Après avoir multiplié les ventures dans la mode, les spiritueux, la musique électronique et même le CBD, Booba franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de diversification. Le rappeur originaire du 92 vient d'annoncer le lancement d'OKLM, un média dont l'ambition affichée est de « remettre le talent et le mérite en avant ». Cette initiative s'inscrit dans une trajectoire entrepreneuriale amorcée dès 2004 avec la marque ÜNKUT, et qui n'a cessé de s'élargir depuis.
L'essentiel
- Booba annonce le lancement d'OKLM, un nouveau média visant à « remettre le talent et le mérite en avant » après 21 ans de carrière entrepreneuriale
- L'empire commercial du rappeur comprend déjà la marque ÜNKUT relancée en 2025, le whisky D.U.C. depuis 2017, des produits CBD depuis 2022 et plusieurs labels musicaux
- En septembre 2024, il a créé Sub Life, un label house et électro pour signer des artistes français et américains, élargissant son influence au-delà du rap
- Le projet OKLM intervient après l'annonce en septembre 2024 de la fin de son combat contre les « influvoleurs » et le lancement de l'agence Starting Blok en novembre 2023
- Cette stratégie de diversification s'inspire du modèle américain des stars du hip-hop comme Jay-Z, transformant le rappeur en véritable entrepreneur multi-secteurs
Vingt-et-un ans après avoir lancé sa première entreprise parallèlement à son album Panthéon, Booba continue d’explorer de nouveaux territoires commerciaux. L’annonce du lancement du média OKLM constitue la dernière pierre d’un édifice entrepreneurial qui compte déjà plusieurs labels musicaux, une marque de vêtements, du whisky, du CBD et même une agence d’influenceurs éthiques. Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, le DUC affirme vouloir utiliser cette nouvelle plateforme pour « remettre le talent et le mérite en avant », une déclaration qui résonne avec son positionnement récent contre les dérives du monde de l’influence.
Un empire commercial bâti méthodiquement depuis 2004
L’aventure entrepreneuriale de Booba débute véritablement en 2004, comme le rappelle Gentsu, lorsqu’il lance simultanément son album Panthéon et sa marque de vêtements ÜNKUT. Pendant plus de 10 ans, cette enseigne génère plusieurs millions d’euros de chiffres d’affaires avant que le rappeur ne décide d’y mettre fin en novembre 2018, suite à une mésentente avec ses collaborateurs, les frères Jérôme et Laurent Abiteboul. Le rappeur s’était alors moqué publiquement de ses anciens associés sur Instagram.
Mais l’esprit entrepreneurial du rappeur ne s’est jamais éteint. En 2017, selon Generations, B2O surprend son public avec le lancement de sa marque de whisky D.U.C., qui connaît un succès immédiat avec des ruptures de stock dans plusieurs enseignes. Cette initiative s’inscrit dans la logique d’un artiste qui a toujours affiché son goût pour le whisky, notamment à travers ses paroles.
« Depuis l’jardin d’Eden j’avale une bouteille, et j’m’endors avec du Wu-Tang », rappait-il dans « Pas l’temps pour les regrets ».
En 2022, Booba diversifie encore son portefeuille avec le lancement de ses feuilles à rouler Piraterie Paper, présentées comme fabriquées à 100% en France, ainsi que sa propre variété de CBD, la B-45, en partenariat avec l’entreprise néerlandaise Silent Seeds.
L’incursion inattendue dans la musique électronique
En septembre 2024, Booba surprend l’industrie musicale avec une annonce pour le moins inattendue. Dans une interview accordée au Parisien lors du festival Golden Coast à Dijon, le rappeur révèle avoir créé Sub Life, un label dédié à la house et à l’électro. Comme le rapporte Dure Vie, cette initiative vise à signer des artistes français et américains.
« J’ai monté un label house, on fabrique une team de X-Men avec des Français et des Américains. Je n’aime pas que le rap, j’aime toutes les musiques, particulièrement la house et l’électro », déclarait-il alors.
