Bombyx en Corse-du-Sud : un bilan hivernal 2026 rassurant, loin du seuil d’alerte
Sur 117 sites surveillés, la moyenne de 20 pontes reste très en deçà du seuil critique de 80, grâce aux prédateurs naturels.
Le Service Régional de la Forêt et du Bois tire un bilan hivernal encourageant pour 2026. Sur 117 placettes prospectées en Corse, le nombre moyen de pontes de bombyx disparate s'établit à 20, quatre fois sous le seuil déclenchant une défoliation totale. Quelques foyers ponctuels restent sous surveillance renforcée.
Le Service Régional de la Forêt et du Bois tire un bilan hivernal encourageant pour 2026. Sur 117 placettes prospectées en Corse, le nombre moyen de pontes de bombyx disparate s’établit à 20, quatre fois sous le seuil déclenchant une défoliation totale. Quelques foyers ponctuels restent sous surveillance renforcée.
L’essentiel
- 20 pontes en moyenne : relevé sur 117 placettes surveillées dans toute l’île lors du bilan hivernal 2026, selon la préfecture de Corse-du-Sud.
- Seuil fixé à 80 : en deçà de ce chiffre par passage, aucune défoliation totale n’est attendue à l’échelle de l’île.
- Prédateurs naturels décisifs : mésanges et chauves-souris ont démantelé la quasi-totalité des pontes recensées dans la plupart des zones.
- Trois foyers sous surveillance accrue : nord du Cap Corse, sud de la Castagniccia et nord du Taravo.
- Contexte 2024-2025 : 4 270 hectares défoliés en 2024, puis 20 000 hectares en 2025 selon la DRAAF.
Des chiffres bien en deçà du seuil critique
La préfecture de Corse-du-Sud a publié le bilan hivernal du bombyx disparate (Lymantria dispar) pour 2026. Sur 117 placettes prospectées dans toute l’île, le nombre moyen de pontes observées est de 20. Le seuil à partir duquel une défoliation totale est attendue est fixé à 80 pontes par passage. L’écart est net.
La préfecture confirme : aucune défoliation massive n’est attendue à l’échelle de l’île en 2026. Ce résultat s’explique en grande partie par l’action des prédateurs naturels, notamment les mésanges et les chauves-souris, qui ont fortement démantelé les pontes dans la quasi-totalité des zones prospectées, comme le relève Corse Matin dans une étude consacrée aux prédateurs du bombyx.
Trois zones sous surveillance renforcée
Le calme général ne signifie pas l’absence de vigilance. Le Service Régional de la Forêt et du Bois a identifié plusieurs foyers ponctuels où la pression reste plus élevée : le nord du Cap Corse, le sud de la Castagniccia et le nord du Taravo. Ces secteurs feront l’objet d’un suivi accru tout au long de la saison 2026.
Aucune intervention chimique ou mécanique massive n’est annoncée à ce stade. Les autorités maintiennent une posture d’observation avant toute décision opérationnelle.
Contexte dans la Corse-du-Sud
Ce bilan intervient après deux étés particulièrement difficiles pour les forêts corses. En 2024, selon la DRAAF, environ 4 270 hectares avaient été défoliés, principalement dans le centre de l’île. En 2025, la surface touchée avait bondi à quelque 20 000 hectares, comme l’avait documenté La Croix en juin 2025. Une progression qui avait alerté les gestionnaires forestiers et les élus locaux.
Le bombyx disparate est un ravageur cyclique bien connu sur l’île. Selon la DRAAF Corse, les pullulations reviennent tous les 10 à 15 ans dans certaines zones comme le grand Bastia ou le Cap Corse, et tous les 20 à 40 ans selon l’altitude pour l’ensemble du territoire. Les épisodes précédents avaient marqué l’Extrême-Sud en 2018 et le Sartenais en 2020. Les forêts ne meurent généralement pas : les arbres repoussent après défoliation, mais des épisodes répétés peuvent fragiliser les peuplements.
La Corse-du-Sud concentre une part importante des massifs forestiers insulaires, chênes et châtaigniers compris, qui constituent les hôtes préférentiels du bombyx. Ce bilan rassurant est donc suivi avec attention par les acteurs du territoire ajaccien et au-delà.
Un bilan tiré après deux années critiques
C’est précisément parce que 2024 et 2025 ont été critiques que le Service Régional de la Forêt et du Bois a intensifié le dispositif de prospection hivernal. Les 117 placettes surveillées constituent un maillage significatif à l’échelle insulaire.
Le fait que la moyenne de pontes soit quatre fois inférieure au seuil de défoliation totale indique que le cycle de pullulation est en phase de reflux. Les spécialistes de la forêt corse rappellent que ces cycles sont naturels et que l’équilibre biologique - notamment l’activité des prédateurs - joue un rôle régulateur déterminant. En 2026, ce rôle semble avoir été efficacement tenu.
Les résultats du suivi printanier dans les trois foyers identifiés - Cap Corse nord, Castagniccia sud, Taravo nord - permettront de confirmer ou d’affiner cette tendance dans les semaines à venir.
Sources
- Préfecture de Corse-du-Sud (@Prefet2A) : Bilan hivernal 2026 du bombyx en Corse — Préfecture de Corse-du-Sud
- Préfecture de Corse-du-Sud : Bilan hivernal bombyx 2026 — Service Régional de la Forêt et du Bois
- DRAAF PACA : Bilan défoliations bombyx disparate pôle Sud-Est 2025
- La Croix : En Corse, l'enfer des chenilles du bombyx disparate, dévoratrices de 20 000 hectares de forêts