimperlé Les Rias. Le 25 avril, une dégustation est prévue au restaurant Chez Jacky, face à la ria du Bélon, avec des explications sur l’histoire de la filière et ses défis climatiques actuels, selon l’office de tourisme Forêt-Fouesnant.

Prochaine étape : la dégustation du 25 avril au restaurant Chez Jacky sera l’occasion pour les ostréiculteurs de présenter directement au public les enjeux qui pèsent sur la rivière Bélon.

Sources

Yann Le Goff

Yann Le Goff

Installé à Quimper, couvre la pêche, l'agroalimentaire breton, les tensions sur la langue bretonne et les fermetures de lignes ferroviaires. Diplômé de Sciences Po Rennes, il a travaillé en radio locale avant de rejoindre la rédaction web. Posture : connaître les armateurs, les coopératives laitières, les associations culturelles, vérifier chaque subvention publique avant de conclure.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie