Brest : face à face avec le suspect, deux rescapées racontent l’incendie rue Robespierre
Julie et Manon, deux Quimpéroises de 21 ans, se sont retrouvées nez à nez avec l'homme soupçonné d'avoir mis le feu à Lambézellec le 24 mai 2026.
Dimanche 24 mai 2026, vers 8 heures du matin, un incendie volontaire a ravagé un appartement du 32 rue Robespierre à Brest. Trois personnes ont été blessées, dont un homme contraint de sauter par une fenêtre à huit mètres de hauteur. Deux locataires Airbnb, Julie et Manon, ont croisé le suspect dans l'escalier et témoignent.
Dimanche 24 mai 2026, vers 8 heures du matin, un incendie volontaire a ravagé un appartement du 32 rue Robespierre à Brest. Trois personnes ont été blessées, dont un homme contraint de sauter par une fenêtre à huit mètres de hauteur. Deux locataires Airbnb, Julie et Manon, ont croisé le suspect dans l’escalier et témoignent.
L’essentiel
- Incident : Incendie volontaire le 24 mai 2026 vers 8h au 32 rue Robespierre, quartier Lambézellec, Brest.
- Blessés : Trois personnes atteintes, dont un homme hospitalisé à La Cavale-Blanche avec pronostic vital non engagé après une chute de 8 mètres.
- Mobilisation : Environ 35 pompiers déployés, dont 25 au plus fort de l’intervention, avec deux fourgons, deux véhicules avec échelle et quatre ambulances.
- Suspect : Locataire du 2e étage, interpellé rapidement après sa fuite, placé en garde à vue ; procédure d’expulsion en cours à son encontre.
- Témoins clés : Julie et Manon, 21 ans, Quimpéroises en séjour Airbnb au 1er étage, ont aidé à positionner une camionnette pour amortir la chute du voisin.
Un réveil sous les coups et les flammes
Selon le témoignage de Manon rapporté par Le Télégramme, la nuit avait déjà été agitée : des tensions et des va-et-vient étaient perceptibles dès 3 heures du matin. Au réveil, vers 8h40, les bruits de coups ont repris. Des menaces ont fusé dans l’escalier : « Viens là, je vais te choper, je vais te tuer ! »
Puis un cri d’alerte : « Y a le feu ! Sortez tous, sautez par la fenêtre ! » Les deux jeunes femmes, locataires Airbnb au premier étage, tentent de quitter les lieux. C’est là qu’elles tombent sur le suspect.
« Il bloquait la sortie avec un escabeau »
Dans l’escalier, le suspect - le locataire du deuxième étage - barre le passage avec un escabeau. Il s’adresse au voisin suspendu à la rambarde : « Tu vas crever ! » Selon Le Télégramme, Julie et Manon se retrouvent littéralement nez à nez avec lui.
L’homme, lui, prend la fuite. La police l’interpelle rapidement. Il est placé en garde à vue. L’enquête est en cours.
La camionnette repositionnée pour amortir la chute
Pendant ce temps, le voisin ciblé par l’incendie est suspendu à sa fenêtre, au deuxième étage, à environ huit mètres du sol. Le feu progresse derrière lui. Une habitante de l’immeuble attenant, Magdala, a décrit la scène à Ouest-France : « J’ai vu un homme accroché à la rambarde, le feu débordait de sa fenêtre. »
Julie et Manon, déjà dans la rue, prennent une décision rapide. Selon Le Télégramme, elles interviennent pour qu’une camionnette garée à proximité soit déplacée juste sous la fenêtre. L’homme lâche prise et atterrit sur le toit du véhicule. Il souffre de brûlures et d’une luxation à l’épaule. Hospitalisé à La Cavale-Blanche, son pronostic vital n’est pas engagé.
L’incendie volontaire a aussi fait deux autres blessés : une femme d’une trentaine d’années s’est brisé les deux chevilles en dévalant l’escalier en urgence ; son compagnon a inhalé des fumées. À l’heure du sinistre, sept personnes se trouvaient dans l’immeuble.
Un conflit de voisinage qui avait dégénéré
Le contexte judiciaire préexistant est documenté. Selon Le Télégramme, une procédure d’expulsion était en cours contre le suspect au moment des faits. Le propriétaire aurait reçu un message dans lequel l’occupant menaçait de « faire péter l’immeuble ». Les circonstances exactes et les motifs du passage à l’acte restent à établir par l’enquête.
La rue Robespierre a été fermée à la circulation. Les scellés ont été posés sur l’entrée de l’immeuble dimanche soir pour permettre les investigations. Franck Gouriou, adjoint de permanence de la Ville de Brest, a indiqué selon Le Télégramme avoir identifié des solutions de relogement pour les personnes hospitalisées.
Comparable dans sa dimension criminelle à l’incendie suspect survenu aux locaux de la police municipale de Céret où la piste criminelle est également privilégiée, l’affaire de Brest se distingue par la multiplicité des victimes et la préméditation apparente.
Trente-cinq pompiers mobilisés
L’intervention a mobilisé environ 35 pompiers, dont 25 au plus fort des opérations. Deux fourgons, deux véhicules équipés d’échelles et quatre ambulances étaient sur place, accompagnés d’un véhicule infirmier. Le Samu, la police, GRDF et Enedis sont également intervenus. Le foyer a été maîtrisé rapidement, mais la surveillance s’est prolongée en raison de la chaleur et du vent d’est, précise Le Télégramme.
Contexte dans le Finistère
Brest est la principale ville du Finistère (29), avec environ 140 000 habitants. Le quartier de Lambézellec, en secteur résidentiel densément peuplé au nord de la ville, est régulièrement desservi par les lignes Bibus. Les faits divers graves impliquant des incendies volontaires restent rares dans ce secteur ; aucun précédent similaire n’a été identifié dans les sources consultées. La rapidité de l’interpellation du suspect - quelques minutes après sa fuite - illustre la réactivité des effectifs de police présents sur place.
L’enquête est conduite par la police nationale. Aucun communiqué du parquet de Brest n’avait été publié au moment de la rédaction de cet article.
Julie et Manon ont pu récupérer leurs affaires en fin de matinée. Elles ont salué la solidarité des riverains et des secours. La suite judiciaire dépend des conclusions de la garde à vue et des investigations en cours dans l’immeuble scellé.
Sources
- Le Télégramme : À Brest, il met le feu à l'appartement de son voisin qui se défenestre : le suspect en fuite interpellé
- Le Télégramme : « On s'est trouvé nez à nez avec le suspect » : rescapées de l'incendie volontaire à Brest, Manon et Julie témoignent
- Ouest-France : « J'ai vu un homme accroché à la rambarde, le feu débordait de sa fenêtre » : à Brest, un incendie fait trois blessés