Canicule à Paris : 80 morts et 30 arrêts cardiaques en 24 heures, le SAMU sous pression
Le SAMU de Paris a enregistré 80 décès hors hôpital samedi 27 juin, au lendemain d’une journée record à 109 morts. Les urgences et les funérariums sont saturés.
En pleine canicule historique, le SAMU de Paris a recensé 80 décès et 30 arrêts cardiaques le 27 juin. La veille, 109 personnes étaient mortes hors hôpital. L’ARS a déclenché le Plan Blanc, le gouvernement a activé le niveau 3 du plan ORSAN.
L’essentiel
- 80 décès hors hôpital enregistrés par le SAMU de Paris le samedi 27 juin 2026, dont 30 arrêts cardiaques.
- La veille, 109 décès avaient été comptabilisés (contre 7 en moyenne un jour normal).
- Les deux funérariums intra-muros de Paris sont saturés depuis samedi matin.
- L’ARS Île-de-France a activé le Plan Blanc régional le 26 juin à 18h ; le gouvernement a déclenché le niveau 3 du plan ORSAN.
- La réserve sanitaire nationale a été mobilisée pour un mois à compter du 27 juin.
Un bilan en deux jours : près de 190 décès hors hôpital
Le SAMU de Paris a enregistré 80 décès hors hôpital et 30 arrêts cardiaques sur la seule journée du samedi 27 juin 2026, selon les données communiquées à BFMTV. Ce chiffre succède à un vendredi noir : 109 décès hors hôpital recensés le 26 juin, alors que la moyenne quotidienne habituelle tourne autour de 7 décès, selon le service d’urgence.
Les équipes du SAMU, renforcées depuis le début de l’alerte canicule, font face à un afflux de cas graves d’hyperthermie. Un cas extrême a été signalé chez une patiente prise en charge avec une température corporelle de 43,7 °C, selon le SAMU de Paris. Les services d’urgence de l’AP-HP ont comptabilisé près de 3 000 passages samedi, soit une hausse de 36 % par rapport à une journée normale.
Saturation des funérariums et transferts vers la petite couronne
Les deux funérariums intra-muros de Paris sont saturés depuis samedi matin, a rapporté la Fédération nationale du funéraire. Des transferts de corps vers les établissements de la petite couronne ont été organisés pour faire face à l’afflux. Les chambres funéraires des hôpitaux sont également sous tension.
Cette surmortalité s’inscrit dans une canicule historique qui touche toute la France depuis le début de la semaine. Dans plusieurs départements, des mesures exceptionnelles ont été prises : dans l’Ain, le préfet a interdit la vente d’alcool sur la voie publique ; dans les Deux-Sèvres, du lait de chaux a été épandu sur les routes pour éviter la fonte du bitume ; à La Roche-sur-Yon, les bus sont devenus gratuits pendant trois jours. Autant de signes d’une crise sanitaire et logistique inédite.
Plan Blanc, ORSAN : la mobilisation des autorités
Face à l’ampleur de la crise, l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France a activé le Plan Blanc régional le vendredi 26 juin 2026 à 18h. Ce dispositif permet la mobilisation de moyens supplémentaires et la reprogrammation d’activités non urgentes dans les hôpitaux.
Le gouvernement a déclenché le niveau 3 du plan national ORSAN (Organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles). La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a reconnu une surmortalité nationale liée à cette vague de chaleur, sans pouvoir encore en consolider les chiffres.
Par arrêté publié au Journal Officiel, la réserve sanitaire nationale a été mobilisée à compter du 27 juin pour une durée d’un mois. Cette décision permet de renforcer les effectifs des services d’urgence et des SAMU de la région.
Contexte dans le département (Paris, 75)
Paris, commune la plus peuplée d’Île-de-France avec plus de 2,1 millions d’habitants, concentre une forte densité de personnes âgées et isolées, particulièrement vulnérables aux épisodes de canicule. La capitale ne dispose que de deux funérariums intra-muros, ce qui limite rapidement les capacités d’accueil en cas de surmortalité.
Les appels aux quatre centres SAMU d’Île-de-France ont bondi de 80 % sur la semaine écoulée, selon l’AP-HP. Les urgences de l’AP-HP, qui couvrent une large partie de l’agglomération parisienne, enregistrent des taux de saturation jamais vus depuis la crise du Covid-19. Le Plan Blanc régional et l’activation ORSAN visent à éviter une rupture totale de la chaîne de soins.
La canicule de juin 2026 succède à une série d’étés chauds : en 2023, Paris avait déjà connu un épisode de surmortalité, mais les chiffres actuels sont sans précédent pour un mois de juin. Les services météorologiques prévoient un maintien des températures élevées au moins jusqu’au début juillet.
Les critiques politiques fusent
Le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy (RN) a dénoncé ce dimanche 28 juin un « fiasco gouvernemental » face à la gestion des chaleurs extrêmes. Lors d’une interview sur BFMTV, il a réclamé un plan d’équipement en climatisation des logements et des établissements recevant du public. D’autres voix, à gauche et au centre, appellent à un renforcement du plan canicule national, actuellement en niveau 3 d’alerte.
La mairie de Paris rappelle que des centres de rafraîchissement ont été ouverts dans les arrondissements et que des fontaines à eau ont été déployées. Mais les associations de quartier jugent ces mesures insuffisantes face à l’urgence.
La ministre de la Santé doit s’exprimer ce lundi 29 juin en fin de matinée pour dresser un premier bilan consolidé de la surmortalité et annoncer d’éventuelles nouvelles mesures.
En attendant, les équipes du SAMU et des pompiers de Paris restent mobilisées en continu. Les hôpitaux d’Île-de-France sont invités à déprogrammer les interventions non urgentes jusqu’à la fin de l’alerte canicule, actuellement maintenue jusqu’à mercredi.