Sous-marins : le Canada choisit l’Allemand TKMS, un contrat historique
Mark Carney a annoncé le 6 juillet le choix de TKMS pour jusqu'à 12 sous-marins, un contrat aux montants encore disputés
Le Canada a annoncé le 6 juillet 2026 avoir retenu l'allemand TKMS, associé à la Norvège, pour construire jusqu'à 12 sous-marins destinés à remplacer sa flotte vieillissante. Le montant, estimé entre 40 et 90 milliards de dollars canadiens selon les sources, fait de ce contrat le plus important de l'histoire militaire canadienne.
L’essentiel
- L’annonce : le 6 juillet 2026, le Premier ministre canadien Mark Carney a désigné l’allemand TKMS pour construire jusqu’à 12 sous-marins de type 212CD, selon Noovo Info
- Le montant officiel : le contrat est estimé à environ 50 milliards de dollars canadiens, soit 62 milliards d’euros, d’après les sources citées par The Guardian, Reuters et CBC
- La flotte remplacée : quatre sous-marins de classe Victoria, dont le retrait est prévu d’ici 2035
- Le calendrier annoncé : TKMS s’est engagé à livrer les premiers sous-marins d’ici 2036
- Le concurrent écarté : la Corée du Sud, dont l’offre était estimée à 39,6 milliards de dollars canadiens
Ce qui a été annoncé le 6 juillet
Le Premier ministre canadien Mark Carney a confirmé le 6 juillet 2026 que le constructeur allemand TKMS (ThyssenKrupp Marine Systems) a remporté l’appel d’offres portant sur la construction de la future flotte de sous-marins de la Marine royale canadienne, selon Noovo Info. Le contrat prévoit jusqu’à 12 sous-marins conventionnels de type 212CD, un modèle déjà utilisé par plusieurs marines européennes. L’information a été corroborée par le Journal de Montréal, qui précise que l’Allemagne mènera le projet en partenariat avec la Norvège.
Le club allemand du secteur naval a réagi à l’annonce sur les réseaux sociaux :
Un montant qui varie selon les sources
Les chiffres avancés pour ce contrat divergent nettement selon les médias. L’estimation la plus reprise, citée par The Guardian, Reuters et CBC et relayée par Boursorama, situe la valeur du contrat autour de 50 milliards de dollars canadiens, soit environ 62 milliards d’euros. Mais d’autres évaluations circulent : le site Forum Militaire évoque une enveloppe de 40 milliards d’euros, tandis que La Presse, dans une chronique publiée début juin, retient un montant pouvant atteindre 90 milliards de dollars canadiens. Cet écart s’explique en partie par la nature du contrat, qui porte sur plusieurs décennies et dont les négociations finales, selon les éléments disponibles, pourraient encore prendre plusieurs années avant d’être définitivement arrêtées.
L’Allemagne devance la Corée du Sud
TKMS était en concurrence directe avec un constructeur sud-coréen, dont l’offre était évaluée à 39,6 milliards de dollars canadiens selon une source relayée par le site vietnam.vn. Pour l’emporter, l’industriel allemand a resserré son calendrier de livraison : Radio-Canada rapporte que TKMS s’est engagé à fournir quatre premiers sous-marins d’ici 2036, plus tôt qu’initialement envisagé. Le partenariat noué avec la Norvège, qui doit céder deux futurs sous-marins d’attaque dans le cadre de l’accord selon Le Marin (Ouest-France), a également pesé dans la balance en resserrant les liens industriels au sein de l’OTAN.
Sur X, plusieurs comptes suivant le dossier ont commenté l’ampleur du contrat :
La flotte Victoria en fin de vie
Cette commande doit remplacer les quatre sous-marins de classe Victoria actuellement en service dans la marine canadienne, dont le retrait est programmé d’ici 2035, selon des informations recoupées par Canada Français et La Presse. Ces bâtiments, achetés d’occasion au Royaume-Uni dans les années 1990, arrivent en fin de cycle opérationnel, ce qui explique l’urgence du calendrier de renouvellement fixé par Ottawa.
Contexte en Allemagne
Pour l’industrie navale allemande, ce contrat représente une percée commerciale majeure à l’export. TKMS, filiale historique de ThyssenKrupp spécialisée dans la construction de sous-marins conventionnels, s’impose ainsi face à la concurrence sud-coréenne sur un marché nord-américain jusque-là peu accessible aux constructeurs européens hors zone OTAN traditionnelle. Le site Forum Militaire relève que l’Allemagne a, pour décrocher ce marché, adopté une approche proche de la stratégie industrielle habituellement mise en avant par la France dans ses contrats d’armement à l’export, en misant sur des transferts de compétences et un partenariat industriel élargi avec la Norvège plutôt que sur la seule vente de matériel. Cette annonce intervient alors que plusieurs pays membres de l’OTAN, dont l’Allemagne, ont accru leurs investissements dans la défense ces dernières années, un mouvement dans lequel s’inscrit ce contrat sans qu’aucune source ne permette d’en préciser davantage les motivations politiques propres à Berlin.
Prochaine étape
Les modalités financières et industrielles définitives restent à négocier, un processus qui pourrait s’étendre sur plusieurs années selon les éléments disponibles à ce stade. TKMS a pour objectif affiché de livrer les premiers sous-marins d’ici 2036, un calendrier qui devra être confirmé au fil des prochaines étapes contractuelles entre Ottawa, Berlin et Oslo.
Sources
- Noovo Info : Le Canada choisit une entreprise allemande pour construire sa nouvelle flotte de sous-marins
- Radio-Canada : L'Allemagne bonifie son offre de sous-marins au Canada
- Boursorama : Le Canada fait appel à la société allemande TKMS pour la construction de 12 sous-marins
- La Presse : Se rappeler pourquoi le Canada dépensera 90 milliards