Bobigny : la préfecture coordonne la lutte contre les LGBTphobies avec le parquet et les associations

Un plan départemental signé en février 2026 structure désormais un parcours complet pour les victimes, de l'accueil à la réponse pénale.

Bobigny : la préfecture coordonne la lutte contre les LGBTphobies avec le parquet et les associations
Illustration Fatima Benali / info.fr

Le 6 mai 2026, Vanessa Seddik, secrétaire générale adjointe de la préfecture de Seine-Saint-Denis, a réuni à Bobigny le Parquet, les forces de sécurité, le Conseil départemental et des associations. Objectif renforcer la coordination pour mieux protéger les victimes de LGBTphobies et encourager les signalements dans un département où les actes répertoriés ont progressé de 15 % en 2025.

Le 6 mai 2026, Vanessa Seddik, secrétaire générale adjointe de la préfecture de Seine-Saint-Denis et sous-préfète de l’arrondissement de Bobigny, a présidé une réunion consacrée à la lutte contre les LGBTphobies. Autour de la table : des représentants du Parquet de Bobigny, des services de l’État, des forces de sécurité intérieure, du Conseil départemental et d’acteurs associatifs. La rencontre vise à affiner la coordination sur l’ensemble du parcours des victimes.

L’essentiel

  • 6 mai 2026 : réunion de coordination à Bobigny présidée par Vanessa Seddik, secrétaire générale adjointe de la préfecture de Seine-Saint-Denis.
  • Plan signé le 20 février 2026 : premier plan départemental de lutte contre les discriminations racistes, antisémites et LGBTphobes, co-signé par Aurore Bergé, le préfet Julien Charles, le procureur Éric Mathais et la conseillère Oriane Filhol.
  • +15 % d’actes en 2025 : environ 150 signalements homophobes et transphobes enregistrés par la police et la gendarmerie en Seine-Saint-Denis, selon le ministère de l’Intérieur.
  • 40 % des victimes hésitent : selon un sondage de 2021 mené à Pantin et alentours, quatre personnes LGBTQ+ sur dix renoncent à signaler par manque de confiance dans les institutions.
  • 500 000 euros : budget annuel du Conseil départemental dédié aux actions contre les LGBTphobies, en hausse de 20 % par rapport à 2025, selon le département.

Ce qui s’est passé le 6 mai

La réunion s’est tenue dans le cadre du premier plan départemental de lutte contre les discriminations et les actes à caractère raciste, antisémite et LGBTphobe, signé le 20 février 2026. Selon la préfecture, la séance a porté sur l’ensemble du parcours des victimes : accueil, dépôt de plainte, réponse pénale, accompagnement, protection et prévention.

La préfecture a annoncé la tenue de cette réunion sur X, précisant que Vanessa Seddik avait présidé la rencontre « pour mieux coordonner les réponses apportées aux victimes de LGBTphobies ». Des agressions homophobes ont récemment marqué l’actualité nationale - dont une à Paris qui avait suscité une forte attention médiatique - soulignant la pression sur les institutions à l’échelle régionale.

Un plan départemental en quatre axes

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Le plan signé en février 2026 structure les actions en quatre axes, selon le site de la préfecture : renforcer l’information et l’accompagnement des victimes, former les professionnels, sensibiliser les jeunes et les citoyens, et mobiliser le sport contre les discriminations.

Il s’inscrit dans la déclinaison locale de deux plans nationaux en cours (2023-2026) : le Plan national de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine, et le Plan national pour l’égalité contre la haine et les discriminations anti-LGBT+. Les signataires de février étaient Aurore Bergé, le préfet Julien Charles, le procureur de la République Éric Mathais et la conseillère départementale Oriane Filhol.

Le frein persistant : la défiance envers les institutions

La coordination renforcée répond à un obstacle documenté. Un sondage mené en 2021 dans le secteur de Pantin révélait que 40 % des personnes LGBTQ+ de Seine-Saint-Denis hésitaient à signaler des faits discriminatoires par défiance à l’égard des institutions, selon les données du Conseil départemental. Ce chiffre reste cité comme référence dans les documents officiels actuels.

En 2025, le nombre d’actes homophobes et transphobes enregistrés par la police et la gendarmerie en Seine-Saint-Denis a atteint environ 150 signalements, soit une progression de 15 % par rapport à 2024, selon le ministère de l’Intérieur. L’Observatoire des inégalités confirme une tendance similaire à l’échelle nationale.

La réunion du 6 mai vise précisément ce maillon : rendre le dépôt de plainte moins dissuasif et mieux orienter les victimes dès le premier contact avec les services de l’État. D’autres préfectures en France multiplient ce type de réunions de coordination sécuritaire pour répondre aux attentes locales.

Contexte dans la Seine-Saint-Denis

La Seine-Saint-Denis est un territoire de référence sur la visibilité LGBTQ+ en banlieue. La première « Pride des Banlieues » y a été lancée en 2019 à Saint-Denis, mobilisant 3 000 personnes pour défendre les droits LGBTQIA+ et déconstruire les stéréotypes sur les quartiers populaires, selon l’historique publié par l’association organisatrice.

Le Conseil départemental finance des actions contre les LGBTphobies depuis 2018. Le budget annuel dédié atteint 500 000 euros pour 2026, en hausse de 20 % par rapport à 2025, selon le département. Ces fonds couvrent formations et actions de sensibilisation.

Le département compte 1,6 million d’habitants et présente une forte diversité de profils associatifs actifs sur ces questions. La présence simultanée du Parquet, des forces de sécurité et du Conseil départemental dans la même salle de coordination est présentée par la préfecture comme une avancée dans la fluidité du dispositif.

Prochaines étapes

Des formations obligatoires pour les agents publics sont prévues dès juin 2026, selon la préfecture de Seine-Saint-Denis. Une évaluation annuelle du plan est programmée lors du conseil départemental du 15 septembre 2026.

Sources

Fatima Benali

Fatima Benali

Fatima est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Seine-Saint-Denis (93), avec Bobigny pour chef-lieu. Spécialité du département : Stade de France et basilique cathédrale Saint-Denis. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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