Canicule en Vendée : des milliers de poulets morts étouffés, des éleveurs en détresse

La vigilance rouge canicule a causé des pertes massives dans les élevages vendéens, avec des températures dépassant les 41°C et des milliers de volailles asphyxiées.

Canicule en Vendée : des milliers de poulets morts étouffés, des éleveurs en détresse
Illustration Stéphanie Moreau / info.fr

Depuis dimanche 21 juin 2026, la Vendée est en vigilance rouge canicule. Les températures frôlant les 41°C ont provoqué la mort de milliers de poulets dans les élevages du département. À Beauvoir-sur-Mer, un éleveur a perdu la moitié de son cheptel en une journée.

L’essentiel

  • Vigilance rouge : la Vendée placée en alerte canicule niveau 4 depuis le 21 juin 2026 (préfecture).
  • 2 200 poulets morts : un éleveur de Beauvoir-sur-Mer a perdu 50 % de ses volailles par asphyxie thermique le 22 juin (source AFP).
  • 30 000 € de pertes : l’exploitation estime le préjudice financier direct pour cet épisode (source Orange Actu).
  • Mesures d’urgence : la DRAAF autorise l’enfouissement direct des cadavres pour éviter la saturation de l’équarrissage (source DRAAF Bretagne).

Des températures records et une vigilance rouge

Le préfet de la Vendée, Éric Freysselinard, a placé le département en vigilance rouge canicule (niveau 4) à partir du dimanche 21 juin 2026. Les températures ont atteint 40 à 41 °C dans plusieurs secteurs, notamment sur le littoral et dans les terres. Cette chaleur extrême, combinée à une forte humidité, a eu des conséquences directes sur les élevages de volailles, particulièrement vulnérables aux coups de chaleur.

Les bâtiments d’élevage, bien que ventilés, n’ont pas résisté à l’accumulation de chaleur. L’air ambiant a dépassé les 40 °C en intérieur, provoquant une asphyxie thermique rapide chez les animaux. « Les poulets n’ont pas de mécanisme de transpiration, ils évacuent la chaleur par la respiration. Au-delà de 35 °C, leur organisme s’emballe et ils meurent par arrêt cardiaque », explique un technicien agricole du secteur.

À Beauvoir-sur-Mer, 2 200 poulets perdus en un jour

À Beauvoir-sur-Mer, l’éleveur Stéphane Delapré, qui produit des volailles Label Rouge, a vu la moitié de son cheptel partir en fumée le lundi 22 juin. Sur les 4 400 poulets présents dans ses bâtiments, 2 200 sont morts étouffés par la chaleur. L’exploitation compte au total quatre bâtiments de ce type et deux autres abritant 35 000 cailles, mais ces dernières n’ont pas subi de pertes.

« C’est une catastrophe. On n’avait jamais vu ça. La température est montée si vite qu’on n’a pas eu le temps de réagir. Les poulets se sont entassés près des ventilateurs, mais cela n’a pas suffi », confie l’éleveur, joint par téléphone. Selon lui, la mortalité a été immédiate, dès le milieu de l’après-midi, quand le mercure a franchi la barre des 40 °C.

Ce phénomène n’est pas isolé. Dans le Loiret, un éleveur a aussi perdu une centaine de poulets sur un lot de 400 le même jour, selon La République du Centre. La canicule a frappé un grand quart nord-ouest, de la Bretagne au Centre-Val de Loire.

Une perte financière de 30 000 euros pour l’exploitation

Stéphane Delapré estime la perte directe liée à cet épisode à environ 30 000 euros (source Orange Actu). Ce montant correspond à la valeur des animaux morts, auxquels s’ajoutent les coûts d’équarrissage et le manque à gagner sur les ventes futures. « On ne pourra pas rattraper ce lot. Les poulets étaient destinés à des clients locaux, des bouchers et des restaurants. Il va falloir tout annuler », explique-t-il.

L’exploitation n’est pas assurée pour ce type de risque climatique. « La mortalité exceptionnelle due à la chaleur n’est pas couverte par notre contrat. On va devoir se débrouiller seuls », ajoute l’éleveur. Cette situation rappelle la vulnérabilité des élevages face aux épisodes de chaleur extrême, qui se multiplient avec le changement climatique.

La canicule a également eu des répercussions sur la qualité de l’air. Un pic de pollution à l’ozone a été enregistré le 22 juin à La Roche-sur-Yon, selon Air Pays de la Loire. L’indice de qualité de l’air est passé en rouge, aggravant les conditions pour les personnes fragiles.

Contexte dans la Vendée

La Vendée est un département agricole majeur, notamment pour l’élevage de volailles. Selon la chambre d’agriculture, le département comptait en 2025 environ 1 200 élevages de poulets de chair, représentant près de 15 % de la production régionale des Pays de la Loire. L’épisode caniculaire de juin 2026 est inédit par son intensité et sa précocité. La précédente alerte rouge datait de juillet 2022, mais sans pertes aussi massives dans les élevages avicoles.

Le préfet a appelé les agriculteurs à la plus grande vigilance et rappelé les consignes : maintenir une ventilation maximale, humidifier les toits et réduire la densité animale si possible. Mais face à des températures dépassant les 40 °C, ces mesures restent limitées.

Dans le Doubs, des mesures similaires ont été prises pour protéger les ouvriers du BTP, avec des horaires de chantier élargis dès 5 heures du matin. Un dispositif comparable à celui mis en place en Vendée pour les travaux en extérieur.

La canicule a aussi perturbé les loisirs : la baignade et les activités nautiques ont été interdites au lac de Montaubry au Breuil, en raison des risques de noyade et de malaise liés à la chaleur.

Des mesures d’urgence pour l’équarrissage

Face à l’afflux de cadavres de volailles, la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) de Bretagne a pris des mesures exceptionnelles. Dans une note diffusée le 22 juin, elle autorise les éleveurs à enfouir directement les carcasses sur leur exploitation, sous réserve du respect de certaines conditions sanitaires. Cette mesure vise à éviter la saturation des circuits d’équarrissage, déjà engorgés par la mortalité massive dans le Grand Ouest (source Public Sénat).

« L’enfouissement doit être fait dans les 48 heures, en couche mince et recouvert de chaux vive pour éviter les risques sanitaires », précise la DRAAF. Une alternative est l’incinération sur place, mais elle est peu praticable en zone rurale. Les autorités rappellent que tout enfouissement doit être déclaré en mairie.

Stéphane Delapré a d’ores et déjà commencé à enterrer ses volailles mortes. « On n’a pas le choix. L’équarrissage est saturé, ils ne peuvent pas venir avant plusieurs jours. Il faut vider les bâtiments pour éviter les maladies », explique-t-il. Les pertes, estimées à plusieurs tonnes, devront être traitées rapidement.

Prochaine étape : les prévisions météo annoncent une baisse des températures à partir de jeudi 25 juin, avec des orages possibles. Les éleveurs espèrent un répit pour sauver les lots encore vivants. Mais les dégâts sont déjà considérables.

Stéphanie
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Sources

Stéphanie Moreau

Stéphanie Moreau

Stéphanie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Vendée (85), avec La Roche-sur-Yon pour chef-lieu. Spécialité du département : Puy du Fou (2,5M visiteurs/an) et Vendee Globe. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Pays de la Loire.

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