Béziers : un prêtre anciennement à Font-Neuve visé par une enquête pour faits sexuels sur mineur

Le père Xavier Zabaleta, ex-directeur de l'Œuvre de jeunesse biterroise, a été auditionné le 3 juin 2026. L'évêque de Bayonne lui interdit tout ministère public.

Béziers : un prêtre anciennement à Font-Neuve visé par une enquête pour faits sexuels sur mineur
Illustration Sarah Bertrand / info.fr

Un prêtre sexagénaire ayant exercé à Béziers jusqu'en 2022 est visé par une enquête du parquet local pour des faits de nature sexuelle sur un mineur. L'évêque de Bayonne, Mgr Marc Aillet, a pris des mesures conservatoires immédiates après son audition par la police le 3 juin 2026.

L’essentiel

  • Audition : Le père Xavier Zabaleta a été entendu par la police le 3 juin 2026 ; il conteste les accusations.
  • Signalement initial : L’archevêque de Montpellier a alerté le procureur de Béziers dès le 14 juin 2024 pour « actes contraires au sixième commandement avec mineur ».
  • Mesures ecclésiales : Interdiction de tout ministère public et de confesser dans le diocèse de Bayonne, fin de mission à Urrugne, remise à sa communauté à Béziers, signalement à Rome.
  • Enquête en cours : Le procureur Arnaud Faugère confirme l’enquête ; aucune poursuite n’a été engagée à ce stade.
  • Présomption d’innocence : Expressément rappelée par le diocèse de Bayonne dans son communiqué officiel.

Un prêtre biterrois désormais dans le viseur du parquet

Le père Xavier Zabaleta, né en 1960 à Donostia/San Sebastián (Pays basque espagnol), prêtre depuis 1991 et religieux depuis 1994 au sein de la congrégation du Sacré-Cœur de Jésus (Pères de Timon David), est visé par une enquête du parquet de Béziers pour des faits de nature sexuelle sur un mineur. Les faits présumés auraient eu lieu à Béziers en 2024, selon le communiqué officiel du diocèse de Bayonne.

L’intéressé a exercé au quartier Font-Neuve, à Béziers, comme vicaire et directeur de l’Œuvre de jeunesse de la Font-Neuve. Il a quitté la ville en juin 2022 - officiellement pour se rapprocher de sa mère malade - avant de rejoindre Urrugne (Pyrénées-Atlantiques) le 1er septembre 2022, dans le cadre d’une convention triennale avec le diocèse de Bayonne.

Un signalement vieux de deux ans, une information tardive de l’évêque

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Le calendrier des alertes institutionnelles est précis. L’archevêché de Montpellier a transmis un signalement au procureur de la République de Béziers le 14 juin 2024, visant des « actes contraires au sixième commandement avec mineur ». Mais Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, n’en a été formellement informé que le 11 mars 2026, selon son propre communiqué publié sur le site du diocèse de Bayonne.

Ce délai - près de neuf mois entre le signalement au parquet et l’information de l’évêque du diocèse d’accueil - n’a pas été expliqué publiquement à ce stade par les parties concernées. La communication entre diocèses dans ce type de procédure reste soumise au droit canonique et aux obligations légales de signalement, dont les articulations sont parfois complexes.

Audition du 3 juin et mesures conservatoires immédiates

Le père Zabaleta a été auditionné par la police le 3 juin 2026. Il conteste les accusations, selon Midi Libre. Le procureur de Béziers, Arnaud Faugère, a confirmé l’existence de l’enquête tout en précisant qu’aucune poursuite n’avait été engagée à ce stade.

Dans la foulée de cette audition, Mgr Marc Aillet a annoncé plusieurs décisions conservatoires : interdiction de tout ministère public dans le diocèse de Bayonne, interdiction de confesser, fin de la mission à Urrugne (la convention triennale était arrivée à échéance). Le prêtre a été remis à sa communauté religieuse, qui assure désormais son suivi. Un signalement a également été adressé au Dicastère pour la Doctrine de la foi à Rome.

À Urrugne, la nouvelle tombe lors de la messe

Le communiqué de l’évêché a été lu aux paroissiens d’Urrugne lors de la messe du week-end des 6 et 7 juin 2026. Selon La Dépêche du Midi et Sud Ouest, les fidèles ont décrit la révélation comme un « tremblement de terre » ou un « coup de tonnerre ». Le père Zabaleta était décrit comme un prêtre qui avait « recréé une communauté » dans cette commune du Pays basque.

Dans son communiqué, le diocèse de Bayonne affirme sa « totale coopération avec les autorités judiciaires pour que toute la vérité soit faite », tout en rappelant expressément « la présomption d’innocence du père Xavier Zabaleta ».

Contexte dans l’Hérault

L’affaire prend sa source à Béziers, deuxième ville de l’Hérault avec environ 77 000 habitants. Le quartier Font-Neuve, où le père Zabaleta officait, est un secteur populaire de la ville où l’Œuvre de jeunesse constitue un acteur de proximité pour les familles. C’est dans ce cadre associatif et paroissial que les faits présumés auraient eu lieu, selon les éléments transmis au parquet.

La question des abus sexuels au sein de l’Église catholique est un sujet de premier plan en France depuis le rapport Sauvé de 2021, qui estimait à 330 000 le nombre de victimes depuis les années 1950. Plusieurs enquêtes locales pour faits sur mineurs ont été ouvertes ces dernières années dans différentes régions, dans et hors contexte ecclésiastique. L’Hérault n’avait pas été récemment épargné par des affaires similaires impliquant des figures de proximité.

Le parquet de Béziers, sollicité par plusieurs rédactions dont Midi Libre et Le Monde, n’a pas fourni davantage de précisions sur le calendrier de l’enquête. La nature exacte des faits et l’identité de la victime présumée n’ont pas été rendues publiques.

Une procédure judiciaire et canonique en parallèle

L’affaire mobilise deux niveaux de procédure simultanés. Sur le plan judiciaire, l’enquête préliminaire se poursuit sous l’autorité du procureur Faugère, sans mise en examen ni renvoi en jugement annoncés. Sur le plan canonique, le signalement au Dicastère pour la Doctrine de la foi ouvre la voie à une procédure interne à l’Église, distincte de la procédure pénale française.

Ce double mécanisme - justice civile et justice ecclésiastique - est désormais systématisé par l’Église catholique française depuis les recommandations post-rapport Sauvé. En Hérault, où plusieurs structures diocésaines de Montpellier sont actives, l’archevêché avait pris l’initiative du signalement au parquet dès juin 2024, ce qui correspond aux obligations légales en vigueur.

La couverture de l’affaire par Midi Libre, Le Figaro, Le Monde, Sud Ouest, La Dépêche du Midi et Libération converge sur les mêmes faits et s’appuie sur le communiqué officiel du diocèse de Bayonne ainsi que sur les déclarations du parquet de Béziers.

La prochaine étape dépend des conclusions de l’enquête préliminaire du parquet de Béziers, dont aucun délai n’a été communiqué à ce jour.

Sarah
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Sources

Sarah Bertrand

Sarah Bertrand

Sarah est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Hérault (34), avec Montpellier pour chef-lieu. Spécialité du département : Montpellier (1ere croissance demographique française) et viticulture. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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