Immigration au Canada : Carney dit avoir « repris le contrôle »
À Red Deer, en Alberta, le premier ministre canadien évoque une chute des flux migrants, sur fond de tensions provinciales sur le dossier.
Le 29 juillet 2026, Mark Carney a affirmé depuis l'Alberta que son gouvernement avait « repris le contrôle » de l'immigration. Demandeurs d'asile, travailleurs temporaires et étudiants étrangers les flux ont nettement chuté depuis le budget fédéral 2025-2026.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le 29 juillet 2026, à Red Deer
- Les demandeurs d'asile ont diminué d'un tiers, selon CP24.
- Les travailleurs étrangers temporaires ont été réduits de moitié par rapport aux niveaux antérieurs, selon Noovo Info.
- Les admissions d'étudiants internationaux ont chuté de deux tiers, selon La Presse Canadienne.
- Ottawa vise une part des résidents temporaires sous les 5 % de la population d'ici fin 2027, dans le cadre du budget 2025-2026.
C’est depuis l’Alberta, une province qui a souvent critiqué la politique migratoire fédérale, que Mark Carney a choisi de faire le bilan. Le 29 juillet 2026, à Red Deer, le premier ministre canadien a assuré que son gouvernement avait « repris le contrôle » d’un système d’immigration qu’il jugeait auparavant « hors de contrôle », selon La Presse Canadienne.
Une déclaration remarquée en Alberta
Le choix du lieu n’est pas anodin. L’Alberta est l’une des provinces où la pression sur le logement et les services publics, attribuée en partie à la hausse rapide de la population temporaire ces dernières années, a le plus alimenté le débat politique. C’est dans ce climat que Mark Carney a défendu le bilan de son gouvernement en matière migratoire.
Des chiffres en forte baisse
Selon les chiffres cités par le premier ministre et relayés par CP24, le nombre de demandeurs d’asile a diminué d’un tiers. Les travailleurs étrangers temporaires, eux, ont été réduits de moitié par rapport aux niveaux antérieurs, rapporte Noovo Info. Quant aux étudiants internationaux, leurs admissions ont chuté de deux tiers selon les derniers chiffres officiels cités par La Presse Canadienne.
Ces baisses touchent trois catégories qui avaient toutes connu une croissance rapide au Canada dans les années précédentes, avant de devenir un sujet de crispation politique.
Contexte au Canada : un virage entamé dès le budget 2025-2026
Ce freinage n’est pas une improvisation de dernière minute. Il a été acté dans le budget fédéral 2025-2026, où Ottawa avait annoncé une réduction drastique du nombre de résidents temporaires pour soulager les infrastructures et le marché du logement, selon University Affairs. L’objectif affiché pour la période 2026-2028 est de ramener la part des résidents temporaires sous les 5 % de la population totale du pays d’ici fin 2027.
Le dossier prend une dimension supplémentaire avec un référendum provincial sur l’immigration, évoqué par les autorités albertaines et devant se tenir le 19 octobre 2026. Ce climat de consultation locale illustre à quel point la question migratoire s’est déplacée du seul niveau fédéral vers les provinces.
Ouverture aux provinces et réactions
Signe de cette évolution, Mark Carney s’est dit « très ouvert » à un renforcement du rôle des provinces dans la gestion de l’immigration, tout en maintenant que son gouvernement a repris la main sur le système, selon le média Juno News.
Ce que ça change vu de France
Pour les Français qui envisagent des études ou un emploi temporaire au Canada, ce virage se traduit concrètement par un accès plus restreint aux permis d’études et de travail temporaire, deux voies très utilisées jusqu’ici par les candidats francophones. Le Canada, longtemps présenté comme une destination d’immigration ouverte, resserre ses critères au même moment où plusieurs pays européens, dont la France, débattent eux aussi de leurs propres politiques migratoires. La comparaison entre les deux rives de l’Atlantique n’est pas anodine : elle montre qu’aucun pays occidental n’échappe aujourd’hui à cette tension entre attractivité économique et capacité d’accueil des services publics.
La déclaration de Mark Carney s’inscrit dans une trajectoire déjà engagée plutôt qu’elle n’annonce une rupture. Reste à voir comment ce discours se traduira dans les débats provinciaux à venir, notamment autour du référendum évoqué en Alberta.
