Canicule en Gironde : la préfète Sophie Brocas rappelle les consignes anti-incendie
Alors que le département est en vigilance rouge, les autorités alertent sur les 9 feux sur 10 d’origine humaine et le danger des mégots.
La Gironde subit une canicule historique depuis le 21 juin. La préfète Sophie Brocas a activé un plan d'urgence face au risque d'incendie. Trois décès sont à déplorer. Les consignes sont renforcées dans tout le département.
L’essentiel
- Vigilance rouge : La Gironde est en alerte canicule maximale depuis le 21 juin 2026, avec des températures frôlant les 42°C localement.
- 9 feux sur 10 d’origine humaine : La préfète Sophie Brocas rappelle que la quasi-totalité des incendies estivaux sont causés par des imprudences, mégots en tête.
- Un feu maîtrisé : Le SDIS 33 est intervenu le 23 juin sur un sinistre à Saint-Médard-en-Jalles, circonscrit dans la nuit.
- Trois décès : Des personnes âgées de 80 à 95 ans sont mortes à leur domicile le 21 juin, probablement liés à la chaleur.
- Restrictions : L’accès aux pistes forestières est interdit à Saucats, les rassemblements régulés et le Grand Oral du bac reporté.
La préfète Sophie Brocas mobilise les services
Depuis le dimanche 21 juin, la Gironde est placée en vigilance rouge canicule par Météo-France. Les températures dépassent localement les 40°C, ce qui place le département en situation de crise. La préfète Sophie Brocas a réuni les services de l’État, le SDIS 33 et les maires pour coordonner la réponse. Dans un communiqué diffusé le 24 juin, elle rappelle les gestes barrière : s’hydrater, éviter les sorties aux heures chaudes, et surtout ne pas jeter de mégots en forêt.
« En cette période de fortes chaleurs, la végétation est particulièrement vulnérable. Un départ de feu devient possible… 9 feux sur 10 sont d’origine humaine », a tweeté la préfecture de la Gironde le 23 juin.
Les autorités insistent sur le rôle des mégots de cigarette, souvent jetés depuis une voiture ou sur le bas-côté. Selon le ministère de la Transition écologique, un mégot peut mettre le feu à une forêt en quelques secondes par temps sec.
Un risque d’incendie très élevé
Le risque de feu de forêt est maximum. La préfecture et l’Office national des forêts (ONF) rappellent que 9 feux sur 10 sont dus à une négligence humaine : mégots, barbecues, feux de camp, ou travaux agricoles mal maîtrisés. Cette année, la sécheresse de surface est record dans plusieurs secteurs du massif des Landes de Gascogne.
Des arrêtés municipaux ont été pris, notamment à Saucats, pour interdire l’accès aux pistes forestières DFCI (défense de la forêt contre les incendies) durant les heures les plus chaudes, de 10h à 19h. La circulation des véhicules non autorisés est également prohibée dans les zones boisées. Comme ailleurs, la préfecture a suivi des mesures similaires à celles prises dans d’autres régions, par exemple la fermeture immédiate du massif des Trois Pignons, bien que ce dernier soit en Île-de-France.
Des moyens aériens prépositionnés
Face à la menace, la Sécurité civile a déployé des renforts. Un hélicoptère bombardier d’eau et un avion Dash sont stationnés sur la base aérienne de Cazaux depuis le 22 juin. La préfecture indique qu’ils peuvent être engagés en moins d’une heure sur tout le département.
Le SDIS 33 a déjà été mis à l’épreuve. Le mardi 23 juin, un feu de végétation s’est déclaré en milieu d’après-midi à Saint-Médard-en-Jalles, à l’ouest de Bordeaux. Soixante-dix sapeurs-pompiers ont été mobilisés, appuyés par trois Canadair. Le sinistre a été maîtrisé dans la nuit, sans faire de victime ni menacer d’habitations. La piste d’une imprudence est privilégiée selon le SDIS.
Les agriculteurs, eux aussi, adaptent leurs pratiques. La moisson du blé avance par tranches matinales, comme le montrent des initiatives dans d’autres départements : en Haute-Saône, les moissons s’organisent face au risque d’incendie.
Contexte dans la Gironde
Avec 1,6 million d’habitants et 10 000 km², la Gironde est le plus grand département de France métropolitaine. Sa forêt des Landes couvre près de 60 % de son territoire, ce qui en fait une zone très exposée aux incendies estivaux. En 2022, l’été avait été marqué par des feux dévastateurs à Landiras et La Teste-de-Buch, brûlant plus de 30 000 hectares. Depuis, les dispositifs de prévention ont été renforcés : création de coupe-feux, équipement des pistes DFCI, réseau de citernes, et une vigilance accrue des promeneurs. L’actuelle canicule rappelle ces épisodes. La population est appelée à une responsabilité collective, surtout dans une région où la fréquentation touristique triple en été.
Parallèlement, la chaleur a des conséquences sanitaires. Trois décès de personnes âgées (80, 91 et 95 ans) ont été constatés à leur domicile le 21 juin, sans signe de violence, vraisemblablement liés à la canicule. La préfecture a ouvert une cellule de veille pour les personnes isolées. Les Ehpad ont activé leurs plans bleus.
La consommation d’eau potable a explosé de 30 % en trois jours selon le gestionnaire. Le 24 juin, la préfète a placé le département en vigilance renforcée sur l’eau, invitant les usagers à limiter les usages non essentiels (arrosage, lavage de voiture).
Des mesures pour les plus vulnérables
Des restrictions supplémentaires encadrent la vie quotidienne. Les rassemblements extérieurs sont interdits dans une dizaine de communes où les températures dépassent les 40°C. Les chantiers du BTP doivent commencer dès 5h du matin, comme dans le Doubs où les horaires des chantiers ont été élargis pour protéger les ouvriers. À Bordeaux, les maraudes sont renforcées pour les sans-abri, à l’image du dispositif mis en place dans le Loiret.
Le rectorat de Bordeaux a annoncé le report des épreuves du Grand Oral du baccalauréat prévues les après-midi du 22 et 23 juin dans plusieurs lycées girondins. Les candidats sont reçus le matin ou reprogrammés.
La préfète Sophie Brocas a salué l’engagement des agents et rappelé que « la meilleure défense, c’est la prévention ». Elle appelle chacun à signaler tout départ de feu au 112 ou 18.
Prochaine étape : le pic caniculaire est attendu jusqu’à vendredi 26 juin, avec un possible retour à l’orange samedi. Les restrictions pourraient être levées progressivement. En attendant, les consignes de prudence restent en vigueur dans tout le département.