Bluetongue au Royaume-Uni : 54 cas confirmés depuis juillet
Cinquante nouveaux foyers de fièvre catarrhale ovine ont été recensés en Angleterre et au Pays de Galles depuis le 1er juillet 2026
Le gouvernement britannique a confirmé 54 cas de bluetongue de sérotype 3 depuis le début du mois de juillet, dont cinq nouveaux le 28 juillet dans le Devon et le Somerset. Une situation qui inquiète les éleveurs, avec des conséquences directes sur les échanges d'animaux avec la France.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- 54 cas de BTV-3 confirmés au Royaume-Uni depuis le 1er juillet 2026, dont 50 en Angleterre et 4 au Pays de Galles (GOV.UK)
- Cinq nouveaux cas confirmés le 28 juillet 2026, principalement chez des moutons dans le Devon et le Somerset
- Aucun cas signalé en Écosse ni en Irlande du Nord à ce stade
- Le gouvernement finance les tests diagnostiques pour jusqu'à trois animaux suspects par exploitation
- Aucune protection croisée n'existe entre les vaccins BTV-3 et BTV-8, selon l'AHDB
Le compteur continue de grimper. Selon les données publiées par le gouvernement britannique (GOV.UK), 54 cas de fièvre catarrhale ovine de sérotype 3, dite BTV-3, ont été confirmés au Royaume-Uni depuis le 1er juillet 2026. La répartition penche fortement vers l’Angleterre, avec 50 foyers recensés, contre 4 au Pays de Galles. Aucun cas n’a en revanche été signalé en Écosse ni en Irlande du Nord à ce stade.
Cinq nouveaux foyers dans le Sud-Ouest anglais
La dernière mise à jour gouvernementale, datée du 29 juillet, fait état de cinq nouveaux cas confirmés en Angleterre, principalement chez des moutons dans le Devon et le Somerset. Les animaux touchés présentaient des signes cliniques nets : léthargie, fièvre, ulcères buccaux et croûtes nasales, selon les précisions apportées par GOV.UK. Dans certains cas, la maladie a entraîné la mort des bêtes.
Le ministère britannique de l’Agriculture publie des points de situation quotidiens sur l’évolution des signes cliniques et des résultats de tests, un rythme qui traduit la surveillance rapprochée mise en place sur le terrain.
Un virus qui a survécu à l’hiver
Ce qui inquiète particulièrement les professionnels du secteur, c’est la capacité du virus à s’être maintenu pendant la période hivernale. Selon le média spécialisé Farmers Weekly, cette persistance change la donne par rapport aux épisodes précédents, où le froid limitait habituellement la propagation. La bluetongue se transmet par des moucherons piqueurs, dont l’activité augmente avec les températures estivales, comme le rappelle le gouvernement gallois (GOV.WALES). Des étés plus chauds et plus longs offrent donc davantage de fenêtres de transmission à ces insectes vecteurs.
La maladie ne présente aucun risque pour l’homme. Elle reste en revanche lourde de conséquences pour les élevages ovins et bovins, avec des pertes de production, des avortements et parfois des mortalités.
Zones de restriction et tests financés
Face à la progression des cas, des zones de restriction ont été étendues à l’ensemble du territoire anglais, avec un niveau de risque de transmission qualifié de moyen par les autorités sanitaires. Concrètement, ces zones encadrent les mouvements d’animaux vivants entre exploitations et vers l’exportation.
Le gouvernement britannique prend en charge les tests diagnostiques pour un maximum de trois animaux suspects par exploitation, une mesure destinée à encourager les éleveurs à signaler rapidement les symptômes plutôt qu’à attendre. Autre point de vigilance souligné par l’organisme agricole AHDB : il n’existe aucune protection croisée entre les vaccins ciblant le BTV-3 et ceux conçus pour le BTV-8, une autre souche déjà connue. Les éleveurs doivent donc s’assurer d’utiliser le bon vaccin selon la souche circulant localement.
Ce que ça signifie pour la France
Pour les éleveurs français, la situation britannique n’est pas qu’une affaire lointaine. Les mouvements d’animaux vivants et de matériel génétique entre le Royaume-Uni et le continent sont soumis à des règles sanitaires strictes, et toute extension des zones de restriction outre-Manche se traduit par des contraintes supplémentaires de certification pour les importateurs européens. La bluetongue circule également par intermittence dans plusieurs régions françaises depuis quelques années, ce qui rend la vigilance transmanche d’autant plus suivie par les filières d’élevage des deux côtés de la Manche.
Les autorités britanniques insistent sur la vaccination et la surveillance renforcée des troupeaux comme principaux leviers pour freiner la propagation avant l’automne, période où l’activité des moucherons diminue habituellement.
Le gouvernement britannique a indiqué que les mises à jour resteront quotidiennes tant que de nouveaux foyers seront détectés. La trajectoire des prochaines semaines dira si le pic estival marque un plateau ou une accélération supplémentaire.
