Canicule en Tarn-et-Garonne : la préfecture enchaîne les réunions de crise
Face à la vigilance rouge et des températures jusqu'à 41°C, le préfet Sébastien Cauwel a activé le Centre opérationnel départemental. Les cellules de crise se réunissent jusqu'à trois fois par jour pour coordonner secours, hébergement d'urgence et la gestion de l'arrêt de la centrale de Golfech.
Depuis lundi 22 juin, le Tarn-et-Garonne est en vigilance rouge canicule. La préfecture de Montauban a activé son Centre opérationnel départemental et tient deux à trois réunions de crise par jour. Parmi les conséquences la centrale nucléaire de Golfech a dû arrêter son réacteur n°2.
L’essentiel
- Activation du COD : le préfet Sébastien Cauwel a activé le Centre opérationnel départemental lundi 22 juin à 11h00, juste avant le passage en vigilance rouge à 12h00.
- Réunions de crise : la cellule de crise se réunit physiquement en préfecture 2 à 3 fois par jour pour coordonner les services de l’État.
- Arrêt de Golfech : le réacteur n°2 de la centrale nucléaire a été mis à l’arrêt le 22 juin à 23h45 en raison de la température de la Garonne.
- Hébergement d’urgence : le centre SOS Solidarité de Montauban accueille entre 40 et 80 sans-abri par jour ; un gymnase a été préparé à Nègrepelisse.
- Fermeture d’école : le groupe scolaire JB Ver / F. Dolto de Lafrançaise a fermé les 22 et 23 juin.
Le Tarn-et-Garonne vit un épisode caniculaire exceptionnel. Depuis lundi 22 juin 2026, le département est placé en vigilance rouge par Météo-France, avec des températures maximales atteignant 41°C sous abri. Pour faire face, la préfecture de Montauban a activé son Centre opérationnel départemental (COD) dès 11h00, une heure avant l’entrée en vigueur de l’alerte rouge à midi.
Une cellule de crise réunie deux à trois fois par jour
Le dispositif de crise est piloté directement par le préfet Sébastien Cauwel, arrivé à la tête du département le 1er juin dernier. « On se réunit deux à trois fois par jour », a-t-il indiqué. Ces points de situation rassemblent physiquement les services de secours (SDIS), l’Agence régionale de santé (ARS), Enedis, les forces de l’ordre et les représentants des collectivités.
L’objectif est d’ajuster en temps réel les mesures d’urgence. La préfecture a notamment interdit les activités sportives en plein air et limitié la consommation d’alcool sur la voie publique pour les personnes vulnérables, conformément au plan canicule national.
Des mesures sociales renforcées
L’attention portée aux personnes sans abri a été renforcée. Le centre SOS Solidarité, situé avenue de Cos à Montauban, a élargi ses horaires d’ouverture et accueille chaque jour entre 40 et 80 personnes. En parallèle, la préfecture a programmé l’ouverture d’un gymnase d’accueil d’urgence jusqu’à 21h00 à Nègrepelisse, en prévision d’une aggravation de la situation.
Les maraudes ont également été intensifiées par les associations locales, avec le concours de la Protection civile. « Les personnes vulnérables sont notre priorité », a souligné la préfecture dans un communiqué.
Dans le secteur scolaire, la commune de Lafrançaise a fermé temporairement le groupe scolaire JB Ver / F. Dolto les 22 et 23 juin, une décision prise par la mairie en accord avec l’inspection académique.
La centrale de Golfech à l’arrêt
Conséquence directe de la canicule : la centrale nucléaire de Golfech a dû mettre à l’arrêt son réacteur n°2 le lundi 22 juin à 23h45. En cause, les « contraintes environnementales » liées à la température élevée de la Garonne, qui sert au refroidissement des installations. L’exploitant EDF n’a pas communiqué de date de redémarrage, celui-ci étant conditionné à une baisse suffisante de la température du fleuve.
Le réacteur n°1, lui, était déjà à l’arrêt pour maintenance programmée. La centrale de Golfech se trouve ainsi totalement à l’arrêt au moment où la demande d’électricité explose à cause de la climatisation.
Contexte dans le Tarn-et-Garonne
Avec 260 000 habitants, le Tarn-et-Garonne est l’un des départements les plus chauds d’Occitanie en été. Sa situation géographique, entre vallée de la Garonne et coteaux, favorise les fortes chaleurs. La vigilance rouge canicule y est déclenchée en moyenne un à deux jours par an depuis 2020, mais l’épisode actuel est le plus long observé sur une décennie, selon Météo-France.
Le département compte plusieurs zones sensibles : le centre-ville de Montauban, avec ses logements anciens mal isolés, et les communes rurales isolées, où les personnes âgées sont nombreuses. Les services de l’État ont recensé 1 200 personnes inscrites sur le registre communal des personnes fragiles, un fichier activé en cas de canicule.
À titre de comparaison, d’autres départements français sont également sous le coup de la vigilance rouge : ils étaient 49 le 22 juin, 58 le 24 juin, selon Météo-France. Le préfet de la Somme a lui aussi activé son plan de crise face à des températures équivalentes.
Prochaine étape : le pic attendu mercredi
Selon les prévisions de Météo-France, les températures maximales devraient encore grimper mercredi 24 juin, avant une dégradation orageuse en fin de semaine. La préfecture a indiqué que le COD resterait activé au moins jusqu’à jeudi, avec une réévaluation quotidienne des mesures.
La cellule de crise se réunira à nouveau ce mercredi matin pour faire le point sur la situation des personnes hébergées et sur les éventuelles nouvelles fermetures d’établissements recevant du public.