Blois : deux ans ferme pour avoir espionné son ex avec caméras et GPS
Malgré une interdiction judiciaire depuis 2023, un quinquagénaire du Loir-et-Cher a continué de surveiller son ex-compagne jusqu'à sa condamnation.
Le tribunal correctionnel de Blois a condamné Benoît Vincent à deux ans de prison ferme le 20 avril 2026. Cet habitant du Loir-et-Cher avait installé des caméras et un traceur GPS pour épier son ex-compagne à Gombergean, en violation d'une interdiction judiciaire.
Séparation en 2023. Interdiction de contact prononcée par la justice. Trois ans plus tard, Benoît Vincent n’avait rien changé à ses pratiques. Ce quinquagénaire du Loir-et-Cher a posé un traceur GPS sous la voiture de son ex-compagne et installé des caméras autour de son domicile à Gombergean, en février 2026. Selon La Nouvelle République, il était déjà connu de la justice pour harcèlement moral et psychologique depuis la rupture.
Une perquisition met fin à la surveillance
C’est une perquisition au domicile de Vincent qui a permis de saisir les dispositifs et d’établir la persistance des actes. Les enquêteurs ont ainsi confirmé que la surveillance durait malgré les décisions judiciaires antérieures. Le journaliste local Olivier H. a relayé l’affaire sur X :
Le 20 avril 2026, le tribunal correctionnel de Blois a prononcé une peine de deux ans de prison ferme. Les motivations exactes du jugement et les détails de la procédure n’ont pas été communiqués publiquement au-delà de ces éléments.
Un contexte local et national sous tension
Cette affaire intervient dans un département marqué par plusieurs faits graves ces derniers mois. En janvier 2026, un homme avait été condamné à 15 ans de prison à Blois pour tentative de féminicide sur son ex-compagne, après des plaintes restées sans suite. En septembre 2025, une femme de 30 ans avait été tuée par son conjoint à Salbris, toujours dans le Loir-et-Cher, selon le collectif NousToutes.
Au niveau national, les chiffres sont alarmants. Les violences physiques enregistrées par les forces de l’ordre ont progressé de 5 % en 2025, avec 473 000 victimes, dont plus de la moitié dans la sphère familiale, selon le ministère de l’Intérieur. Les violences sexuelles ont augmenté de 8 %, atteignant 132 300 victimes, majoritairement des femmes, d’après Le Monde. En 2024, 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France, selon le ministère.
En Loir-et-Cher, le bilan préfectoral de 2024 notait un recul de 2,9 % des violences sexuelles par rapport à 2023, avec un taux inférieur à la moyenne nationale. Mais les faits récents - dont cette affaire de surveillance technologique - illustrent la persistance du phénomène sous des formes variées. Le harcèlement par dispositifs connectés reste une réalité difficile à détecter et à prouver sans enquête approfondie.
Pour les victimes de violences conjugales, le numéro national d’écoute est le 3919 (gratuit, 24h/24).
Sources
- La Nouvelle République : Caméras dans le jardin, traceur GPS sous la voiture : il continue de surveiller son ex-compagne en Loir-et-Cher
- Ouest-France : Tentative de féminicide à Blois : l'ex-compagnon de la victime condamné à 15 ans de prison
- Ministère de l'Intérieur : Victimes de violences physiques et sexuelles enregistrées en hausse en 2025
- Le Monde : Hausse des violences physiques et sexuelles en France en 2025