Berges de Seine : la piétonnisation au cœur de la bataille des municipales 2026

À Paris, le débat sur les voies sur berges revient au premier plan à l'approche des élections municipales de mars 2026.

Berges de Seine : la piétonnisation au cœur de la bataille des municipales 2026
Illustration Julie Renault / info.fr

Dix ans après sa mise en œuvre, la piétonnisation des berges de Seine rive droite divise toujours. Candidats et préfecture remettent le dossier sur la table. Le scrutin municipal des 15 et 22 mars a cristallisé les positions.

Les voies sur berges de Paris n’en finissent pas de faire débat. Créées en 1967 sous Georges Pompidou comme voie express urbaine, elles ont été fermées aux voitures en septembre 2016 par Anne Hidalgo, à titre expérimental. Le Conseil de Paris avait approuvé la mesure le 26 septembre 2016, avec les voix de la gauche et des écologistes, selon Libération. Quarante-neuf ans d’usage automobile prenaient fin.

Une décision validée non sans turbulences juridiques

Le chemin n’a pas été sans accrocs. En février 2018, le Tribunal administratif de Paris a annulé la piétonnisation, jugeant insuffisante l’étude d’impact sur la circulation et les émissions polluantes, notamment dans l’est parisien. La mairie a réagi rapidement : en mars 2018, Anne Hidalgo signait un nouvel arrêté, cette fois fondé sur la protection du patrimoine mondial UNESCO des rives de la Seine. En octobre 2018, la Cour administrative d’appel de Paris validait définitivement la mesure, selon France Inter.

Du côté de la qualité de l’air, le bilan est nuancé. Selon Airparif, la piétonnisation a amélioré l’air le long des quais concernés. En contrepartie, le report de trafic a entraîné une hausse de la pollution de 1 à 2 % dans l’est parisien. L’impact global sur l’exposition de la population reste jugé non significatif.

Les municipales relancent le débat

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À l’approche des élections municipales - premier tour le 15 mars 2026, second tour le 22 mars - le dossier retrouve une place centrale. Le 5 avril 2026, la préfecture de Paris examinait les impacts environnementaux d’une possible révision ou extension de la piétonnisation, selon Reporterre.

Les candidats affichent des positions tranchées. Rachida Dati a annoncé qu’elle ne reviendrait pas sur la mesure :

Sarah Knafo propose, elle, une tout autre direction. La candidate veut rouvrir les voies aux voitures et construire au-dessus une promenade pour piétons, cyclistes et PMR. Coût annoncé : 60 millions d’euros.

Selon l’Institut Montaigne, ce projet est présenté comme bénéfique pour la qualité de l’air, le bruit et la fluidité. Clément Beaune conteste cette analyse. Sur X, il estime que le coût réel serait au moins dix fois supérieur aux 60 millions annoncés, et que rouvrir les berges à la circulation aggraverait inévitablement pollution et bruit.

Un dossier ancien, des clivages durables

Le débat oppose, comme en 2016, partisans d’une ville apaisée et défenseurs de la mobilité automobile. Les arguments environnementaux sont mobilisés des deux côtés. La préfecture n’a pas encore rendu ses conclusions sur l’examen du 5 avril. Le résultat des municipales déterminera vraisemblablement l’issue du dossier pour les années à venir.

Sources

Julie Renault

Julie Renault

Basée à Paris, elle traite la mairie, les tensions sur le logement, les transports et les débats sur la piétonnisation. Diplômée du CFJ, elle a travaillé en agence avant de s'ancrer à Paris. Ligne de travail : interroger les élus, les associations de riverains, les syndicats de transports, vérifier les budgets municipaux avant de publier.

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