Canicule en Côte-d’Or : les moissons de moutarde de nuit pour sauver la récolte

La récolte de graine de moutarde a débuté avec deux semaines d'avance, baisse de rendement de 10 à 15 %.

Canicule en Côte-d'Or : les moissons de moutarde de nuit pour sauver la récolte
Illustration Simon Perrot / info.fr

Sous l'effet des fortes chaleurs, la récolte de la graine de moutarde a débuté fin juin avec près de deux semaines d'avance. La préfète a décrété la vigilance rouge et autorisé les moissons de nuit pour limiter les pertes. Malgré une baisse de rendement de 10 à 15 %, la filière s'organise.

L’essentiel

  • Fait 1 : La récolte de moutarde en Côte-d’Or a débuté fin juin 2026, près de deux semaines plus tôt que la normale.
  • Fait 2 : Les températures ont dépassé 40 °C, accélérant le cycle de la plante et réduisant les rendements de 10 à 15 %.
  • Fait 3 : La préfète a déclenché la vigilance rouge canicule le 2 juillet et autorisé des dérogations pour les travaux agricoles de nuit.
  • Fait 4 : Reine de Dijon garantit un prix de 1 500 € la tonne à ses producteurs partenaires, sécurisant leurs revenus.

Une moisson précoce sous 40 °C

Dans la plaine dijonnaise, les moissonneuses-batteuses tournent depuis la fin juin. La canicule qui frappe la Côte-d’Or depuis plusieurs jours a précipité la récolte de la graine de moutarde. Selon le site Dijon Beaune Mag, les premiers champs ont été moissonnés avec près de deux semaines d’avance sur le calendrier habituel.

Le thermomètre est monté jusqu’à 40 °C, accélérant le cycle de la plante. La filière estime une baisse de rendement de 10 à 15 % par rapport à une année normale, comme le rapporte La Gazette France. « Les graines ont mûri trop vite », explique un producteur local. La qualité reste toutefois au rendez-vous.

Vigilance rouge et dérogations de nuit

Face aux températures extrêmes, la préfète de la Côte-d’Or a placé le département en vigilance rouge canicule le 2 juillet. Un arrêté autorise désormais les travaux agricoles de nuit, une mesure rare pour permettre aux agriculteurs de moissonner sans risquer un coup de chaud. Dans l’Allier, une vigilance orange feux de forêt a également été déclenchée pour les mêmes raisons climatiques.

Les moissons se déroulent donc de nuit, à la lueur des phares, afin d’éviter les heures les plus chaudes. « On commence vers 22 heures et on s’arrête au lever du jour », témoigne un agriculteur de la plaine de Dijon.

Contexte dans le département

La Côte-d’Or est le premier département producteur de moutarde en France. La culture de la graine de moutarde occupe plusieurs milliers d’hectares, principalement autour de Dijon. La filière emploie directement des centaines d’agriculteurs et alimente les usines du groupe Reine de Dijon. Selon l’Insee, l’agriculture représente 4 % de l’emploi départemental, un poids significatif dans les zones rurales.

La canicule actuelle n’est pas un phénomène isolé. Début juillet, des températures records ont été enregistrées dans plusieurs départements voisins. Dans l’Ain, Bugey et Pays de Gex ont été placés en alerte sécheresse après dix jours de canicule. En Côte-d’Or, les précipitations printanières avaient pourtant été favorables, mais la chaleur estivale a rattrapé les cultures.

Des contrats qui sécurisent les producteurs

Pour faire face aux aléas climatiques, le groupe Reine de Dijon a mis en place des contrats d’approvisionnement avec ses producteurs partenaires. Ceux-ci garantissent un prix d’achat de 1 500 euros la tonne, quel que soit le rendement final. « Cela nous permet de ne pas subir la volatilité des marchés et d’amortir les pertes », explique un responsable de la coopérative cité par La Gazette France.

Résultat : malgré la baisse de rendement, le bilan de la récolte 2026 est jugé « meilleur que prévu » par les acteurs de la filière, selon La Tribune. La précocité a permis de sauver une partie de la production avant que les épis ne grillent sur pied.

Prochaine étape : la transformation

La graine récoltée est désormais acheminée vers les usines de Dijon pour être transformée en moutarde. Le groupe Reine de Dijon prévoit de conditionner les premières bouteilles dès la semaine prochaine. La production 2026 devrait couvrir la demande nationale, malgré des volumes légèrement inférieurs à la moyenne.

Simon
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Sources

Simon Perrot

Simon Perrot

Simon est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Côte-d'Or (21), avec Dijon pour chef-lieu. Spécialité du département : viticulture Cote-de-Nuits/Cote-de-Beaune et Cite gastronomie. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bourgogne-Franche-Comté.

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