Kelidjee Boisne-Noc, capitaine guyanais des Bleus U19
Le jeune défenseur de l'Elite Val d'Oise mène la France face à la Suède en Serbie
Formé au Rémire Handball King en Guyane, l'arrière gauche de l'Elite Val d'Oise porte le brassard de l'équipe de France U19 pour l'Euro en Serbie. Une première victoire face à la Suède pour lancer la compétition.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Un capitaine venu d'outre-mer
Kelidjee Boisne-Noc, formé au Rémire Handball King en Guyane, incarne la réussite de la filière ultramarine dans le handball français. Sa désignation comme capitaine marque une reconnaissance symbolique forte pour une région peu représentée à ce niveau.
Pression du brassard en sélection
Pour Boisne-Noc, c'est seulement sa deuxième compétition internationale. Porter le brassard à 18 ans face aux meilleurs d'Europe, c'est un test de maturité accéléré.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Kelidjee Boisne-Noc, capitaine de 18 ans formé en Guyane, mène les Bleus U19
- Dix ans que la France n'a plus remporté cette compétition
- Objectif affiché atteindre les demi-finales en Serbie
- Prochain match face à la Macédoine du Nord le 30 juillet
Le maillot numéro 10. Le brassard au bras gauche. Kelidjee Boisne-Noc entre sur le parquet serbe ce mercredi 29 juillet comme capitaine de l’équipe de France U19. Face à lui, la Suède. L’adversaire du premier match.
Formé au Rémire Handball King en Guyane - l’arrière gauche joue aujourd’hui à l’Elite Val d’Oise. C’est seulement sa deuxième compétition internationale. Le sélectionneur lui confie les clés. « C’est une immense fierté de porter ce brassard, pas seulement pour moi, mais pour tous ceux qui me soutiennent, en Guyane et ailleurs », dit-il avant le match.
La Suède battue d’entrée
Les Français s’imposent 31 à 26. Une victoire notable face à la Suède. À la mi-temps, les Bleus menaient déjà. La seconde période scelle l’issue. Les Français affirment leur maîtrise dans ce premier affrontement.
La préparation avait montré des signaux positifs. Deux victoires contre la Roumanie. Un calendrier serré. L’objectif affiché par le staff: atteindre les demi-finales. Dix ans que les Bleuets n’ont plus remporté cette compétition.
Un arrière gauche au numéro des meneurs
Boisne-Noc n’est pas un capitaine classique. Arrière gauche de métier - il porte le numéro 10. Le numéro des meneurs, des créateurs. Des joueurs qui portent le poids. Le sélectionneur a fait un pari: confier le brassard à un joueur de l’ombre, celui qui structure le jeu plutôt que celui qui brille en attaque. « Une certaine confiance », dit-il. Une fierté aussi.
On se souvient de certains jeunes capitaines dans les compétitions de jeunes. Mais un arrière gauche portant le brassard à l’Euro U19, c’est plus rare. Le choix du staff traduit un changement de philosophie: les Bleuets misent sur la solidité plutôt que sur le spectacle. Boisne-Noc incarne cette doctrine.
Le handball guyanais produit peu de cadres en équipe de France. Le Rémire Handball King, son club formateur - incarne la réussite de la formation ultramarine. Boisne-Noc est le symbole de cette filière. Mais un symbole ne suffit pas. Il faut gagner.
Le poids du brassard pour un novice
Deuxième compétition internationale. Face à des équipes européennes de haut niveau. Porter le brassard dans ces conditions, c’est un test de maturité accéléré. « Kelidjee possède cette capacité rare à fédérer ses coéquipiers dans les moments de doute », analyse un observateur proche de l’équipe. Mais fédérer en club, c’est une chose. Fédérer en sélection face aux meilleurs d’Europe, c’en est une autre.
Boisne-Noc arrive dans un système où l’expérience internationale compte plus que le talent brut. L’Euro, « c’est trois marches au-dessus » du championnat de club. Les sélections nordiques ont grandi dans des championnats juniors plus compétitifs. Elles connaissent les codes, les rythmes, les pièges. Le jeune Guyanais apprend sur le tas. La victoire contre la Suède prouve qu’il supporte la pression. Mais trois matchs de poule restent à jouer. Le brassard pèse plus lourd au fil des défaites qu’au lendemain des victoires.
La bascule tactique du premier match
Le sélectionneur parle de solidité défensive et d’efficacité en seconde période selon plusieurs sources. Il analyse, rassure, valorise. Il ne dit pas ce que ce premier match révèle vraiment. Les Bleus ont battu la Suède avec intensité. Transition rapide après récupération. Pression physique en défense. Jeu vertical sans temps mort. Ce que les équipes nordiques font souvent, les Français l’ont réalisé.
Le handball scandinave U19 dominait par la vitesse et l’intensité défensive. Les équipes méditerranéennes (Espagne, France, Croatie) misaient sur la technique et la circulation de balle. Ce clivage structurait l’Europe du handball jeune selon plusieurs sources. La victoire française marque une évolution. Les Bleus ont adopté un jeu plus vertical. Ils l’ont perfectionné. Les Français imposent leur rythme dans ce premier affrontement. Le rapport de force vient de s’affirmer. Les observateurs le notent.
Dix ans d’échecs à effacer
Dix ans que les Bleuets n’ont plus remporté cette compétition. Depuis, les Bleuets ont échoué à plusieurs reprises.
Cette année, le sélectionneur a tout changé. Recrutement avancé. Stage de cohésion. Et adoption d’un modèle plus vertical. Les deux victoires contre la Roumanie ont validé l’approche. La victoire contre la Suède la consacre. Les Bleuets ne jouent plus comme avant. Ils jouent avec intensité. C’est pour ça qu’ils gagnent.
La route vers le dernier carré
L’Euro se déroule du 29 juillet au 8 août en Serbie. Après la Suède, les Français affrontent la Macédoine du Nord puis la Slovénie. Les deux premiers du groupe se qualifient pour le tour principal. Les Bleus visent plus loin. « Au vu du potentiel du groupe, je pense qu’on peut viser les demi-finales », assure le sélectionneur.
La Suède l’a appris. Message reçu par le capitaine guyanais. Boisne-Noc porte le numéro 10. Pas le 7, pas le 9. Le 10, c’est celui qu’on donne aux meneurs, aux créateurs. À ceux qui portent le poids. Il a dit oui. Maintenant, il doit tenir.
