Bringolo : l’église Notre-Dame ravagée par un incendie, deux ans après
Détruite dans la nuit du 8 avril 2024, l'église historique des Côtes-d'Armor attend toujours sa reconstruction complète.
Dans la nuit du 8 au 9 avril 2024, un violent incendie a ravagé l'église Notre-Dame de Bringolo, commune de 500 habitants près de Guingamp. Toiture effondrée, vitraux explosés : il ne reste que les murs en pierre. Deux ans plus tard, les travaux de dépollution ne font que commencer.
L’alerte a été donnée vers 21h30. En quelques heures, l’église Notre-Dame de Bringolo, dans les Côtes-d’Armor, n’était plus qu’une carcasse de pierre. Entre 47 et 70 sapeurs-pompiers, venus des centres de Guingamp, Saint-Brieuc et Paimpol, ont lutté toute la nuit contre les flammes, selon Le Télégramme. Sans pouvoir sauver l’essentiel.
La toiture s’est effondrée. Les vitraux ont explosé. L’origine probable : une surtension électrique au niveau des fils reliés aux cloches, aggravée par le vent, selon BFMTV. Le maire Philippe Thomas n’a pas mâché ses mots : « Notre patrimoine est parti en fumée. Les pompiers n’ont rien pu faire. »
Un monument classé depuis 1927
L’édifice n’était pas un bâtiment ordinaire. L’église Notre-Dame de Bringolo date en partie du XVIe siècle. Elle a été reconstruite en grande partie en 1890 par l’architecte Théodore Maignan, et son clocher est inscrit aux Monuments historiques depuis 1927, selon Wikipedia. À l’intérieur, des objets patrimoniaux rares ont disparu dans les flammes, dont une grande bannière du XVIIe siècle représentant l’Assomption et la Crucifixion, répertoriée par la base Patrimoine Bretagne.
Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, a exprimé sur le site du diocèse une « immense émotion » et une « profonde peine » face à la destruction. Le choc a dépassé les frontières de la commune : l’incendie a été couvert par Le Figaro, Ouest-France, Le Télégramme et les chaînes nationales.
Deux ans après : l’incertitude sur la reconstruction
Un an après le sinistre, en avril 2025, la question de la reconstruction restait entière. Ouest-France rapportait l’inquiétude des habitants et des élus sur l’avenir du bâtiment. La ministre de la Culture Rachida Dati avait alors évoqué un soutien potentiel, en référence au modèle de financement de Notre-Dame de Paris, sans préciser de montant ni d’engagement ferme.
En janvier 2026, selon Le Télégramme, les travaux de dépollution et de mise en sécurité devaient débuter en mars 2026, après un appel d’offres en cours. Près de deux ans après la nuit du sinistre, c’est donc seulement la première étape concrète sur un chantier dont l’ampleur et le financement restent à définir.
Une série noire pour les églises bretonnes
Bringolo n’est pas un cas isolé. Les Côtes-d’Armor ont déjà vécu l’incendie de l’église de Trémel en 2016. Ouest-France rappelait que les édifices religieux de la région ont été frappés par le feu à plusieurs reprises au fil des siècles, de la Guerre de Cent Ans à la Révolution. Pour une commune de 500 habitants, la perte reste immense - patrimoniale autant que symbolique.
Prochaine étape : les travaux de dépollution et de sécurisation du site, prévus à partir de mars 2026 selon Le Télégramme, constitueront la première intervention physique sur l’édifice depuis le sinistre. Le calendrier et le financement de la reconstruction proprement dite n’ont pas encore été annoncés.
Sources
- Le Télégramme : Près de deux ans après l'incendie, l'église de Bringolo sera bientôt dépolluée et mise en sécurité
- Ouest-France : Un an après l'incendie, cette commune des Côtes-d'Armor s'inquiète pour l'avenir de son église
- Diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier : Incendie de l'église Notre-Dame de Bringolo : une immense émotion
- Le Télégramme : Incendie de l'église de Bringolo : "Notre patrimoine est parti en fumée"