Canicule dans les Hauts-de-Seine : des lycéens passent l’oral de français dans un parking souterrain
Le 26 juin, des élèves du lycée Gustave Eiffel à Rueil-Malmaison ont composé dans un parking souterrain pour fuir la chaleur. Le rectorat de Versailles a autorisé cette délocalisation, le ministre de l'Éducation a réagi.
Confrontés à une canicule exceptionnelle, des lycéens des Hauts-de-Seine ont passé leur oral de français du bac dans le parking souterrain de leur établissement. Une décision validée par le rectorat de Versailles, qui suscite un débat sur l'adaptation des écoles au changement climatique.
L’essentiel
- 26 juin 2026 : des élèves du lycée Gustave Eiffel à Rueil-Malmaison (92) passent l’oral de français dans le parking souterrain de l’établissement à cause de la canicule.
- Autorisation du rectorat : le rectorat de Versailles a validé cette délocalisation après nettoyage et vérification de sécurité, pour éviter le report des épreuves.
- Réaction ministérielle : le ministre Édouard Geffray a reconnu une situation « pas idéale » sur BFMTV, mais salué l’adaptation des équipes. À partir de 2027, les écrits se tiendront le matin.
Oral de français au sous-sol : l’adaptation de dernière minute
Vendredi 26 juin 2026, alors qu’une vague de chaleur extrême frappe l’Île-de-France, les lycéens du lycée Gustave Eiffel à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) se présentent à l’oral de français du baccalauréat dans une configuration inédite : le parking souterrain de l’établissement. Selon Le Parisien, les équipes pédagogiques ont installé des bureaux dans cet espace normalement réservé aux voitures, à l’abri des températures caniculaires du rez-de-chaussée.
La conseillère régionale LFI d’Île-de-France Julie Garnier a diffusé sur X une photo de l’installation, montrant des tables alignées sans lumière naturelle, à côté d’une flaque d’eau. Elle a qualifié l’initiative de « mode en survie », dénonçant une improvisation face à des infrastructures inadaptées. Le tweet a rapidement été relayé, suscitant des réactions politiques et médiatiques.
Le rectorat justifie, le ministre admet
Le rectorat de Versailles a officiellement confirmé avoir autorisé cette délocalisation temporaire. Dans un communiqué, il précise que le parking a été nettoyé et sécurisé, et que cette solution a été privilégiée pour ne pas reporter les oraux. « Le report aurait généré un stress supplémentaire et des complications logistiques pour les candidats », explique l’académie.
Interrogé sur BFMTV, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a reconnu que « ce n’est pas la configuration idéale, ni architecturalement ni pédagogiquement ». Il a toutefois salué « l’agilité et la capacité d’adaptation des équipes » qui ont permis de maintenir les 700 000 oraux prévus cette semaine-là. Une position qui n’a pas apaisé les critiques des syndicats et de l’opposition, dénonçant un manque d’anticipation face aux épisodes de chaleur récurrents.
Contexte dans les Hauts-de-Seine
Les Hauts-de-Seine, département densément peuplé de 1,6 million d’habitants, connaissent une urbanisation marquée. De nombreux établissements scolaires, comme le lycée Gustave Eiffel, sont des bâtiments anciens ou mal isolés. Selon Franceinfo, l’épisode de chaleur du 26 juin, lié à un blocage météorologique « omega », a provoqué le déclenchement du plan blanc dans les hôpitaux d’Île-de-France. Les températures ont dépassé les 40 °C dans plusieurs communes, rendant les salles de classe sans climatisation irrespirables. Plusieurs établissements du département ont dû adapter leurs épreuves, mais celui de Rueil-Malmaison est le seul à avoir utilisé un parking souterrain pour un examen national.
Une mesure pour l’avenir
Face à la multiplication des canicules, le ministère de l’Éducation a annoncé qu’à compter de la session 2027, les épreuves écrites collectives du brevet et du baccalauréat se dérouleront exclusivement le matin. L’objectif : éviter les heures les plus chaudes. Une réponse jugée insuffisante par plusieurs syndicats, qui réclament un plan d’investissement massif dans la rénovation thermique des établissements.
À Rueil-Malmaison, le proviseur n’a pas souhaité commenter. La mairie n’a pas non plus communiqué. L’image des tables posées sur le bitume, sous une lumière artificielle, restera comme un symbole des ajustements que l’école doit inventer face à un climat qui change.
Prochaine étape : la remontée des remontrances et les éventuelles adaptations locales pour les oraux de rattrapage, si les températures restent élevées.
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