Bussy-Saint-Georges : 8000 ans d’histoire mis au jour sous la future ZAC
L'Inrap a fouillé 10 hectares du plateau de Marne-la-Vallée avant la construction de 2000 logements.
Des fouilles préventives menées par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) sur la ZAC de la Rucherie ont révélé des vestiges couvrant huit millénaires. Du Mésolithique au Haut-Empire romain, le sous-sol de Bussy-Saint-Georges livre un passé insoupçonné.
Les pelleteuses de la ZAC de la Rucherie n’ont pas encore creusé pour construire. Ce sont d’abord les archéologues de l’Inrap qui ont occupé le terrain. Pendant huit mois, une équipe a sondé dix hectares du plateau de Marne-la-Vallée, en Seine-et-Marne. Résultat : des traces humaines continues depuis environ 9000 ans avant notre ère.
Du silex taillé aux murs romains
Les vestiges les plus anciens remontent au Mésolithique. Deux aires d’occupation ont été identifiées, caractérisées par une forte densité de silex taillés, selon l’Inrap. Plus récents, des bâtiments maçonnés et construits en matériaux périssables ont été datés du Haut-Empire romain, entre le Ier et le IIe siècle après J.-C. Plusieurs phases de parcellaire associées ont également été mises en évidence.
Rozenn Colleter, archéologue responsable de la fouille, résume l’ampleur du chantier dans Le Parisien : « C’est un immense puzzle que nous avons reconstitué, révélant l’occupation continue du site depuis la préhistoire. »
Un site déjà riche en découvertes
Ce n’est pas la première fois que le sous-sol de Bussy-Saint-Georges livre des surprises. Les fouilles de la ZAC Centre-Ville en 2001-2002 avaient déjà révélé un habitat de La Tène ancienne, daté des Ve-IVe siècles avant J.-C. En 2010, la ZAC Sycomore, fouillée sur environ trois hectares, avait mis au jour un habitat alto-médiéval. Les dix hectares de la Rucherie représentent une emprise trois fois supérieure à ce dernier chantier, selon une publication recensée sur OpenEdition.
À l’échelle du département, la tendance est similaire. En 2025, des fouilles à Hermé avaient livré huit sépultures néolithiques vieilles de 7000 ans, illustrant l’intensification de l’archéologie préventive en Seine-et-Marne avec l’urbanisation.
Prochaine étape : l’analyse des artefacts
Les objets et structures mis au jour vont désormais faire l’objet d’analyses post-fouille. Une possible présentation publique est envisagée dans le cadre des Journées de l’Archéologie en juin 2026, selon sortiraparis.com. Sur le terrain, la ZAC de la Rucherie doit accueillir 2000 logements et équipements publics d’ici fin 2026, pour un budget estimé à 150 millions d’euros, financé en partie par l’État et la région Île-de-France, d’après Le Parisien.