Canicule de juin : jusqu’à 440 décès par jour en Angleterre et au pays de Galles

Le bilan humain de la vague de chaleur historique de juin 2026 s'alourdit des estimations font état de 2 700 morts liés à la chaleur au Royaume-Uni, dont 42 % imputables au changement climatique.

Canicule de juin : jusqu'à 440 décès par jour en Angleterre et au pays de Galles
Illustration James Whitmore / info.fr

La canicule qui a frappé le Royaume-Uni en juin dernier a provoqué jusqu'à 440 décès quotidiens en Angleterre et au pays de Galles au pic de l'événement, selon des estimations publiées le 13 juillet. Un bilan qui s'inscrit dans une surmortalité européenne inédite plus de 10 000 décès excédentaires recensés sur une seule semaine.

L’essentiel

  • Record de température : 37,7°C enregistrés à Lingwood (Norfolk) le 26 juin 2026, un record pour un mois de juin au Royaume-Uni.
  • Pic mortel : jusqu’à 440 décès par jour en Angleterre et au pays de Galles au plus fort de la canicule, selon The Guardian.
  • Bilan britannique : environ 2 700 décès liés à la chaleur en mai et juin 2026, dont 42 % imputables au changement climatique.
  • Surmortalité européenne : 10 650 décès excédentaires recensés en Europe pour la seule semaine du 22 au 28 juin par le réseau EuroMOMO.
  • Impact en Allemagne : 5 120 décès liés à la chaleur en 2026, concentrés fin juin, et 99 noyades en un mois.

La canicule historique qui a frappé le Royaume-Uni en juin dernier a laissé un bilan humain plus lourd que prévu. Selon des estimations publiées le 13 juillet par The Guardian, jusqu’à 440 personnes sont décédées chaque jour en Angleterre et au pays de Galles au pic de l’événement. Un chiffre qui illustre la violence d’un épisode caniculaire exceptionnel, marqué par un record national de 37,7°C relevé le 26 juin à Lingwood, dans le Norfolk, selon le Met Office.

Pour l’ensemble des vagues de chaleur de mai et juin 2026, environ 2 700 décès ont été recensés en Angleterre et au pays de Galles, selon une étude conjointe de l’Imperial College London, de la London School of Hygiene & Tropical Medicine et du Met Office britannique. Les scientifiques estiment que 42 % de ces décès sont directement imputables au supplément de chaleur causé par le changement climatique. Autrement dit, sans le réchauffement global, plus d’un millier de vies auraient pu être épargnées.

862 morts en une semaine selon un climatologue américain

Christopher Callahan, climatologue à l’Indiana University, a livré une estimation encore plus précise pour la semaine du 22 au 28 juin : 862 décès au Royaume-Uni, période correspondant au pic de la canicule. Ces chiffres convergent avec ceux du réseau de surveillance européen EuroMOMO, qui a comptabilisé 10 650 décès excédentaires dans toute l’Europe pour cette même semaine, touchant principalement les personnes âgées.

L’agence de santé publique britannique (UKHSA) avait émis plusieurs alertes chaleur durant cette période, dont des alertes rouges - le niveau le plus élevé - pour certaines régions. Malgré ces avertissements, les services de santé ont été débordés, et plusieurs décès liés à l’eau ont également été signalés, des baigneurs imprudents ayant tenté de se rafraîchir dans des cours d’eau ou des lacs.

Un phénomène climatique extrême aux racines humaines

L’attribution scientifique de ces décès au changement climatique repose sur des modèles comparant les températures réelles avec celles qu’aurait connues un monde sans émissions de gaz à effet de serre depuis l’ère préindustrielle. Les chercheurs de l’Imperial College et du Met Office ont démontré que la canicule de juin aurait été significativement moins intense - et donc moins meurtrière - sans l’influence anthropique sur le climat.

