Bordeaux : 60 CRS en fonction depuis le 14 mai, une demande vieille de six ans
La CRS 58 de Perpignan prend ses quartiers à Bordeaux, six ans après la première demande de Pierre Hurmic et son successeur Thomas Cazenave.
Soixante policiers de la CRS 58 de Perpignan ont pris leurs fonctions à Bordeaux le 14 mai 2026, dans le cadre du Plan national de sécurisation renforcée. Leur arrivée concrétise une promesse du gouvernement formulée lors d'un déplacement officiel le 2 avril, et clôt six ans de demandes répétées à l'État.
Soixante policiers de la CRS 58 de Perpignan ont pris leurs fonctions à Bordeaux le 14 mai 2026, dans le cadre du Plan national de sécurisation renforcée. Leur arrivée concrétise une promesse du gouvernement formulée lors d’un déplacement officiel le 2 avril, et clôt six ans de demandes répétées à l’État.
L’essentiel
- 14 mai 2026 : 60 effectifs de la CRS 58 de Perpignan prennent officiellement leurs fonctions à Bordeaux, première tranche du Plan national de sécurisation renforcée (PNSR).
- Place de la Comédie, 19h30 : accueil officiel en présence du préfet Étienne Guyot et du maire Thomas Cazenave.
- Depuis 2020 : la demande d’une compagnie CRS à demeure remonte à l’élection de Pierre Hurmic ; partiellement satisfaite par 140 policiers en 2021 et 40 supplémentaires en 2024.
- 2 avril 2026 : annonce du déploiement par le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez lors d’un déplacement à Bordeaux.
- 31 564 crimes et délits enregistrés à Bordeaux en 2024, selon les données du ministère de l’Intérieur (SSMSI).
Place de la Comédie, une cérémonie courte et symbolique
Le préfet de Gironde Étienne Guyot et le maire Thomas Cazenave ont accueilli la compagnie jeudi soir place de la Comédie. La cérémonie, volontairement sobre, marquait la prise de fonctions effective des 60 agents. C’est l’une des dernières sorties officielles de Guyot, qui cède sa place à Sophie Brocas le 18 mai 2026, avant de rejoindre Auvergne-Rhône-Alpes.
Le préfet a qualifié ce déploiement de « concrétisation de l’annonce formulée par le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez » lors de leur déplacement bordelais du 2 avril 2026, selon le communiqué de la préfecture de Gironde.
Six ans de combat pour un renfort réclamé dès 2020
La demande d’une compagnie CRS à demeure à Bordeaux n’est pas nouvelle. Pierre Hurmic l’avait formulée dès son élection en juin 2020, en réponse à une délinquance en hausse depuis 2015. L’État avait partiellement répondu : 140 policiers nationaux supplémentaires en 2021 via le contrat de sécurité intégrée, puis 40 agents de plus en 2024. Insuffisant, selon les élus locaux.
La sénatrice Nathalie Delattre rappelle avoir écrit au ministère de l’Intérieur dès le 18 août 2020 pour réclamer ce renfort :
Thomas Cazenave, élu maire en 2026 après avoir battu Hurmic, s’était engagé pendant sa campagne à lancer un « plan Marshall de la sécurité », selon La Gazette des Communes : présence permanente renforcée, brigade de nuit de police municipale, tolérance zéro. L’arrivée des CRS constitue un premier livrable concret de ce programme.
Un dispositif mobile, extensible à la métropole
Selon la préfecture de Gironde, les 60 CRS sont affectés à des patrouilles de proximité et à la sécurisation de la voie publique, en coordination avec les forces locales. Les créneaux ciblés sont l’après-midi et la soirée, aux horaires et dans les zones jugés les plus exposés.
Le dispositif est conçu comme adaptable : il peut être étendu aux autres communes de la métropole bordelaise en fonction des signalements des autorités locales, indique Sud Ouest, qui confirme la nature de « première tranche » du déploiement. Des renforts supplémentaires ne sont pas exclus à terme, sans qu’un calendrier précis ait été communiqué. Ce type de déploiement mobile est comparable à d’autres plans sécuritaires récents en France, comme la mobilisation préfectorale pour la finale Lens-Nice dans le Nord.
Contexte dans la Gironde
Bordeaux concentre l’essentiel de l’activité délinquante du département. En 2024, la ville a enregistré environ 31 564 crimes et délits, soit un taux de 118,96 % selon les données du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) et les bases publiées sur data.gouv.fr. La hausse est documentée depuis 2015, portant notamment sur les atteintes aux biens et les faits de violence en espace public.
La Gironde n’est pas la seule métropole française confrontée à cette pression. À Nantes, une fusillade mortelle a coûté la vie à un adolescent de 15 ans il y a quelques jours sur un point de deal. À Marseille, des actes criminels en marge du narcotrafic restent récurrents. Le déploiement de CRS en unités dédiées, plutôt qu’en renforts ponctuels, est présenté par le gouvernement comme une réponse structurelle à ces phénomènes.
Le poids de Bordeaux dans le département est considérable : première ville de Gironde, elle concentre la majorité des effectifs de police nationale du ressort et génère une pression sécuritaire qui dépasse les seules limites communales.
Prochaine étape : une nouvelle préfète dès le 18 mai
Sophie Brocas prendra ses fonctions de préfète de Gironde et de Nouvelle-Aquitaine le 18 mai 2026, selon actu.fr. C’est elle qui pilotera le suivi opérationnel du dispositif CRS dans les semaines à venir, et qui devra arbitrer son éventuelle extension aux communes de la métropole.