Canicule à Lyon : la police fluviale renforce ses contrôles face aux baignades sauvages après un drame mortel

Le décès du footballeur Kenzo Kies dans le Rhône a accéléré le déploiement de la brigade fluviale, alors que les températures dépassent 38 °C et que le nombre de noyades explose en France.

Canicule à Lyon : la police fluviale renforce ses contrôles face aux baignades sauvages après un drame mortel
Illustration Margaux Bernard / info.fr

En pleine canicule, la brigade fluviale de Lyon multiplie les patrouilles sur le Rhône et la Saône après la noyade mortelle du jeune footballeur Kenzo Kies. Le phénomène des baignades sauvages prend une ampleur inédite, avec un bilan national de 40 décès en cinq jours.

L’essentiel

  • Drame : Kenzo Kies, 21 ans, footballeur de l’EA Guingamp, est mort noyé le 24 juin dans le Rhône au niveau du seuil de la Feyssine, zone de baignade interdite.
  • Canicule : Les températures dépassent 38 °C à Lyon depuis plusieurs jours, provoquant une explosion des baignades sauvages.
  • Riposte : La brigade fluviale a intensifié ses patrouilles nautiques et verbalise les contrevenants, notamment aux abords du confluent et du parc de la Tête d’Or.
  • Bilan national : Au moins 40 décès par noyade recensés en cinq jours sur l’ensemble du territoire.

Un footballeur emporté par les courants

Le dimanche 23 juin 2026, vers 17 h 30, Kenzo Kies, 21 ans, se baigne avec des amis dans le Rhône au niveau du seuil de la Feyssine, à la limite entre Lyon et Villeurbanne. La zone est interdite à la baignade par un arrêté municipal depuis 2003, en raison de courants violents et de tourbillons. Le jeune homme, formé à l’AS Saint-Étienne et évoluant à l’En Avant Guingamp, est happé par le courant et disparaît sous l’eau. Les sapeurs-pompiers parviennent à le secourir après 50 minutes d’immersion. Plongé dans un état de mort cérébrale, il décède le mercredi 24 juin à l’hôpital.

Le parquet de Lyon a ouvert une enquête, confiée à la sûreté départementale du Rhône, pour déterminer les circonstances exactes du drame. Le club d’EA Guingamp a rendu hommage à son joueur sur les réseaux sociaux, saluant « un jeune homme talentueux et prometteur ».

Canicule : l’afflux massif sur les berges

Depuis le début de l’épisode caniculaire marqué par des températures flirtant avec les 40 °C, les berges du Rhône et de la Saône connaissent une affluence record. Malgré les panneaux d’interdiction et les arrêtés municipaux, des centaines de Lyonnais et de touristes se jettent à l’eau chaque jour. Le seuil de la Feyssine, le confluent Rhône-Saône, les quais Fulchiron et les abords du parc de la Tête d’Or sont les zones les plus prisées - et les plus dangereuses.

Selon le dernier bilan du gouvernement, 40 décès par noyade ont été recensés en France entre le 20 et le 25 juin, dont une majorité dans des zones de baignade non surveillées. Une situation qualifiée de « dramatique » par la ministre de la Santé.

La brigade fluviale en première ligne

Face à l’urgence, la préfecture du Rhône a annoncé un renforcement significatif des patrouilles nautiques. La brigade fluviale de la police nationale, équipée de l’embarcation semi-rigide « Phénix », sillonne désormais le Rhône et la Saône en continu, y compris en soirée.

Le 24 juin, une opération d’envergure a permis de contrôler et verbaliser plusieurs jeunes, dont des mineurs, qui se baignaient dans des secteurs interdits. Les amendes peuvent atteindre 68 euros pour baignade illégale, mais les forces de l’ordre privilégient d’abord la prévention et la sensibilisation avant la répression.

« Nous sommes dans une logique d’apaisement, mais face à la récidive et au danger mortel, nous sommes contraints de verbaliser », indique un responsable de la brigade fluviale cité par Le Progrès. Les contrôles ciblent en priorité les zones réputées les plus accidentogènes : le confluent, le seuil de la Feyssine et les berges du parc de la Tête d’Or.

Contexte dans le Rhône

Le département du Rhône, traversé par deux grands fleuves, compte de nombreux sites de baignade naturelle non surveillés. Chaque été, les services de secours et les forces de l’ordre multiplient les appels à la prudence. En 2025, on avait déjà recensé 29 noyades dans le département, dont 8 mortelles. Le seuil de la Feyssine, malgré son interdiction vieille de plus de vingt ans, reste un lieu de rassemblement populaire, notamment chez les jeunes. L’absence de zone de baignade surveillée dans le centre-ville de Lyon accentue le report vers ces espaces non réglementés. La municipalité et Voies Navigables de France mènent chaque année des campagnes d’information, mais l’attrait de l’eau fraîche en période de canicule l’emporte souvent sur la raison.

Prévention et campagnes de sensibilisation

La Ville de Lyon et Voies Navigables de France ont relancé une campagne conjointe intitulée « L’eau tue en silence ». Des affiches sont placardées sur les quais, et des messages sont diffusés sur les radios locales et les réseaux sociaux. Des patrouilles pédestres de médiateurs et de policiers municipaux sillonnent également les berges pour rappeler les risques de courants - particulièrement forts au niveau des seuils et des écluses - ainsi que le danger lié au passage des péniches.

Par ailleurs, des arrêtés municipaux renforcés ont été pris pour fermer l’accès à certains points sensibles, notamment les escaliers menant directement au fleuve. Des barrières temporaires ont été installées au seuil de la Feyssine, mais elles ont été rapidement contournées par les baigneurs.

Dans d’autres départements, des mesures similaires sont prises. Dans le Nord, le préfet a rappelé l’interdiction du street-pooling et les sanctions associées. À Laval, trente lieux de fraîcheur - dont des piscines gratuites - ont été ouverts au public pour offrir des alternatives à la baignade sauvage.

Prochaine étape : la préfecture du Rhône annonce une réunion de coordination lundi 29 juin avec la Ville de Lyon, les pompiers, VNF et la police pour évaluer l’efficacité des patrouilles et décider d’éventuelles mesures complémentaires. L’enquête sur la mort de Kenzo Kies se poursuit.

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Sources

Margaux Bernard

Margaux Bernard

Margaux est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Rhône (69), avec Lyon pour chef-lieu. Spécialité du département : 2e métropole française et capitale gastronomique. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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