Ce constat rejoint celui d’études antérieures menées après la canicule de juillet 2022 au Royaume-Uni, qui avait établi un précédent record national de 40,3°C. À l’époque, les scientifiques avaient déjà alerté sur l’accélération du phénomène : les vagues de chaleur autrefois exceptionnelles deviennent désormais récurrentes.

L’Europe durement touchée, l’Allemagne endeuillée

Le Royaume-Uni n’a pas été le seul pays européen frappé. L’Allemagne a enregistré environ 5 120 décès liés à la chaleur en 2026, survenus majoritairement pendant la canicule de fin juin, selon l’agence de santé publique allemande. Par ailleurs, la Fédération allemande de sauvetage (DLRG) a recensé 99 noyades en juin, le pire bilan mensuel en plus de vingt ans. Beaucoup de ces drames sont survenus alors que des baigneurs, cherchant à fuir la chaleur, se sont risqués dans des eaux dangereuses.

En France, la situation n’a pas été aussi dramatique qu’outre-Manche, mais 37 départements ont été placés en vigilance rouge ce lundi 13 juillet, avec des pointes attendues à 40°C dans le Sud-Ouest. Les autorités sanitaires françaises ont multiplié les recommandations pour protéger les personnes vulnérables, en particulier les seniors et les enfants en bas âge.

Des conséquences en cascade : incendies et sécheresse

Au-delà des décès directs, la canicule a déclenché une série d’effets en chaîne. Des feux de forêt ont éclaté début juillet au Royaume-Uni, alimentés par la sécheresse et les températures élevées. En France, dans le Nord, plusieurs feux d’artifice du 14 juillet ont été annulés en raison de l’alerte sécheresse dans la métropole lilloise.

Les infrastructures ont également souffert. Certaines lignes ferroviaires britanniques ont dû limiter leur vitesse pour éviter la déformation des rails sous l’effet de la chaleur. Des coupures d’eau ont été signalées dans plusieurs comtés anglais, les nappes phréatiques étant tombées à des niveaux critiques après des semaines de températures anormalement élevées.

Contexte au Royaume-Uni : un pays vulnérable face à la chaleur

Le Royaume-Uni, habitué à un climat tempéré et pluvieux, est particulièrement vulnérable aux vagues de chaleur. Peu d’habitations disposent de climatisation, et les bâtiments, souvent conçus pour retenir la chaleur, deviennent des pièges lors d’épisodes caniculaires. Selon le Met Office, les étés britanniques se sont réchauffés de 1°C en moyenne depuis les années 1990, et les épisodes de chaleur extrême sont désormais trois fois plus probables qu’il y a quarante ans.

Les autorités sanitaires ont appelé à une adaptation rapide des infrastructures et des comportements. Le National Health Service (NHS), déjà sous pression, a vu ses services d’urgence submergés pendant la canicule, avec des pics d’hospitalisations pour déshydratation, coups de chaleur et problèmes cardio-respiratoires aggravés par la chaleur.

Un avertissement pour l’avenir

Le bilan de juin 2026 constitue un avertissement pour les années à venir. Les climatologues s’accordent pour dire que de tels événements seront de plus en plus fréquents si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas rapidement. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a prévu une augmentation de la fréquence et de l’intensité des canicules en Europe au cours des prochaines décennies.

En attendant, les gouvernements européens travaillent à renforcer leurs plans canicule. Le Royaume-Uni envisage d’étendre son réseau d’îlots de fraîcheur urbains et de rendre obligatoire l’isolation thermique adaptée aux fortes chaleurs dans les nouvelles constructions. Mais pour l’instant, les décès de juin rappellent que l’adaptation reste bien trop lente face à l’urgence climatique.

Les prochaines semaines s’annoncent chaudes au Royaume-Uni, avec des températures estivales persistantes et un risque accru d’incendies. Les autorités appellent la population à rester vigilante et à suivre les consignes de santé publique.

James
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Sources

James Whitmore

James Whitmore

James Whitmore est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Londres. basé sur place, Il couvre l'actualité de le Royaume-Uni pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,...

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