Canicule en Vendée : hécatombe dans les élevages et saturation de l’équarrissage
La vague de chaleur historique du 21 au 25 juin 2026 a causé une surmortalité animale massive en Vendée, avec des pertes records dans les élevages de volailles, porcs et bovins.
Plus de 1 500 tonnes de cadavres d'animaux attendent la collecte dans les Pays de la Loire. En Vendée, des éleveurs ont perdu jusqu'à 2 200 poulets en un jour. Face à la saturation, la DDPP autorise l'enfouissement exceptionnel sur place.
L’essentiel
- 44,6 °C enregistrés à Chantonnay le 22 juin, record départemental pour le mois de juin.
- 2 200 poulets étouffés chez un éleveur de Beauvoir-sur-Mer en une seule journée.
- 1 500 tonnes de cadavres d’animaux en attente dans la région, la filière équarrissage saturée.
- +1 000 % de surmortalité chez les volailles pendant l’épisode caniculaire.
- Arrêté préfectoral restreignant l’usage de l’eau potable du 29 juin au 31 octobre 2026.
La Vendée a subi un épisode caniculaire exceptionnel du 21 au 25 juin 2026. Avec des pointes à 44,6 °C à Chantonnay et 41 °C à La Roche-sur-Yon, le département a été placé en vigilance rouge par le préfet Éric Freysselinard. Les conséquences sur les exploitations agricoles sont lourdes : surmortalité animale historique, pertes économiques et saturation des services d’équarrissage.
Le tweet du journal télévisé de France 2 illustre l’ampleur de la crise :
Des températures records sur le département
La station Météo-France de La Roche-sur-Yon a enregistré un record mensuel de chaleur avec 41 °C le lundi 22 juin. Le même jour, la commune de Chantonnay, dans le sud du département, a culminé à 44,6 °C, du jamais-vu pour un mois de juin en Vendée, selon les données de la préfecture. Le préfet a déclenché la vigilance rouge canicule dès le 21 juin au soir, activant le plan de gestion départemental.
« Nous avons connu trois jours d’une chaleur écrasante, sans précédent dans nos relevés », confirme un agent de Météo-France consulté par info.fr.
Des élevages durement touchés
Les élevages de volailles, particulièrement sensibles aux fortes chaleurs, ont payé le plus lourd tribut. À Beauvoir-sur-Mer, Stéphane Delapré, éleveur Label Rouge, a perdu la moitié de son cheptel en une seule journée : 2 200 poulets étouffés par l’asphyxie thermique. « Le bâtiment était ventilé, mais la température a grimpé trop vite, les bêtes n’ont pas survécu », explique-t-il à l’AFP. Le préjudice financier direct est estimé à 30 000 euros pour cette seule exploitation.
Non loin de Pouzauges, un éleveur bio a également perdu 2 000 poulets le 22 juin. Les chiffres de la Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire font état d’une surmortalité de +1 000 % chez les volailles durant l’épisode caniculaire.
Les élevages de porcs et de bovins n’ont pas été épargnés. La surmortalité a bondi de +200 % chez les porcs et de +45 % chez les bovins, selon le réseau d’alerte Réussir. Aux Essarts-en-Bocage, l’éleveur laitier Régis Bonnin a perdu une génisse et constate une baisse de production de 4 à 5 litres de lait par jour pour ses 120 vaches. « Le stress thermique a fait chuter la lactation, et il faudra plusieurs jours pour retrouver un rythme normal », témoigne-t-il sur Pleinchamp.
Une crise sanitaire autour de l’équarrissage
Face à l’afflux de cadavres, les services d’équarrissage sont débordés. La Chambre d’Agriculture régionale estime à plus de 1 500 tonnes le volume total de carcasses en attente de collecte dans les Pays de la Loire au soir du 24 juin. « Les équarrisseurs ne peuvent pas suivre le rythme : les bennes tournent en continu mais les délais s’allongent », indique un responsable de la filière.
La Direction départementale de la protection des populations (DDPP) a dû prendre une mesure exceptionnelle : autoriser temporairement l’enfouissement direct des cadavres de volailles sur les exploitations. Une dérogation encadrée, valable jusqu’à la fin de la semaine, pour éviter les risques sanitaires liés à l’accumulation. « Nous sommes conscients de l’urgence, mais cette solution n’est pas viable à long terme », prévient un agent de la DDPP.
Contexte dans la Vendée
La Vendée est un département agricole de premier plan dans les Pays de la Loire. Avec plus de 8 000 exploitations, l’élevage représente une part majeure de l’économie locale : volailles (Label Rouge, bio), porcs (premier département de la région) et bovins lait. L’épisode caniculaire de juin 2026 intervient après une année 2025 déjà marquée par des sécheresses estivales. Les coopératives agricoles, comme Terrena et Cavac, ont déjà annoncé des mesures d’urgence pour l’alimentation et l’abreuvement des bêtes. La chambre d’agriculture a mis en place une cellule de crise pour accompagner les exploitants dans leurs déclarations de pertes.
Dans le Morbihan voisin, la canicule a également provoqué l’arrêt de sept usines pour sauvegarder la ressource en eau. En Vendée, les restrictions d’eau potable sont désormais en vigueur.
Les mesures de restriction
Pour faire face à la sécheresse consécutive à cette canicule, le préfet a pris un arrêté le 26 juin restreignant l’usage de l’eau potable sur l’ensemble du département. Applicable du 29 juin au 31 octobre 2026, il interdit notamment le lavage des véhicules, le remplissage des piscines privées et l’arrosage des pelouses en journée. « Des contrôles seront effectués, les contrevenants s’exposent à des amendes », prévient la préfecture.
Les agriculteurs ne sont pas épargnés : l’irrigation des cultures est limitée à certaines plages horaires, et les élevages doivent prioriser l’abreuvement des animaux. Une situation qui rappelle celle du Lot, où des restrictions similaires ont été imposées.
Prochaine étape : le gouvernement doit annoncer dans les prochains jours un dispositif d’indemnisation pour les éleveurs sinistrés, sous forme d’avances du fonds de calamités agricoles. Les syndicats agricoles réclament également des mesures structurelles pour adapter les bâtiments d’élevage aux épisodes caniculaires récurrents.