Bergerac rend hommage au résistant Fernand Audouin, 82 ans après son arrestation
Le 10 juin 2026, la Ville et la gendarmerie se sont réunies rue Valette pour commémorer l'arrestation du sous-lieutenant par la Gestapo en 1944.
Bergerac a rendu hommage ce mercredi au sous-lieutenant Fernand Audouin, chef de brigade arrêté par la Gestapo le 10 juin 1944 devant la gendarmerie de la rue Valette. La cérémonie, organisée par la Ville et la gendarmerie, s'est tenue 82 ans jour pour jour après les faits.
L’essentiel
- Date et lieu : Cérémonie le 10 juin 2026 à 10h30 devant l’ancienne gendarmerie du 28 rue Valette à Bergerac.
- Qui était Audouin : Sous-lieutenant de gendarmerie, né le 11 septembre 1903 à Cognac, arrêté par la Gestapo le 10 juin 1944 avec quatre gendarmes, mort en déportation le 7 mars 1945.
- Accès réglementé : Arrêté municipal 2026-1119 ; public admis uniquement par la rue Cyrano et la rue Montauriol.
- Organisateurs : Ville de Bergerac et gendarmerie, avec la participation du Souvenir Français (comité de Bergerac, président Frédéric Gontier).
82 ans jour pour jour
La date n’est pas un hasard. Le 10 juin 1944, le sous-lieutenant Fernand Audouin, chef de brigade à Bergerac, est arrêté par la Gestapo au sein même de la gendarmerie de la rue Valette, avec quatre de ses collègues. C’est ce même jour, en 2026, que la Ville de Bergerac et la gendarmerie ont choisi pour se réunir devant l’ancienne caserne, selon le site officiel de la mairie.
Audouin avait refusé la capitulation de 1940 et rejoint la Résistance via le Réseau Andalousie. Déporté, il meurt le 7 mars 1945. Son nom a été donné à la caserne de la rue Valette, selon des documents du Souvenir Français consultés par la rédaction. L’ancienne gendarmerie de Bergerac porte ainsi son hommage dans la pierre.
Un accès public encadré
Pour la cérémonie, la circulation et le stationnement rue Valette ont été réglementés par l’arrêté municipal référencé 2026-1119. Les habitants et curieux souhaitant assister à l’hommage ont été dirigés uniquement par la rue Cyrano et la rue Montauriol, selon les informations relayées sur les réseaux sociaux.
La Ville de Bergerac a publié un retour photographique sur sa page Facebook à l’issue de la cérémonie, avec la mention : « Ce matin, la Ville de Bergerac et la gendarmerie se sont réunies. »
Contexte dans la Dordogne
Bergerac compte environ 27 800 habitants selon les derniers recensements INSEE (2023). La ville organise régulièrement des cérémonies commémoratives : 8 mai, 14 juillet, anniversaire de la Libération du 24 août. Ces rendez-vous se tiennent généralement place Gambetta ou sur les sites mémoriaux de la commune, selon l’agenda officiel de la mairie.
La Dordogne, département fortement marqué par la Seconde Guerre mondiale, compte plusieurs réseaux de Résistance actifs entre 1940 et 1944. Le comité local du Souvenir Français en Dordogne est impliqué dans la transmission de cette mémoire, notamment à Bergerac où le président Frédéric Gontier coordonne les actions commémoratives. La gendarmerie nationale, partenaire de la cérémonie, entretient un lien institutionnel fort avec la figure d’Audouin, l’un des siens.
Le Réseau Andalousie, une page locale de la Résistance
Né à Cognac (Charente) le 11 septembre 1903, Fernand Audouin fait carrière comme sous-officier de gendarmerie. Après la défaite de 1940, il refuse la collaboration et s’engage dans le Réseau Andalousie, l’un des réseaux actifs en Périgord pendant l’Occupation. Son arrestation le 10 juin 1944 - soit quatre jours après le débarquement en Normandie - illustre la répression qui frappe alors les résistants dans toute la France. Selon FranceArchives, sa déportation le conduit jusqu’au camp de Flossenbürg.
La cérémonie de ce 10 juin s’inscrit dans une tradition mémorielle locale que la Ville et la gendarmerie maintiennent depuis plusieurs années devant l’ancienne caserne qui porte son nom.

