Blocage des prisons de Dunkerque et Longuenesse : les surveillants disent stop
CGT Pénitentiaire et UFAP ont interdit l'accès aux tiers ce lundi dans le cadre d'une mobilisation nationale contre la surpopulation carcérale.
Ce lundi 27 avril 2026, les maisons d'arrêt de Dunkerque et de Longuenesse sont bloquées par leurs personnels. Les syndicats CGT Pénitentiaire et UFAP dénoncent la surpopulation carcérale et les sous-effectifs chroniques. Le mouvement s'inscrit dans une journée nationale d'action.
Dès ce lundi matin, le personnel pénitentiaire de Dunkerque et de Longuenesse a filtré les entrées de leurs établissements, interdisant l’accès à toute personne étrangère à l’administration pénitentiaire. À l’appel des syndicats CGT Pénitentiaire et UFAP, le mouvement vise à alerter sur des conditions de travail jugées intenables, selon Delta FM.
Une crise nationale qui touche durement le Nord
Le blocage local fait écho à un appel lancé à l’échelle nationale par l’UFAP-Unsa Justice pour ce même 27 avril. Le syndicat chiffre à 5 000 le nombre de postes de surveillants vacants dans l’ensemble des établissements français, et recense près de 5 000 agressions physiques par an contre les agents, selon Le Figaro. Dans les Hauts-de-France, la pénurie est estimée à 300 postes. D’autres prisons de la région, dont celles de Valenciennes et Maubeuge, participent également au mouvement, rapporte La Voix du Nord.
Au niveau national, les chiffres publiés par Le Monde sont éloquents : au 1er mars 2026, les prisons françaises hébergeaient 87 126 détenus, pour un taux d’occupation global de 137,5 %, un record historique en hausse de 6,1 % sur un an. Dans les maisons d’arrêt, ce taux grimpe à 168,4 %. Le nombre de matelas au sol est passé de 4 490 en 2025 à 6 596 en 2026, selon France Info.
Un précédent en avril dans le Nord
Ce n’est pas la première fois que les agents pénitentiaires du département franchissent ce cap. Le 9 avril 2026, un débrayage avait déjà touché plusieurs prisons nordistes, avec un blocage à Sequedin et une manifestation à Lille, déjà axés sur les mêmes revendications, selon La Voix du Nord. La mobilisation du 27 avril constitue une intensification de ce rapport de force.
L’UFAP-Unsa résume la situation dans un communiqué : « Avec 88 000 détenus aujourd’hui, la réalité nous donne raison et confirme l’obligation d’agir. » La CGT Pénitentiaire soutient pleinement l’action unitaire, contrairement à FO Justice qui ne s’y est pas associé, précise le syndicat sur son site.
La mobilisation du jour dans le Nord illustre une tension qui dépasse largement les frontières du département. Des opérations de sécurité renforcée dans le Pas-de-Calais voisin témoignent d’un contexte régional tendu pour les forces de l’ordre au sens large. Plus généralement, la question des conditions carcérales nourrit un débat qui touche aussi les suites judiciaires de faits divers partout en France, où la chaîne pénale reste sous pression.
Prochaine étape : assemblées générales post-blocage
Après la journée de blocage, des assemblées générales locales sont prévues pour organiser la suite du mouvement, selon l’UFAP sur son site. Les deux syndicats entendent maintenir la pression sur le gouvernement pour obtenir des mesures d’urgence sur les effectifs et la surpopulation carcérale.
Sources
- Delta FM : Dunkerque, Longuenesse : les prisons seront bloquées ce lundi
- Le Figaro : Surpopulation carcérale, violence, postes manquants… vent de colère au sein du personnel pénitentiaire
- La Voix du Nord : Surpopulation carcérale, manque d'effectifs… La prison de Valenciennes devrait être bloquée lundi
- Le Monde : Surpopulation carcérale : l'UFAP-UNSA appelle au blocage des prisons lundi