Sous-marins : le Canada choisit l’allemand TKMS, la France hors jeu
Ottawa a désigné le groupe allemand TKMS pour construire douze sous-marins, le plus gros contrat de défense de l'histoire du pays
Le 6 juillet 2026, le Premier ministre Mark Carney a annoncé que l'allemand TKMS était le fournisseur privilégié pour renouveler la flotte sous-marine canadienne. Un contrat pouvant atteindre 100 milliards de dollars canadiens, qui écarte définitivement la France de la compétition.
L’essentiel
- Fait 1 : Le 6 juillet 2026, Mark Carney a désigné l’allemand TKMS comme fournisseur privilégié du Projet de sous-marins de patrouille du Canada (CPSP).
- Fait 2 : Le contrat porte sur 12 sous-marins de type 212CD à propulsion conventionnelle, capables de naviguer sous les glaces de l’Arctique.
- Fait 3 : C’est le plus grand marché de défense de l’histoire du Canada, estimé jusqu’à 100 milliards de dollars canadiens avec la maintenance sur trente ans.
- Fait 4 : TKMS a devancé le sud-coréen Hanwha Ocean dans cet appel d’offres.
- Fait 5 : Les négociations doivent être finalisées d’ici fin 2027, pour une livraison des quatre premiers sous-marins d’ici 2034.
L’annonce a été faite depuis la base des Forces canadiennes à Halifax, en Nouvelle-Écosse, selon l’Associated Press. Mark Carney s’y trouvait juste avant de s’envoler pour le sommet de l’OTAN. Le choix du Premier ministre canadien met fin à des mois de spéculation sur l’identité du futur constructeur de la flotte sous-marine du pays.
L’annonce faite à Halifax, juste avant l’OTAN
Selon le cabinet du Premier ministre, TKMS devient donc le fournisseur privilégié du Projet de sous-marins de patrouille du Canada, connu sous l’acronyme CPSP. Le choix n’est pas encore un contrat signé : il ouvre une phase de négociations exclusives avec le groupe allemand, dont dépendra le calendrier final.
Douze sous-marins capables de naviguer sous les glaces
Le programme prévoit l’acquisition de douze sous-marins du modèle 212CD, à propulsion conventionnelle, selon le gouvernement canadien. Leur particularité : ils peuvent opérer sous la banquise, ce qui correspond à un besoin spécifique du Canada, pays riverain de l’Arctique. Ces nouveaux bâtiments doivent remplacer les quatre sous-marins de la classe Victoria, vieillissants, dont le retrait est prévu au milieu ou à la fin des années 2030, rapporte CBC News.
Un contrat qui peut atteindre 100 milliards de dollars canadiens
C’est l’ampleur financière qui frappe : selon l’Associated Press, ce marché est le plus important de l’histoire de la défense canadienne, avec un montant pouvant grimper jusqu’à 100 milliards de dollars canadiens une fois intégrée la maintenance sur trente ans. Un chiffre qui donne la mesure de l’effort budgétaire consenti par Ottawa pour moderniser sa marine.
TKMS devant le sud-coréen Hanwha Ocean
Le groupe allemand l’a emporté face au sud-coréen Hanwha Ocean, selon Defense News. Les deux industriels étaient les derniers en lice pour ce contrat, dont l’issue était scrutée dans plusieurs chancelleries européennes et asiatiques, tant les retombées industrielles et diplomatiques sont importantes.
Ce que ça change pour la France
Pour les lecteurs français, ce choix a une résonance particulière. La construction navale militaire française, via Naval Group, avait un temps été associée aux discussions sur le renouvellement de la flotte canadienne. Selon la journaliste Claire Martel, qui a suivi le dossier sur X, la France aurait été écartée de la compétition depuis août 2025, sans avoir voix au chapitre sur la phase finale opposant TKMS et Hanwha Ocean.
Ce choix s’inscrit aussi dans un contexte transatlantique plus large. Le compte Les Echos a résumé l’enjeu diplomatique de la décision, la présentant comme un signal envoyé par Ottawa à Washington au moment où le Canada cherche à diversifier ses partenariats de défense hors du giron américain.
Pour l’industrie européenne de défense, ce contrat confirme aussi la montée en puissance de TKMS sur le marché international des sous-marins conventionnels, face à des concurrents coréens de plus en plus compétitifs. Le groupe allemand construit déjà des sous-marins de classe 212 pour la marine allemande et italienne.
Prochaine étape : négociations jusqu’en 2027
Le statut de « fournisseur privilégié » n’équivaut pas encore à un contrat ferme. Selon le gouvernement canadien, les négociations contractuelles doivent se poursuivre jusqu’à la fin de l’année 2027. L’objectif affiché est de livrer les quatre premiers sous-marins d’ici 2034, afin d’éviter toute rupture de capacité pour la Marine royale canadienne au moment du retrait de la classe Victoria.
Les prochains mois diront si le calendrier annoncé par Ottawa tient, et quelles retombées industrielles ce contrat aura pour les chantiers allemands comme pour les sous-traitants canadiens associés au projet.
Sources
- Les Echos : Le Canada choisit l'allemand TKMS pour sa flotte de sous-marins
- BFM Business : Le plus gros contrat de matériel militaire de l'histoire du Canada
- Claire Martel, journaliste : Le Canada choisit officiellement TKMS pour son contrat de sous-marins
- Tweet live : Annonce du choix de TKMS par Mark Carney