Canicule à Roland-Garros : les finales juniors 15/16 ans décalées à 8h du matin
Sous des températures frôlant les 35°C, la FFT avance les finales filles et garçons des championnats de France 15/16 ans à dimanche 8h pour protéger les jeunes talents.
Sous une canicule précoce, la Fédération Française de Tennis a décalé les finales des championnats de France 15/16 ans à 8h du matin ce dimanche 21 juin. Une mesure rare pour préserver la santé des jeunes espoirs du tennis français.
L’essentiel
- Fait 1 : Les finales filles et garçons des championnats de France 15/16 ans sont programmées à 8h00, dimanche 21 juin 2026, sur la terre battue de Roland-Garros.
- Fait 2 : La décision n’a pas été prise par la FFT en raison d’une vague de chaleur sévissant à Paris, avec des températures atteignant 35°C.
- Fait 3 : Chez les garçons, Benoît Geldof (Ligue Île-de-France, -2/6) affronte Charles Rossillol (Ligue PACA, 1/6).
- Fait 4 : Chez les filles, Mila Bastianelli (Ligue PACA, -2/6) rencontre Charlotte Cora-Bruneton (Ligue Île-de-France, -2/6).
- Fait 5 : L’accès au public est gratuit sur réservation via HelloAsso.
Une horloge biologique chamboulée par le mercure
Les jeunes athlètes des championnats de France individuels 15/16 ans ont dû régler leur réveil sur le soleil levant. Ce dimanche 21 juin, à 8 heures tapantes, les deux finales - filles et garçons - seront lancées simultanément sur les courts annexes de Roland-Garros. La raison ? Une canicule précoce qui plaque des températures proches de 35°C sur la capitale depuis plusieurs jours.
« Les finales filles et garçons 15/16 ans sont finalement toutes les deux à 8h du matin, en raison de la canicule », a confirmé le compte X Tennis Légende, relayant la communication officielle de la Fédération Française de Tennis. Une mesure rarissime pour cette catégorie d’âge, habituellement programmée en fin de matinée ou début d’après-midi. La FFT a préféré jouer la carte de la prudence plutôt que de risquer des coups de chaleur sur des organismes encore en développement.
La semaine de compétition, qui s’est déroulée du 17 au 21 juin sur la terre battue parisienne, a été marquée par des conditions météorologiques extrêmes. Les organisateurs ont multiplié les points d’eau, les zones d’ombre et les pauses rafraîchissantes pour les jeunes joueurs. Mais l’épisode de chaleur, qui place plusieurs départements en vigilance (lire notre article sur la Seine-Saint-Denis en vigilance rouge canicule extrême), a finalement imposé ce coup de poker horaire.
Duel de revers à une main chez les garçons
La finale masculine promet un choc de style. Benoît Geldof, classé -2/6 et licencié à la Ligue Île-de-France, affronte Charles Rossillol (1/6, Ligue PACA). Geldof, originaire de La Réunion, a déjà un CV qui claque : champion d’Europe avec l’équipe de France lors de la Winter Cup en février 2026. Son revers à une main, une rareté chez les jeunes, fait sa signature. En face, Rossillol, joueur de la région Paca, a impressionné par sa régularité tout au long de la semaine.
« Jouer à 8h, c’est inhabituel, mais on s’adapte », confiait un encadrant technique sur place. « L’important, c’est que les garçons soient en bonne santé et puissent donner le meilleur d’eux-mêmes. »
Mila Bastianelli, le retour d’une ancienne championne
Côté filles, Mila Bastianelli, classée -2/6 (Ligue PACA), retrouve une finale nationale après avoir remporté le titre des 13/14 ans en 2024. Son chemin jusqu’à ce match a été rectiligne : elle n’a pas perdu un set de la semaine. Face à elle, Charlotte Cora-Bruneton (-2/6, Ligue Île-de-France) s’est qualifiée pour la première fois pour une finale des 15/16 ans, profitant du forfait sur blessure de Capucine Durnes en demi-finale, samedi 20 juin.
« Charlotte a su garder son sang-froid dans des conditions difficiles », a souligné un observateur. La rencontre s’annonce équilibrée entre deux joueuses au jeu agressif et à la condition physique éprouvée par la chaleur.
Contexte dans le département : Paris sous le feu du climat
Roland-Garros, situé dans le 16e arrondissement de Paris, est au cœur de l’épisode caniculaire qui frappe l’Île-de-France. Le stade, habitué à accueillir le grand chelem en mai-juin, doit de plus en plus composer avec des étés précoces. En 2026, la compétition junior tombe en plein pic de chaleur, contraignant les organisateurs à revoir leurs plans.
Cette adaptation horaire rappelle les mesures prises ailleurs dans la région : en Seine-Saint-Denis, la vigilance rouge a entraîné l’annulation de plusieurs événements sportifs le même week-end (voir notre article). Les fédérations sont désormais obligées d’intégrer le risque canicule dans leur calendrier, surtout pour les catégories jeunes.
Un impact plus large sur le sport amateur
L’épisode de chaleur ne touche pas que le tennis. Dans le Nord et le Pas-de-Calais, la vigilance jaune canicule est maintenue, avec un risque de passage en orange lundi, comme nous l’évoquions dans un précédent article. Les clubs sportifs sont invités à adapter leurs entraînements. La pénurie de maîtres-nageurs, déjà critique cet été, complique encore la donne pour les piscines (lire notre enquête).
Prochaine étape : les lauréats de ce dimanche matin décrocheront leur ticket pour les championnats d’Europe juniors, prévus cet été. Mais avant cela, il faudra dompter la chaleur et ses adversaires sur la terre battue parisienne.