Canon français à Troyes : 4500 participants, sans incident, malgré la polémique de Caen
Le banquet de l'organisation ultraconservatrice s'est tenu du 24 au 26 avril à l'espace Argence, une semaine après les débordements racistes et homophobes signalés à Caen.
Malgré les incidents racistes et homophobes rapportés après le banquet du Canon français à Caen le 18 avril, l'édition troyenne s'est tenue sans débordement majeur du 24 au 26 avril 2026 à l'espace Argence. Près de 4500 personnes ont participé sur trois jours.
Malgré les incidents racistes et homophobes rapportés après le banquet du Canon français à Caen le 18 avril, l’édition troyenne s’est tenue sans débordement majeur du 24 au 26 avril 2026 à l’espace Argence. Près de 4500 personnes ont participé sur trois jours.
L’essentiel
- 4500 participants : sur trois jours à l’espace Argence de Troyes, du 24 au 26 avril 2026, selon L’Est-Éclair.
- Incidents à Caen : saluts nazis, insultes racistes et menaces de viol rapportés après le banquet du 18 avril 2026, une cinquantaine de témoignages recueillis selon Libération et L’Humanité.
- Signalement au parquet : l’eurodéputée LFI Emma Fourreau a saisi le procureur de Caen pour racisme, menaces et violences.
- Visite du maire : François Baroin s’est rendu à l’événement le 25 avril pour saluer les organisateurs, accompagné de son adjointe à la Culture Stéphanie Baroin.
- Rachat en 2024 : le mouvement a été acquis par le milliardaire ultraconservateur Pierre-Édouard Stérin, promoteur du projet Périclès visant à élire 300 maires conservateurs.
Trois jours à l’espace Argence, sans débordement signalé
Le banquet s’est ouvert le vendredi 24 avril à l’espace Argence, salle de spectacle et de congrès troyenne. Selon L’Est-Éclair, près de 4500 personnes ont participé sur l’ensemble de la manifestation - au-delà des 4000 inscriptions annoncées avant l’événement. L’édition 2025 à Troyes avait déjà attiré plusieurs centaines de participants, selon la Ville de Troyes.
Aucun incident majeur n’a été signalé à Troyes durant les trois jours, selon France 3 Grand Est. Le samedi 25 avril, le maire LR de Troyes François Baroin s’est rendu sur place pour saluer les organisateurs, accompagné de son adjointe chargée de la Culture Stéphanie Baroin, selon L’Est-Éclair.
Ce qui s’est passé à Caen une semaine plus tôt
Le banquet normand du 18 avril 2026 avait réuni environ 4100 participants selon le Canon français lui-même. Mais c’est l’après qui a concentré les critiques. Selon Libération et L’Humanité, une cinquantaine de témoignages ont été recueillis faisant état de saluts nazis, d’insultes racistes, de menaces de viol et d’agressions homophobes aux abords de la salle.
L’eurodéputée LFI Emma Fourreau a adressé un signalement au procureur de Caen pour racisme, menaces et violences, selon France 3 Normandie. Ces faits ont alimenté la controverse autour de l’édition troyenne, annoncée quelques jours plus tard.
Opposition locale et polémique avant l’ouverture
Des élus de gauche troyens ont dénoncé la tenue de l’événement dans leur ville, selon France 3 Grand Est. Sur X, la journaliste Sarah Fraincart a visé directement le maire :
La mairie de Troyes n’a pas communiqué publiquement sur les incidents de Caen avant l’événement. La visite de François Baroin le samedi constitue le seul signal officiel de la municipalité. Ailleurs en France, des préfectures ont récemment restreint certains rassemblements festifs non déclarés, mais aucune mesure similaire n’a été prise à Troyes pour cet événement.
Un mouvement racheté par Pierre-Édouard Stérin
Le Canon français a été fondé en 2020. Il se présente comme une société d’événementiel organisant des banquets géants valorisant le terroir français, avec une moyenne de 1500 participants par événement depuis 2021, selon Le Monde et Le Point.
En 2024, l’organisation a été rachetée par Pierre-Édouard Stérin, milliardaire ultraconservateur également connu pour être l’un des promoteurs du projet Périclès - un programme visant à positionner 300 maires conservateurs lors des prochaines municipales, selon Libération. Ce rachat a contribué à faire du Canon français un objet politique, au-delà de sa dimension festive revendiquée. Les tensions autour de la représentation identitaire dans l’espace public français s’invitent régulièrement dans ce type de débat.
Contexte dans l’Aube
Troyes, préfecture de l’Aube (environ 61 000 habitants), accueille régulièrement des événements de grande envergure à l’espace Argence. La ville est dirigée par François Baroin depuis 2004 - l’un des maires LR les plus anciens et les plus connus de France. Sa présence au banquet du Canon français le 25 avril a été notée par plusieurs médias régionaux et nationaux comme un signal de légitimation de l’événement, dans un contexte de polémique nationale. L’Aube ne compte pas, à ce stade, d’antécédent public similaire autour d’un événement lié à cette mouvance ultraconservatrice.
À Caen, selon Ouest-France, des pétitions antifascistes restent actives après les incidents du 18 avril. Aucune procédure judiciaire n’avait abouti au moment de la tenue du banquet troyen.
Aucun incident à Troyes, mais un dossier judiciaire ouvert à Caen
L’édition auboise s’est donc clôturée le dimanche 26 avril sans faits signalés. Le dossier pénal reste ouvert à Caen, où le procureur a été saisi par Emma Fourreau. D’autres affaires de violences ont mobilisé la justice ces dernières semaines dans plusieurs départements français. L’issue de la procédure caennaise pourrait avoir des conséquences sur les prochaines éditions du Canon français en France.
Sources
- L'Est-Éclair : Canon français : Troyes, trois jours de fête réussis à l'Espace Argence
- Libération : Canon français : malgré des incidents racistes et homophobes à Caen, une nouvelle édition du banquet maintenue à Troyes
- France 3 Grand Est : Après Caen, le banquet du Canon français arrive à Troyes : 4 000 participants attendus et une polémique qui ne retombe pas
- L'Humanité : Saluts nazis, menaces de viols… À Caen, une extrême droite déchaînée lors du Canon français