Bublik : « J’ai baissé les bras face à Alcaraz et Sinner »
Le Kazakh avoue que les joueurs ont renoncé face aux deux dominateurs du circuit
Alexander Bublik l'admet sans fard lui et ses pairs ont abandonné l'idée de battre Alcaraz et Sinner en Grand Chelem. Un aveu qui fait débat.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Alexander Bublik avoue que les joueurs du circuit ATP ont « baissé les bras » face à Alcaraz et Sinner
- Les deux prodiges se sont partagé les 9 derniers titres du Grand Chelem
- Bublik, 11e mondial fin 2025, ne vise plus le titre mais les quarts ou demi-finales
- Il avait battu Sinner à Halle en juin 2025 mais attribue cette victoire à « beaucoup de chance »
- Les réactions sur X critiquent un défaitisme mental chez les joueurs
- Aucun autre joueur du top 10 ne s'est exprimé publiquement sur ces déclarations
Alexander Bublik pose son téléphone sur la table, face caméra. L’interview avec tennis MAGAZIN commence. Première question sur Alcaraz et Sinner. Le joueur kazakh ne tergiverse pas: « J’ai l’impression que les autres joueurs ont baissé les bras face à Alcaraz et Sinner. Moi aussi, d’ailleurs ». La phrase fait le tour du circuit. Publication le 16 juillet 2026.
Le constat est brutal mais cohérent. Les deux prodiges se sont partagé les neuf derniers Grands Chelems. Bublik, classé 11e fin 2025 - reformule ses ambitions: « Mon objectif est donc d’atteindre les quarts de finale, voire les demi-finales ». Plus question de viser le titre. Remporter un majeur est « presque hors de portée » quand les deux stars sont en forme, confie-t-il.
Dans le vestiaire, l’ambiance est celle d’une résignation collective: « tenter de se rapprocher, mais qu’à la fin, l’un de ces deux-là va probablement gagner ». Bublik pousse le raisonnement jusqu’au test théorique: s’il voyait Sinner ou Alcaraz jouer en cinq sets contre un joueur classé 80e mondial - il croirait que l’écart se resserre. Mais ce n’est pas le cas.
L’écart « astronomique » avec le reste du circuit
Le joueur kazakh qualifie la différence de niveau d’« astronomique ». À Monte-Carlo en avril 2026, Alcaraz l’a balayé 6-3 6-0 en 63 minutes - signant au passage sa 300e victoire sur le circuit. Les chiffres parlent seuls: Bublik a pourtant battu Sinner en juin 2025 - en huitièmes de finale. L’Italien restait alors sur une série de 49 matches sans défaite.
Mais le joueur kazakh minimise aussitôt sa performance: victoire due à « beaucoup de chance » - pense-t-il très sérieusement. Après sa défaite face à Sinner à l’US Open - il décrit l’Italien comme « tellement bon, c’est fou » - un joueur « d’intelligence artificielle ». Cette contradiction révèle l’ampleur du fossé psychologique. Bublik ne croit plus en ses propres victoires contre le duo. Même lorsqu’il gagne, il attribue le résultat au hasard plutôt qu’à son niveau. Une posture qui trahit une forme d’abandon mental.
« Tout le monde a déjà abandonné »
L’interview à tennis MAGAZIN prolonge une série de déclarations similaires. En février 2026 - Bublik participait au podcast Nothing Major et tenait déjà le même discours. En octobre 2025 - après les forfaits d’Alcaraz et Sinner au Masters de Shanghai pour blessure - il pointe l’incapacité du reste du circuit à s’imposer. Un joueur classé 204e mondial - Valentin Vacherot - remporte finalement le titre.
Lors d’une interview avec Spazio Tennis pendant l’UTS à Nîmes - Bublik qualifie le duo d’« intouchable » en Grand Chelem. Dans les majeurs, où les deux sont « dans leur élément et parfaitement préparés » - les autres n’ont « little to no chance ». Il résume: « tout le monde a déjà abandonné ».
Réactions vives sur les réseaux
Les propos ne passent pas inaperçus. Sur X, les critiques fusent. Gucky (@GluckGlucky) tacle le personnage public de Bublik: « Alexander Bublik having this performance after losing 10 straight games to Alcaraz and giving up is why this guy’s ‘I don’t give a shit’ cool guy gimmick is lame as fuck ». JJ’s Picks (@jjpickswinners) élargit le constat: « watching these players like Lehecka and Bublik just have mental breakdowns and give up are why nobody ever stands a chance. These players on tour just go into these matches expecting to lose ».
Aucune source consultée ne cite de réactions d’autres joueurs du top 10. Carlos Alcaraz a réagi aux propos, appréciant le compliment implicite sur leur invincibilité présumée en Grand Chelem, mais nuançant: ils ne sont pas imbattables. Bublik rappelle pourtant que les seuls joueurs à avoir battu Sinner en Grand Chelem sont Alcaraz et Novak Djokovic.
Un aveu qui soulève la question des ambitions collectives
Comme à l’époque où Federer et Nadal se partageaient les majeurs entre 2005 et 2010, les déclarations de Bublik interrogent la capacité du reste du circuit à rivaliser. Mais l’aveu public d’un joueur du top 11 reste inédit. Cette résignation affichée pose la question de l’avenir des ambitions du top 20. Si les joueurs classés entre 5 et 15 abandonnent mentalement avant même d’entrer sur le court en Grand Chelem, la domination d’Alcaraz et Sinner risque de se prolonger.
Le joueur kazakh n’en est pas à sa première sortie médiatique. En 2020 - il affirmait jouer au tennis uniquement pour l’argent. Il a depuis nuancé, déclarant aimer désormais le tennis. Mais la franchise reste sa marque de fabrique. Entre le top 50 et le top 10 - Bublik a transformé son approche mentale, passant du bord de la retraite par manque de motivation à l’un des joueurs les plus dangereux du circuit.
Le reste du vestiaire ne commente pas publiquement. Silence. Les chiffres parlent seuls. Alcaraz et Sinner continuent de partager les titres majeurs. Les autres continuent d’essayer. Ou pas.
