Canicule à Paris : les pompiers ont réalisé jusqu’à 2 400 interventions par jour
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a communiqué le 28 juin un bilan marqué par un doublement de l'activité des sapeurs-pompiers de Paris et plus de 122 000 interventions à l'échelle nationale.
Au plus fort de l'épisode caniculaire qui frappe la France depuis le 18 juin, les sapeurs-pompiers de Paris ont vu leur nombre d'interventions quotidiennes doubler, passant de 1 250 à 2 400 - voire 2 500 - par jour. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a détaillé ces chiffres le 28 juin à la caserne Boursault.
L’essentiel
- Fait 1 : Les sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) sont passés de 1 250 à 2 400‑2 500 interventions par jour au plus fort de la canicule de juin 2026.
- Fait 2 : Au niveau national, plus de 122 000 interventions liées à la chaleur ont été réalisées depuis le 18 juin, soit une hausse moyenne de 22 %.
- Fait 3 : Le vendredi 26 juin, le SAMU de Paris a recensé 109 décès à domicile ou sur la voie publique, 3 400 appels et 30 arrêts cardio‑respiratoires.
- Fait 4 : Le plan Orsan 3 a été activé le 25 juin et la préfecture de police a interdit l’alcool sur la voie publique à Paris dès le 26 juin.
Un bilan officiel à la caserne Boursault
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez s’est rendu le 28 juin 2026 à la caserne de pompiers Boursault, dans le 17ᵉ arrondissement de Paris, pour dresser le premier bilan chiffré de la canicule qui touche la France depuis le 18 juin. Accompagné du préfet de police Patrice Faure et de responsables de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), il a présenté des statistiques témoignant d’une tension inédite sur les secours.
« À Paris, nous sommes passés de 1 250 interventions à 2 400 par jour », a déclaré le ministre sur X. « Sur cette période, ils ont réalisé plus de 122 000 interventions, soit une hausse moyenne de 22 % de l’activité à l’échelle nationale. »
Un doublement de l’activité des pompiers parisiens
La BSPP, qui couvre Paris et les trois départements de la petite couronne, a enregistré les plus fortes hausses. Le pic a été atteint plusieurs jours consécutifs avec 2 400 à 2 500 interventions quotidiennes, selon le ministre. En temps normal, la brigade effectue environ 1 250 sorties par jour. L’augmentation a surtout concerné les malaises liés à la chaleur, les déshydratations et les coups de chaleur, notamment chez les personnes âgées et les personnes sans abri.
Au plus fort de l’épisode, le vendredi 26 juin, la hausse nationale des interventions de secours a atteint 49 % par rapport à un jour de juin classique, d’après les données communiquées par le ministère.
Saturation des urgences et surmortalité
La pression n’a pas concerné que les pompiers. Le SAMU de Paris a connu une journée noire le 26 juin. Selon les chiffres transmis par l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP‑HP), 109 décès ont été constatés à domicile ou sur la voie publique en 24 heures, un niveau exceptionnel. Le même jour, le SAMU a reçu 3 400 appels et enregistré 30 arrêts cardio‑respiratoires.
L’AP‑HP a par ailleurs relevé une hausse de 80 % des appels sur une semaine dans les services d’urgence des huit départements franciliens, et une augmentation de 36 % de l’activité des urgences hospitalières. Plusieurs hôpitaux parisiens ont activé leurs plans blancs.
Dans les Yvelines, un drame est survenu à Fontenay‑le‑Fleury : une adolescente de 12 ans est décédée des suites de la chaleur. Un article consacré à ce sujet est disponible sur info.fr.
Lire notre article sur le drame de la canicule à Fontenay‑le‑Fleury
Les mesures d’urgence : Orsan 3 et interdiction de l’alcool
Face à l’intensité de la vague de chaleur, le gouvernement de Sébastien Lecornu a activé le plan sanitaire d’urgence Orsan 3 le 25 juin. Ce niveau, le plus élevé, permet de coordonner les moyens de l’État, des hôpitaux et des associations de secours. Il n’avait été déclenché qu’une seule fois auparavant, lors de la canicule d’août 2003.
Parallèlement, le préfet de police Patrice Faure a pris un arrêté interdisant la consommation et la vente d’alcool sur la voie publique à Paris à compter du vendredi 26 juin. Objectif : limiter les admissions aux urgences liées à l’alcoolisation, qui auraient aggravé la saturation des services. L’interdiction a été maintenue jusqu’au 29 juin.
Contexte dans le 75 - Paris
Avec une population d’environ 2,2 millions d’habitants intra-muros et une densité parmi les plus élevées d’Europe, Paris est particulièrement vulnérable aux épisodes caniculaires. Le phénomène d’îlot de chaleur urbain y est accusé : les températures nocturnes descendent difficilement sous les 25 °C lors des pics. La BSPP, unité d’élite de l’armée de Terre, est le principal acteur du secours dans la capitale. En 2025, elle avait déjà réalisé plus de 520 000 interventions sur l’année, selon son rapport d’activité. L’épisode de juin 2026 constitue son plus fort pic d’activité jamais enregistré sur une période aussi courte.
Les services de la Ville de Paris, en lien avec la préfecture, ont ouvert des salles climatisées dans les mairies d’arrondissement et activé le numéro vert « Canicule » dès le 19 juin. Des distributions d’eau ont été organisées dans les gares et les parcs.
Prochaine étape : le bilan définitif attendu en juillet
Le ministre de l’Intérieur a annoncé qu’un bilan consolidé - incluant la surmortalité totale et l’évaluation des coûts pour la Sécurité civile - sera rendu public dans les premiers jours de juillet. Les prévisions météorologiques indiquent une baisse des températures à partir du 2 juillet, mais les effets sanitaires de la canicule continuent d’être suivis par Santé publique France.