Besançon : pas de fan-zone pour le Mondial 2026, le maire cite 17 000 € par match
Ludovic Fagaut (LR) invoque le coût élevé et le contexte sécuritaire pour refuser tout écran géant, au moins pour l'instant.
Le maire de Besançon, Ludovic Fagaut (LR), a annoncé qu'il n'y aura pas de fan-zone ni d'écran géant en ville pour le début de la Coupe du monde 2026. Il chiffre l'installation à 17 000 euros par match. La décision est qualifiée de provisoire, mais l'opposition la conteste déjà.
L’essentiel
- Coût avancé : 17 000 € par match, soit environ 50 000 € pour cinq matchs, selon la municipalité.
- Décision provisoire : le maire qualifie son refus de « pour l’instant », sans calendrier de réévaluation précis.
- Opposition : le conseiller PCF Hasni Alem qualifie cette décision d’« erreur ».
- Contexte : la Coupe du monde 2026 a débuté le 11 juin avec Mexique - Afrique du Sud ; des violences avaient éclaté à Besançon le 30 mai après la victoire du PSG en Ligue des champions.
- Territoire : Besançon compte environ 120 000 habitants (INSEE 2022).
Le refus du maire : coût et sécurité
Ludovic Fagaut, maire LR de Besançon, a tranché : il n’y aura pas de fan-zone au lancement de la Coupe du monde de football 2026. La décision a été rendue publique avant le coup d’envoi du tournoi, le 11 juin, jour du match d’ouverture Mexique - Afrique du Sud.
La municipalité chiffre l’opération à 17 000 euros par match - location d’écran géant, sonorisation, barrières, secourisme, agents de sécurité. Pour cinq matchs, la note approcherait 50 000 euros, selon France 3 Franche-Comté et l’Est Républicain. Le maire juge ce montant difficile à justifier au regard des contraintes d’organisation que cela implique.
L’argumentaire sécuritaire est également central. La ville invoque les incidents du 30 mai 2026 : après la victoire du PSG en Ligue des champions, une cinquantaine de personnes avaient pris à partie des policiers au centre-ville, avec des caillassages et l’usage de lacrymogènes, selon l’Est Républicain. Des policiers avaient été blessés. Ce précédent pèse visiblement dans l’équation municipale.
Une décision « pour l’instant »
Le refus n’est pas présenté comme définitif. Ludovic Fagaut a utilisé les formules « pour l’instant » et « pas dans l’immédiat », laissant entendre que le dossier pourrait être « retravaillé » si la situation évolue - notamment en cas de bon parcours de l’équipe de France. Aucune date ni condition précise n’a été communiquée à ce stade.
Cette réserve rappelle la posture adoptée par d’autres villes françaises. Selon Le Dauphiné Libéré, Lyon, Grenoble et Nancy n’ont pas non plus prévu d’écran géant pour les premières semaines du tournoi, tout en gardant la porte ouverte pour une éventuelle finale.
L’opposition PCF monte au créneau
Hasni Alem, conseiller municipal PCF, ne partage pas cette analyse. Interrogé par maCommune.info, il qualifie l’absence de fan-zone d’« erreur ». Son argument est paradoxal : selon lui, une zone officielle et encadrée permettrait précisément d’améliorer la sécurité, en canalisant les supporters dans un espace dédié plutôt que de les disperser dans les rues ou dans les bars.
Il plaide aussi pour la dimension collective de l’événement - partager les matchs en plein air, dans un cadre festif et sécurisé, ferait partie du lien social que la ville devrait entretenir lors d’un tournoi mondial.
Les cafetiers s’interrogent
En l’absence de dispositif municipal, des cafetiers bisontins expriment des inquiétudes, selon ICI (ex-France Bleu). Sans fan-zone officielle, les rassemblements se reporteront mécaniquement vers les bars, qui devront gérer eux-mêmes les affluences, sans les moyens logistiques d’une organisation publique. « C’est dommage », résume l’un d’eux, cité par la même source.
Contexte dans le Doubs
Besançon, préfecture du Doubs et ville de quelque 120 000 habitants selon l’INSEE (recensement 2022), n’en est pas à sa première abstention sur ce type d’événement. En 2022, sous la précédente municipalité de gauche, la ville avait également renoncé à un écran géant pour le Mondial au Qatar, invoquant la cohérence avec d’autres villes, selon maCommune.info. La continuité de position transcende donc les majorités.
Dans le même département, Pontarlier fait un choix inverse : la ville prévoit une fan-zone avec écran géant pour certains matchs de l’équipe de France, selon sa communication municipale. Le contraste entre les deux villes du Doubs illustre la diversité des approches locales face à un événement que les communes ne sont nullement tenues d’organiser.
La situation bisontine s’inscrit aussi dans un contexte municipal récent : Ludovic Fagaut a été élu maire en mars 2026, après la bascule à droite de la ville. Ce refus de fan-zone est l’une de ses premières décisions visibles sur un dossier à forte résonance populaire. Pour aller plus loin sur l’actualité locale, on peut noter que l’internat Margot du lycée Pergaud a été vandalisé peu après son inauguration, et que les consultations d’enfants victimes de violences ont quasi doublé en 2025 au CHU de Besançon - deux dossiers qui éclairent les enjeux de tranquillité publique dans la ville.
Et maintenant ?
La mairie n’a fixé aucune échéance pour revoir sa position. Si l’équipe de France progresse dans le tournoi, la pression politique et médiatique pourrait pousser à une réévaluation - comme plusieurs villes l’ont laissé entendre. La question d’un écran géant pour la finale reste donc, officiellement, ouverte.
Sources
- France 3 Franche-Comté : 17.000 euros par match : à Besançon, pourquoi le maire n'a pas voulu d'une fan-zone pour le Mondial 2026
- L'Est Républicain : Coupe du monde : pas de fan-zone à Besançon… pour l'instant
- maCommune.info : L'absence de fan zone à Besançon est une erreur pour Hasni Alem
- ICI (ex-France Bleu) : "C'est dommage" : pas de fan zone à Besançon pour le Mondial 2026
