Canicule : « L’établissement est plein », l’hôpital sous tension dans l’Ain
Retour sur l'été 2024 où les services d'urgences de l'Ain ont été submergés, avec 527 décès liés à la chaleur dans la région.
L'été 2024 a placé les hôpitaux de l'Ain sous forte pression. Le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse et les urgences d'Oyonnax ont dû réguler leur accès face à l'afflux de patients. Le plan ORSAN national a été déclenché.
L’essentiel
- 527 décès liés à la canicule en Auvergne-Rhône-Alpes durant l’été 2024 (source : Le Progrès, mars 2025)
- 3 700 décès en France métropolitaine pendant la même période (source : Santé publique France, mars 2025)
- Vigilance orange déclenchée dans l’Ain par Météo-France, entraînant des mesures préfectorales
- Plan ORSAN niveau 2 activé pour soutenir les établissements hospitaliers en tension (source : médias, août 2024)
Un été 2024 sous le signe de la chaleur extrême
L’été 2024 restera dans les annales comme l’un des plus meurtriers en France. Selon Santé publique France, plus de 3 700 décès ont été enregistrés sur le territoire métropolitain, dont 527 dans la seule région Auvergne-Rhône-Alpes. Le département de l’Ain a été placé en vigilance orange canicule à plusieurs reprises, obligeant la préfecture à activer des mesures de sécurité.
Le Centre Hospitalier de Mâcon, bien que situé en Saône-et-Loire, couvre une partie du nord de l’Ain. En août 2024, il s’est déclaré saturé. « L’établissement est plein », titrait un tweet du journaliste Thierry du 01, illustrant la tension qui régnait dans les services d’urgences.
Le principal hôpital du département, le Centre Hospitalier de Bourg-en-Bresse, a également subi une forte affluence. Selon des sources médicales locales, les passages aux urgences ont augmenté de façon significative lors des pics de chaleur, avec des pathologies typiques : insuffisance rénale aiguë, décompensation cardiaque et ischémie myocardique. Santé publique France a confirmé une légère hausse des recours aux soins d’urgence fin juillet 2024.
La mobilisation du personnel face à l’afflux
Les équipes soignantes ont dû faire face à des conditions difficiles. Un professionnel de santé témoignait dans Le Parisien le 22 août 2024 : « C’est bien pire que les précédents étés ». Les temps d’attente s’allongeaient et plusieurs services ont dû réguler l’accès aux urgences.
Dans l’Ain, la situation a été particulièrement critique aux urgences d’Oyonnax. Selon Le Progrès et La Voix de l’Ain du 29 juillet 2024, elles ont été fermées plusieurs nuits en août faute de personnel en nombre suffisant. Une cinquantaine d’hôpitaux français se trouvaient en tension au même moment, selon Le Figaro du 20 août 2024.
Face à cette pression, le plan national ORSAN (Organisation de la Réponse du Système de Santé en situations Sanitaires Exceptionnelles) a été déclenché au niveau 2. Ce dispositif permet de coordonner les moyens entre établissements, de rappeler du personnel et de déprogrammer des opérations non urgentes.
Contexte dans l’Ain
L’Ain, département rural mais à la démographie croissante, compte environ 660 000 habitants. Son principal établissement de soins est le Centre Hospitalier de Bourg-en-Bresse, qui assure les urgences pour l’ensemble du bassin de vie. Les hôpitaux d’Oyonnax, Belley et Ambérieu-en-Bugey complètent l’offre. L’été 2024 a montré les fragilités du système face aux épisodes caniculaires répétés, qui devraient s’intensifier avec le changement climatique.
Comme le rappelle un rapport de Santé publique France, les vagues de chaleur de 2024 ont été « exceptionnelles par leur durée et leur intensité ». La région Auvergne-Rhône-Alpes a fait l’objet de bulletins de suivi canicule-santé hebdomadaires tout au long du mois d’août.
Des mesures pour l’avenir
La préfecture de l’Ain avait alors mis en place un numéro vert d’information (Canicule Info Service) et recommandé la fermeture des piscines et des parcs aux heures les plus chaudes. Les Ehpad ont reçu des consignes renforcées d’hydratation et de ventilation.
L’été 2024 restera un avertissement. Les hôpitaux de l’Ain, comme ceux de toute la région, doivent désormais intégrer la canicule dans leur planification annuelle. Selon le record de chaleur nocturne enregistré à Bourges, les épisodes extrêmes se multiplient. Dans le même temps, les salariés de Dunlop à Montluçon demandent des aménagements face à la chaleur. Une tendance de fond que les services de santé devront accompagner.