Benoît Paire reprend l’entraînement après un an de galère physique
Benoît Paire a annoncé le 13 juillet son retour à l'entraînement. Le message est sobre « Back on court ». Derrière, un an de blessures, vingt infiltrations, et un classement effondré au-delà du top 900.
Benoît Paire a annoncé le 13 juillet son retour à l'entraînement. Le message est sobre « Back on court ». Derrière, un an de blessures, vingt infiltrations, et un classement effondré au-delà du top 900.
Benoît Paire a publié « Back on court » sur ses réseaux le 13 juillet. Pas de photo spectaculaire, pas de déclaration fracassante. Une reprise « en douceur » après plusieurs mois hors des courts. Son dernier match officiel remonte au 27 janvier à Quimper. Six mois de silence.
La saison 2026 de Paire se résume à deux tournois Challenger: Soma Bay en Égypte, Quimper. Zéro victoire. Depuis fin janvier - le corps a dit non. En juin, il devait jouer Troyes. Blessure à l’entraînement. Il renonce. Puis Liège. Même scénario. Entre-temps, il a été consultant pour France Télévisions pendant Roland-Garros. Le micro remplace la raquette.
Le dos, le poignet, le genou: un corps qui lâche
Paire traîne une blessure au dos depuis un an. Huit infiltrations ont été tentées, sans régler le problème. Au poignet, ce sont douze infiltrations en un an et demi - puis une pause forcée. En septembre 2025, abandon à Orléans pour le genou gauche.
Ces chiffres appellent une clarification: les huit infiltrations du dos portent sur douze mois, tandis que les douze du poignet s’étendent sur dix-huit mois. L’addition donne vingt infiltrations en dix-huit mois, mais il s’agit de deux séries distinctes sur deux zones corporelles et deux temporalités différentes. Le total brut ne reflète donc pas une même période de soins.
Le classement s’effondre: 506e place après la pause de juillet 2025 - 680e après Orléans - au-delà du top 900 début 2026.
En juillet 2025, il avait lâché une phrase: « si [il] force, ça va vraiment casser ». Le diagnostic est binaire. Soit il attend que le corps tienne, soit il arrête. Il a choisi d’attendre.
Ce que personne ne dit: le précédent de 2018
Paire a déjà connu ce cycle. Janvier 2018: déchirure de 5 millimètres aux abdominaux. Mars 2018: problèmes de dos à Indian Wells. Il avait continué. Huit ans plus tard, à 37 ans - le corps ne pardonne plus. La différence, c’est le classement: en 2018, il était dans le top 50. Aujourd’hui, il n’apparaît plus dans les classements officiels. Rejouer sans ranking, c’est repartir de zéro sur le circuit Challenger. À 37 ans.
L’objectif: finir devant son public
Paire a répété son intention: « finir [sa] carrière sur le court de tennis » et « dire au revoir au public et arrêter comme [il le] souhaite ». Pas de retraite annoncée dans un communiqué, pas de fin par forfait. Il veut un dernier match, contrôlé, devant des tribunes françaises. Pour ça, il faut que le dos tienne. Et qu’un organisateur de Challenger lui file une wild card.
Le silence de la fédération
Aucune source consultée ne mentionne un accompagnement médical structuré. Paire a multiplié les infiltrations - mais le cadre reste flou. Pas de kiné fédéral cité, pas de protocole de retour évoqué. Le joueur gère seul, avec son entourage proche. Ce silence interroge: un ancien 18e mondial qui enchaîne vingt infiltrations en dix-huit mois sans solution, c’est aussi un signal d’alerte sur le suivi des joueurs en fin de carrière. Les trentenaires blessés naviguent à vue.
Une reprise sans garantie
« En douceur » ne dit pas grand-chose. Aucun calendrier de compétition n’a été annoncé: Paire ne donne ni date de retour, ni tournoi visé. Les séances d’entraînement sont qualifiées de légères, sans engagement physique intensif. Reprendre « en douceur » signifie pour l’heure un travail de reconditionnement, sans objectif de match immédiat. Le message du 13 juillet est un jalon, pas une promesse. À 37 ans - avec un corps qui a lâché trois fois en dix-huit mois (poignet, genou, dos), chaque séance est un test. Le pari: tenir assez longtemps pour dire au revoir. Le risque: casser avant.