Ce label rejoint ainsi ses autres maisons de disques existantes : 92i, 92i Africa, 7 Corp et la Piraterie Music. L’annonce fait suite au succès d’un remix house de son titre « Dolce Camara », qui avait notamment reçu l’approbation du DJ et producteur américain Diplo. Cette diversification musicale témoigne d’une volonté d’explorer des territoires sonores au-delà du rap, tout en capitalisant sur son influence et son réseau dans l’industrie.
Du combat contre les influvoleurs au lancement d’un média
L’annonce du média OKLM intervient dans un contexte particulier pour Booba. Comme le relate BFM TV, le rappeur a annoncé en septembre 2024 la fin de son combat médiatique contre les « influvoleurs », ces influenceurs qu’il accusait de pratiques commerciales douteuses. Un combat qui lui a coûté cher, puisqu’il reconnaît avoir « failli couler » et avoir dû « déjouer des plans machiavéliques, changer d’avocat » et ne pas pouvoir « rentrer en France pendant un an ».
En novembre 2023, il avait déjà lancé Starting Blok, une agence d’influenceurs « éthiques », censée incarner une alternative aux pratiques qu’il dénonçait. Le lancement d’OKLM semble s’inscrire dans cette même logique : créer une plateforme médiatique qui valoriserait « le talent et le mérite », en opposition aux dérives qu’il a combattues pendant plusieurs années. Cette initiative pourrait constituer un outil de communication et de promotion pour l’ensemble de son écosystème entrepreneurial.
Une stratégie à l’américaine qui ne cesse de s’étendre
La multiplication des projets de Booba reflète une approche entrepreneuriale inspirée du modèle américain, où les stars du hip-hop comme Jay-Z, Dr. Dre ou 50 Cent ont bâti de véritables empires commerciaux dépassant largement le cadre de la musique. Avec OKLM, le rappeur ajoute la dimension médiatique à son portefeuille, un secteur qu’il connaît bien pour avoir été lui-même omniprésent sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels.
Les contours précis de ce nouveau média restent encore flous : s’agira-t-il d’une plateforme digitale, d’une chaîne de contenu vidéo, d’un magazine ou d’un mix de plusieurs formats ? La promesse de « remettre le talent et le mérite en avant » laisse entrevoir une ligne éditoriale centrée sur la découverte d’artistes et de créateurs, potentiellement en lien avec ses différents labels et activités. Le nom OKLM lui-même n’est pas anodin : cette expression, popularisée dans le rap français, signifie « au calme » et véhicule une image de confiance et de maîtrise.
Un positionnement qui interroge sur l’avenir médiatique
Le lancement d’un média par une personnalité aussi clivante que Booba soulève plusieurs questions. Comment le rappeur, connu pour ses clashs virulents et ses prises de position tranchées, va-t-il incarner cette volonté de « remettre le talent en avant » ? Quelle sera la ligne éditoriale exacte d’OKLM et comment se différenciera-t-elle des nombreux médias déjà présents sur le marché du rap et de la culture urbaine ?
L’initiative intervient également à un moment où les médias traditionnels peinent à capter l’attention des jeunes générations, qui se tournent massivement vers les créateurs de contenu indépendants et les plateformes numériques. Avec son influence considérable sur les réseaux sociaux et sa capacité à générer du buzz, Booba dispose d’atouts non négligeables pour réussir dans cette nouvelle aventure médiatique. Reste à savoir si OKLM parviendra à s’imposer durablement dans un paysage médiatique déjà saturé, ou s’il rejoindra la longue liste de projets éphémères lancés par des célébrités. Une chose est certaine : avec plus de 21 ans d’expérience entrepreneuriale et une capacité démontrée à se réinventer constamment, le DUC n’a pas dit son dernier mot.
Sources
- Gentsu (18 octobre 2025)
- Generations (9 avril 2025)
- Dure Vie (16 septembre 2024)
- Le Bonbon (18 septembre 2024)
- Booska-P (18 mai 2022)
- BFM TV (15 septembre 2024)